Liberté ou prison : le 17 juillet, jour de vérité pour Mang
© Camer.be : Paul Moutila | 11 juil. 2026 01:51:17 | 3858Le Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo rendra ce vendredi 17 juillet 2026 sa décision concernant la demande de mise en liberté provisoire de l'activiste politique Jacques Bertrand Mang, placé en détention à la prison centrale de New Bell depuis le 1er juillet.
Il est 7h30. Les grilles du tribunal de Bonanjo s'ouvrent. À l'intérieur, un homme attend. Derrière les barreaux, il y a Jacques Bertrand Mang. Devant les juges, son avocat plaide pour sa liberté.
Ce vendredi 17 juillet 2026, la justice camerounaise va trancher. L'activiste politique, entrepreneur et figure de la société civile, saura s'il retrouve la liberté ou s'il reste derrière les murs de la prison centrale de New Bell à Douala.
Derrière cette décision, une affaire qui divise. D'un côté, des charges pénales : violences sur fonctionnaire, entrave au fonctionnement d'un service public, diffamation sur les réseaux sociaux. De l'autre, une défense qui dénonce une « arrestation politique » visant à faire taire une figure critique du régime.
Entre les deux, un homme dont le parcours a croisé les plus hautes sphères du pouvoir, les scandales politico-judiciaires et les combats citoyens. Le 17 juillet, la balance de la justice penchera.
Une audience qui cristallise les tensions
Le 17 juillet 2026 restera une date charnière dans le parcours judiciaire de Jacques Bertrand Mang. Ce vendredi, le Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo examinera la demande de mise en liberté provisoire déposée par ses avocats, après son placement en détention à la prison centrale de New Bell.
L'audience intervient dans un contexte judiciaire dense pour l'activiste. Depuis plusieurs mois, Mang est au cœur de multiples procédures qui semblent s'accumuler : plainte pour tribalisme contre le commentateur Abel Elimbi Lobé, poursuite pour diffamation intentée par Cabral Libii, président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), et désormais cette détention provisoire.
Un faisceau d'affaires qui interroge sur la nature du traitement réservé à ce lanceur d'alerte.
Les charges : ce qui est reproché à Mang
Lors de l'audience du 10 juillet 2026, les avocats de Mang ont tenté d'obtenir sa mise en liberté. En vain. Le juge a mis sa décision en délibéré et rendra son ordonnance le 17 juillet.
Les charges retenues contre lui sont au nombre de trois:
- Violences sur fonctionnaire : les faits découlent d'une altercation avec un policier qui aurait détruit son téléphone alors que Mang filmait une réunion avec des jeunes.
- Entrave au fonctionnement d'un service public : une accusation qu'il juge tout aussi infondée.
- Diffamation sur les réseaux sociaux : une charge qui renvoie à son activité militante sur les plateformes numériques.
Selon le REDHAC (Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale), l'activiste aurait été victime de tortures et de traitements inhumains dans les locaux de la Police Judiciaire de Douala.
Une défense de choc menée par Me Alice Nkom
La défense de Jacques Bertrand Mang est représentée par une équipe d'avocats de premier plan:
- Me Alice Nkom, doyenne respectée du barreau camerounais et figure majeure de la défense des droits humains
- Me Michael Khumbah Asong, ancien candidat à l'élection présidentielle de 2025
- Me Augustin Nguefack et d'autres conseils
Une équipe qui, depuis l'arrestation de leur client, ne laisse rien au hasard.
Leur argumentaire repose sur deux piliers :
1. L'arrestation est politique : la défense dénonce une arrestation visant à faire taire une figure critique du régime.
2. Les droits de Mang ont été violés : selon le REDHAC, il aurait été victime de tortures et de traitements inhumains.
Un parcours marqué par la contestation et les représailles
Jacques Bertrand Mang, né le 30 janvier 1987 à Edéa, n'en est pas à son premier affrontement avec les autorités. Ancien cadre du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) et secrétaire national à la communication du parti UPP, il s'est imposé comme une voix critique du régime en place.
Son engagement lui a valu, selon ses propres déclarations, des années de « souffrance », de « pénible galère psychologique et physique ». Il affirme avoir été « menacé » et « pourchassé » dans son propre pays.
En avril 2026, son avocat Me Christian Ntimbane Bomo avait déjà dénoncé un « internement forcé » dans un hôpital psychiatrique de Douala.
Une mobilisation des défenseurs des droits humains
L'affaire Mang ne laisse pas indifférents les organisations de défense des droits de l'homme. L'Union démocratique du Cameroun (UDC) et le REDHAC ont dénoncé une arrestation arbitraire et exigé sa libération immédiate.
L'audience du 10 juillet a attiré son lot habituel de curieux, de proches et de sympathisants, venus nombreux remplir la salle du Tribunal de Première Instance de Bonanjo.
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