LE SILENCE DES SIGNES : PAUL BIYA UNE VIE POLITIQUE EN HERITAGE
© Camer.be : Calvin DJOUARI | 16 oct. 2024 14:34:06 | 5110Avec les jours qui passent sans nouvelles, nous mesurons la gravité de la situation sans pour autant éroder notre espérance. Nous espérons le retour de notre président. S’il revient, nous l’accueillerons ; s’il ne revient pas, nous le remettrons à Dieu, car c’est Dieu lui-même qui l’a choisi parmi des millions de Camerounais. Nous sommes parvenus à une ère de silence, un temps où l’on ne se parle plus que par des signes. Entre l’espérance et l’effritement d’une autre illusion de vie, nous devons le célébrer pour le grand président qu’il a été, car il fut choisi par son prédécesseur. À lui seul, il ne pouvait diriger ce pays ; il avait besoin de l’appui de ceux en qui il avait confiance.
Malheureusement, nous, Camerounais, n’avons pas une haute conscience du devoir, et face à l’argent, nous faiblissons. Paul Biya a été le pilier d’un Cameroun solide. Gouverner le Cameroun requiert une main ferme, et celui qui viendra après lui devra en faire autant, sous peine d’échouer. La déliquescence actuelle de ce pays en est la preuve manifeste, depuis qu’il a été affaibli. Il n’existe pas de tableau synoptique qui puisse retracer l’intégralité de ses actions. Popol a tout vu, tout vécu. Dans sa jeunesse, il était un homme à l’apparence angélique, qui nourrissait de grandes ambitions, mais qui restait discret dans sa vie personnelle.
Maintenant, alors que je crois qu’il trouve enfin une certaine paix entouré des proches, nous lui offrons notre dernier réconfort. Il a mené une vie pleine et marquée par un progressisme mystique. Il avait atteint un développement mental profond. Tout simplement. Aujourd’hui, nous ne sommes plus en quête des vices. Nous sommes face à la réalité brute et fugace de ces instants pathétiques. En politique, beaucoup d’hommes aiment user de verbes incantatoires. Ce n’était pas son cas. Il n’a jamais vécu dans la contradiction. Sa vie était en harmonie avec ses principes de simplicité et d’humilité. Vivre à ses côtés, c’était donner un fragment de soi-même.
Tout Camerounais doit espérer et voir dans ses œuvres une source d’inspiration. Si nous scrutons notre conscience, nous savons que nous ne sommes pas meilleurs que lui et que nous ne le serons jamais. L’unité doit être notre force, et chacun doit y contribuer. Je rejette le postulat selon lequel il aurait été un mauvais président. Qu’on me pardonne, mais j’ai vu beaucoup de choses positives dans sa manière de pratiquer la science politique. Pour diriger le Cameroun, il faut maîtriser cette science afin d’éviter les folies des mégalomanes comme nous le voyons dans d’autres domaines de la vie publique camerounaise ; il a accompli de grandes réalisations.
Son parcours est unique, qui fait de lui désormais un modèle pour beaucoup. Au cours de son règne, il a été un homme politique cultivé, posé, qui honorait le Cameroun par son attitude. Ce soir, je veux dédier une pensée spéciale au Cameroun et lui exprimer, ainsi qu’à Paul Biya, ma proximité constante, celle de tous mes collaborateurs qui lui transmettent nos prières. Cet homme connaissait les réalités de la vie, celles du Cameroun et du monde. Bien évidemment, nous souhaitons un jour un président digne de poursuivre ses œuvres, un président qui sera considéré comme une matrice féconde de créativité, capable de revitaliser l’essence même du Cameroun.
L’exemple de Paul Biya, tout comme celui d’Ahmadou Ahidjo, est celui d’une présidence honorable. Ce sont deux hommes visionnaires qui ont su créer un univers politique, un art de gouverner qui a exprimé l’identité camerounaise. Ils ont atteint le sommet de leur vocation. Une minute de prière ne sera pas vaine, mais il s’agit aussi d’encourager la nouvelle génération à raviver la flamme de la réflexion politique dans notre vie. Un devoir de mémoire, un droit de continuer, une nécessité d’avancer, et l’exigence de survivre et l’espoir d’un retour.
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