Au tribunal : Accusée pour usurpation de titre
© Mutations : Fabiola Masseng et Davina Aboutou | 20 juin 2019 00:00:00 | 2911Colette Essama est poursuivie en justice par la concubine de son époux, laquelle estime qu’elle a tous les droits et pas elle.
La scène se déroule au Tribunal de grande instance de Yaoundé-Centre administratif. L’une des audiences inscrite au rôle le 12 juin dernier, est un problème d’usurpation de titre opposant Larissa Ewoun (la plaignante) à Colette Essama épouse Wandja (l’accusée). En effet, Larissa Ewoun accuse Colette Essama de s’être appropriée un titre qui n’est pas le sien, celui d’épouse Wandja, qui devrait lui revenir. « Monsieur le juge, je suis Madame Wandja. Je vis avec lui depuis 2010, et nous avons des enfants. Mais, tout ce qui a un lien légal est attribué à Colette Essama avec qui, il ne vit plus et cette situation ne m’arrange pas », explique-t-elle. En effet, Colette Essama est mariée depuis 1994 à Monsieur Wandja sous le régime monogamique, avec communauté des biens.
Après 25 ans de mariage, elle a eu dix enfants. Elle en a également élevé cinq que son mari a obtenu avec d’autres femmes, avant leur mariage. En 2010, son époux quitte le domicile familial après une légère dispute. Dès lors, elle n’a plus de ses nouvelles. C’est en 2015 que Colette Essama découvre le nouveau domicile où son mari vit avec une autre femme. Elle décide de ne pas faire de problèmes, jusqu’à ce qu’elle reçoive un appel lui demandant de se rendre à l’Hôpital général de Yaoundé. Motif : son mari a été victime d’un accident vasculaire cérébral (Avc). N’étant pas bien portante, elle s’y rend néanmoins de toute urgence, et trouve son mari dans un état critique. Colette reste à son chevet jusqu'à ce qu’il aille mieux et le couple rentre au domicile familial que son mari quitte à nouveau quelques temps après.
Six mois plus tard, Colette Essama reçoit une convocation d’une dame se présentant comme « épouse Wandja ». Lorsqu’elle la lit, elle ne juge pas nécessaire de s’y rendre car, se considérant comme l’unique épouse. Deux ans plus tard, elle reçoit une citation directe à comparaitre devant la cour, afin de défendre son titre légitime d’épouse Wandja, et de faire lever les différents chefs d’accusation portés à son encontre par Larissa Ewoun, la plaignante.
Après la reconstitution des faits et faute de preuves, le président de la cour décide de donner gain de cause à l’accusée Colette Essama, épouse Wandja. Et pour avoir essayé de s’approprier un titre qui n’est pas le sien, elle devra se présenter au tribunal le 10 juillet prochain, aux fins d’écouter la décision du juge.
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