Présidentielle 2025 : Issa Tchiroma interdit de quitter le Cameroun avant son départ pour Dakar
© Camer.be : Paul Moutila | 31 juil. 2025 14:00:55 | 5318Candidat déclaré à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, Issa Tchiroma Bakary a été empêché de quitter le territoire national ce matin à l’aéroport international de Nsimalen. Le président du Front pour le salut national du Cameroun (FSCN) s’apprêtait à embarquer pour Dakar, capitale sénégalaise, dans le cadre d’un voyage privé au cours duquel il entendait se recueillir sur les tombes de la famille Ahidjo, décédée en exil. Ce déplacement revêtait pour lui une portée symbolique, en pleine montée des tensions politiques à quelques mois du scrutin.
Selon des sources proches de l’opposant, aucune notification écrite ne lui a été présentée. Seule une injonction verbale lui aurait été adressée par des agents en service à l’aéroport, lui signifiant qu’il était désormais soumis à une interdiction de sortie du territoire camerounais. Cet incident, qui survient à une période charnière du calendrier électoral, soulève de nombreuses interrogations sur la neutralité des institutions à l’approche de l’échéance présidentielle.
L’empêchement de ce déplacement intervient alors qu’Issa Tchiroma multiplie les prises de position critiques à l’égard de la gouvernance actuelle. Pour certains analystes, cette mesure restrictive pourrait être interprétée comme une tentative d’intimidation ciblée à l’encontre d’un candidat dont la voix compte dans le paysage politique. D'autres y voient une instrumentalisation du dispositif sécuritaire à des fins politiques.
L’affaire pourrait connaître des rebondissements juridiques si les avocats du président du FSCN décidaient de porter plainte ou de saisir les juridictions compétentes pour contester cette interdiction. Quoi qu’il en soit, l’épisode vient s’ajouter à une série d’événements qui tendent à fragiliser davantage la crédibilité du processus électoral au Cameroun. Le droit à la mobilité internationale pour un candidat à une élection présidentielle est un principe fondamental dans toute démocratie respectueuse de l’état de droit.
À moins de trois mois du vote, ce nouveau développement pose à nouveau la question de l’égalité de traitement des candidats, du respect des libertés fondamentales, et de la transparence dans la gestion du processus électoral.
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