Bafoussam : des chauffeurs anglophones de bois battus par la Gendarmerie au checkpoint forestier
© Camer.be : Toto Jacques | 22 févr. 2026 18:40:39 | 3114Coups de matraque à un poste forestier : la fracture anglophone s'invite sur les routes du bois
Des chauffeurs anglophones transportant du bois depuis la Région du Nord-Ouest vers la Région de l'Ouest sont victimes d'un schéma répété : harcèlement, intimidation, violences physiques aux mains de gendarmes camerounais à l'entrée de Bafoussam. Le dernier incident date de samedi dernier.
Ce qui s'est passé
Un camion chargé de planches est intercepté sur une colline à l'entrée de la Région de l'Ouest. La patrouille ordonne au conducteur de se diriger vers un poste de contrôle forestier pour inspection. Jusque-là, procédure standard.
Mais à l'arrivée, la situation dégénère. Les gendarmes extraient de force le chauffeur et son assistant du véhicule, exigent leur transfert à la brigade. Quand les deux hommes demandent la nature de leur infraction, les coups partent.
Une témoin réduite au silence
Une agent forestier présente sur les lieux tente de filmer la scène avec son téléphone. Les officiers lui confisquent brièvement l'appareil avant de le restituer. Ce geste révèle une volonté délibérée d'effacer toute trace de l'incident.
Pourquoi cette route, pourquoi ces hommes ?
Les représentants des chauffeurs dénoncent un ciblage systématique des transporteurs anglophones sur cet axe commercial stratégique. La route Nord-Ouest Ouest est l'une des principales artères du commerce du bois au Cameroun. Contrôler les checkpoints, c'est contrôler les flux économiques et potentiellement les rentes.
Dans un contexte de crise anglophone qui secoue le pays depuis 2016, toute violence perçue comme ethniquement ciblée prend une résonance politique immédiate. Les chauffeurs ne transportent pas seulement du bois. Ils transportent aussi une frustration accumulée.
Enjeux à court et long terme
À court terme, l'absence de réponse des autorités alimente la défiance. Les chauffeurs ont publiquement appelé des officiers supérieurs à intervenir. Sans réaction, ce silence institutionnel sera interprété comme une validation implicite.
À long terme, si ce schéma de harcèlement gendarmerie se confirme sur cet axe, c'est toute la chaîne logistique du bois dans la région qui est fragilisée. Les investisseurs, les transporteurs, les acheteurs prendront note.
La question qui reste sans réponse
Des hommes ont été battus sur un poste forestier officiel, devant témoin. L'État camerounais va-t-il enquêter ou laisser la route du bois devenir une nouvelle ligne de fracture entre les deux Cameroun ?
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