Abong Mbang : Deux trafiquantes d’enfants arrêtées
© Le Jour : Charles Mahop | 20 janv. 2017 07:50:04 | 5116Elles ont été interceptées par la Mission de contrôle de la délégation départementale du ministère des Affaires sociales avec 13 enfants pygmées.
Deux trafiquantes d’enfants, Amélie Mbella et Marie Dadouonog sont tombées dans les mailles de la délégation départementale du ministère des Affaires sociales du Haut Nyong le 13 janvier 2017 dernier. Les trafiquantes avaient 13 enfants pygmées baka qu’elles convoyaient au village Makok dans l’arrondissement de Beben. En effet, c’est au cours d’une mission régalienne de contrôle de la délégation départementale du Minas du Haut Nyong qu’une voiture de marque Toyota Corolla est repérée avec un grand nombre d’enfants.
Approché pour en savoir plus, le chauffeur du véhicule tente de prendre fuite sous les ordres des deux dames. « Dans le cadre des missions de protection des populations vulnérables à l’instar des populations pygmées baka, nous avons aperçu un véhicule bonté de monde. On a pu se rendre compte de par la morphologie que ce sont des enfants pygmées. En se rapprochant de la voiture pour connaitre l’identité de ces personnes nous voyons deux dames qui apparaissent et intiment l’ordre au chauffeur de démarrer et de s’en aller pour se soustraire à l’investigation qu’on voulait mener », explique Atagouo Sebastien, le délégué départemental du ministère des Affaires sociales du Haut Nyong qui dirigeait la mission de contrôle. Face à cette attitude, une chasse au véhicule suspect est engagée.
Les forces de l’ordre sont mises à contribution et la voiture transportant les enfants est rattrapée au niveau de la barrière de police de Nkolvolan (localité située six kilomètres d’Abong Mbang) », ajoute le délégué. Il précise que : « ramené au commissariat de sécurité publique on a pu se rendre compte du nombre à savoir 13 enfants en âge scolaire. Au total il y avait 13 enfants, les deux dames et le chauffeur, soient 16 personnes dans la voiture ».
Le trafic des enfants baka est une activité très récurrente dans le département du Haut Nyong. Les trafiquants d’enfants se rendent très souvent dans les campements baka à la recherche d’une main d’oeuvre a vil prix et ceci en période de travaux champêtre intense. « Ils viennent nous chercher en fonction des tâches à faire. Ça peut être le défrichage, le labour, les récoltes etc… Tout compte fait nous allons travailler dans les champs » , déplore Jean Claude Ndogkwa, enfant baka âgé de 14 ans. Généralement les parents libèrent leurs progénitures contre des présents insignifiants que leurs offrent les trafiquants.
« Ils avaient donné quelques vêtements à mes parents, un litre de vin frelaté, deux paquets de cigarettes et 1000 FCFA », raconte Leocardie Zoktallé, une jeune fille Baka âgée de 12 ans. Une fois à destination, les enfants sont soumis à un traitement esclavagiste à la limite inhumain. Les heures de travail ne sont pas réglementées, le repos est tabou, et la rémunération est dérisoire.
« Une fois que nous arrivons à destination, on nous enferme dans une maison, où l’on ne sort que pour aller dans les plantations travailler. On se nourri des fruits ramassés en brousse, du manioc et des patates crus », témoigne Jean Claude Ndogkwa. Le jeune garçon poursuit : « Nous faisons généralement deux à trois mois de captivité et de travaux intenses. Au moment de partir chacun perçoit une somme de 500 FCfa ».
Interrogé sur leur engament à répétition, les enfants se référent aux exigences de la culture baka. « Ce sont nos parents qui nous demandent de partir. Et chez nous les baka un enfant ne conteste pas une décision prise par ses parents, il se soumet, donc les trafiquants arrangent tous avec nos parents », regrette Joseph Zagalo Itsali, un jeune Baka. Les parents baka approchés n’ont pas voulu s’expliquer sur les mobiles de leurs agissements. Les deux trafiquantes interpellées séjournent en ce moment dans une des cellules du commissariat de sécurité publique d’Abong Mbang. Une enquête a été ouverte.
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