Bello Bouba Maïgari : le silence calculé d'un opposant historique face à son destin
© Camer.be : Avec JA | 03 févr. 2026 21:11:30 | 4330Trente-quatre ans après sa percée électorale, le leader de l’UNDP, Bello Bouba Maïgari, semble naviguer à vue. Un silence postélectoral lourd, suivi d’une présence remarquée au palais présidentiel, relance les spéculations sur un possible retour au gouvernement et plonge son parti dans un profond malaise militant.
Un parcours entre opposition et collaboration
Figure historique, Bello Bouba Maïgari incarne les ambiguïtés de la vie politique camerounaise. Après un score significatif de 14% en 1992, sa trajectoire a épousé les méandres des alliances avec le pouvoir. Son entrée au gouvernement dans les années 90, partageant la même voie qu’Issa Tchiroma Bakary à l’époque, illustre une stratégie de récupération du régime. En 2025, sa tentative de retour en opposant présidentiel s’est soldée par un score modeste de 2,45%, accentuant le sentiment d’un déclin et d’un isolement politique grandissant.
Le mutisme stratégique et les rumeurs de rabibochement
Le scrutin passé, le silence du leader de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP) a été assourdissant. Alors que la crise postélectorale faisait rage, son absence de réaction face aux violences a été perçue comme une complaisance. Ce mutisme a atteint son paroxysme en janvier dernier, lorsqu’il a été aperçu au palais présidentiel pour la cérémonie des vœux. Cette apparition, interprétée comme un signal fort, a ravivé les hypothèses d’un nouveau rapprochement avec le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) de Paul Biya, au grand dam d’une base militante désorientée.
L’avenir incertain d’un parti et d’une stratégie
La stratégie de coulisses privilégiée par Maïgari montre ses limites. Malgré un ancrage résiduel dans l’Adamaoua, l’UNDP peine à incarner une alternative crédible. Le refus du RDPC de lui céder la présidence de la région après les élections locales de décembre 2025 démontre la faiblesse de sa position de négociation. Certains jeunes du parti, comme Paul Mbafor, expriment ouvertement leur désillusion, saluant même la « victoire » du rival Issa Tchiroma Bakary. L’UNDP semble pris au piège de l’histoire de son leader.
Dans un paysage politique en recomposition, l’UNDP peut-il se réinventer sans une clarification brutale de la position de son leader historique ?
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