Cameroun : Aucune université dans le top 2250 mondial
© Camer.be : Toto Jacques | 09 juil. 2026 01:07:52 | 3516Dans le classement 2026-2027 des « Best Global Universities » publié par U.S. News & World Report, aucune des onze universités d'État du Cameroun n'a réussi à intégrer le top 2250 mondial, tandis que l'Afrique du Sud, l'Égypte et le Nigeria brillent sur la scène académique internationale.
C'est un verdict sans appel. Un constat qui donne le vertige. Le Cameroun, pays aux ressources abondantes, à la jeunesse dynamique et aux ambitions affichées, est tout simplement absent du tableau d'honneur des meilleures universités du monde.
Pendant que l'Université du Cap (Afrique du Sud) se classe 122ᵉ mondiale, que l'Université du Caire (Égypte) occupe la 221ᵉ place, que l'Université d'Ibadan (Nigeria) est 264ᵉ, le Cameroun regarde passer le train de l'excellence académique.
Aucune des onze universités d'État camerounaises n'a réussi à se hisser parmi les 2 250 meilleures institutions de la planète. Pas l'Université de Yaoundé I, pourtant fleuron national. Pas l'Université de Dschang. Pas l'Université de Buea.
Et ce n'est pas un accident. C'est le symptôme d'un mal profond : des laboratoires sous-équipés, une recherche scientifique quasi invisible sur la scène internationale, une absence criante de visibilité numérique.
Le Cameroun est en train de cocher méthodiquement toutes les cases de la médiocrité académique. Et il est temps de se poser la question qui fâche : qui est responsable de ce naufrage silencieux ?
Le classement qui dit la vérité
Le 7 juillet 2026, U.S. News & World Report a dévoilé son classement annuel des « Best Global Universities » pour l'édition 2026-2027. Établi en partenariat avec Clarivate, ce palmarès couvre plus de 2 250 universités réparties dans plus de 100 pays.
Ce classement se distingue des autres palmarès par sa rigueur scientifique. Il ne s'intéresse pas à la notoriété institutionnelle ou à l'expérience étudiante. Il mesure la performance scientifique pure.
Les critères : Une exigence que le Cameroun ne remplit pas
Pour être classée, une université doit briller dans plusieurs domaines :
- La réputation académique mondiale et régionale
- Le volume des publications dans des revues indexées
- L'impact des travaux, mesuré par le taux de citations
- Les collaborations internationales
- La capacité à produire des travaux hautement influents
Le Cameroun a échoué sur tous ces tableaux. Aucune de ses universités n'a pu fournir les données suffisantes pour être évaluée.
Un continent qui avance, un pays qui stagne
Sur le continent africain, la hiérarchie est claire :
| Rang | Université | Université | Classement mondial |
| 1 | University of Cape Town | Afrique du Sud | 122ᵉ |
| 2 | Cairo University | Égypte | 221ᵉ |
| 3 | University of the Witwatersrand | Afrique du Sud | 240ᵉ |
| 4 | University of Ibadan | Nigeria | 264ᵉ |
| 5 | Mansoura University | Égypte | 267ᵉ |
| 6 | Al-Azhar University | Égypte | 279ᵉ |
L'Afrique du Sud, l'Égypte et le Nigeria confirment leur statut de puissances académiques. Le Cameroun, lui, est absent. Une absence qui n'est pas seulement symbolique. Elle révèle un écart béant entre les universités camerounaises et les standards internationaux.
Les causes : Un système universitaire en crise
Plusieurs facteurs expliquent cette situation dramatique :
1. Des laboratoires mal équipés
La recherche scientifique camerounaise souffre d'un manque chronique de moyens. Les laboratoires manquent d'équipements adéquats et de ressources pour mener des travaux de pointe.
2. Une faible vulgarisation de la recherche
Les travaux des chercheurs camerounais, parfois de qualité, restent méconnus faute de dispositifs de valorisation et d'indexation internationale.
3. Un manque de visibilité internationale
Les universités camerounaises peinent à attirer des chercheurs internationaux et à tisser des partenariats durables avec les grandes institutions mondiales.
4. Une gouvernance universitaire défaillante
La gestion des universités, l'encadrement doctoral et l'environnement de recherche dans son ensemble affectent la capacité du pays à rivaliser.
5. Un financement de la recherche insuffisant
Les budgets alloués à la recherche sont faméliques, ce qui limite le volume des publications indexées.
La responsabilité des dirigeants
Face à ce constat, une question s'impose : qui est responsable ?
Les dirigeants successifs, qu'ils soient politiques ou académiques, n'ont pas su faire de la recherche scientifique une priorité nationale. Les stratégies de développement ont privilégié les infrastructures physiques au détriment du capital intellectuel.
Le résultat est là, implacable : un pays riche en ressources naturelles, pauvre en ressources académiques. Un pays qui forme des dizaines de milliers d'étudiants chaque année, mais qui les prépare mal à la compétition internationale.
Une lueur d'espoir ?
Le 7 juillet 2026, jour même de la publication du classement, Yaoundé accueillait un atelier stratégique de l'Association des Universités Africaines (AUA), dédié aux établissements francophones.
L'objectif : apprendre à naviguer dans les systèmes de classement mondiaux pour enfin porter la recherche camerounaise au rang qu'elle mérite.
Mais un atelier ne suffira pas. Il faut une véritable révolution académique. Des investissements massifs dans la recherche. Une politique volontariste de visibilité internationale. Une refonte de la gouvernance universitaire.
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