Akere Muna critique Kamto : « Il perd son temps avec ELECAM », malaise dans l’opposition
© Camer.be : Toto Jacques | 28 mai 2025 10:05:21 | 5437Dans une sortie pour le moins inattendue, Me Akere Muna n’a pas mâché ses mots à l’égard de Maurice Kamto, président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). Selon lui, Kamto “perd son temps avec ELECAM”, sous-entendant que toute tentative de changement électoral via cette instance serait vaine.
Ce tacle frontal met en lumière une divergence stratégique majeure au sein de l’opposition camerounaise. En contestant l’utilité d’un processus électoral encadré par ELECAM, Me Akere Muna remet en cause l’approche pacifique et légaliste défendue par le MRC depuis plusieurs années. Il va plus loin en déclarant ne pas croire aux “histoires de victoire volée”, une référence directe au discours post-électoral de Kamto après la présidentielle de 2018.
Ces propos créent un malaise politique profond. Car s’ils semblent refléter un certain réalisme politique, ils risquent aussi d’être interprétés comme un désaveu des efforts fournis jusqu’ici par l’opposition unie autour de l’idée d’un changement par les urnes.
La question que beaucoup se posent désormais : s’agit-il d’une rupture définitive entre deux figures clés de l'opposition ou d’un simple désaccord passager sur la stratégie ? Me Muna a toujours prôné un changement institutionnel basé sur la réforme profonde du système. De son côté, Kamto reste attaché à l’idée d’une alternance possible à travers les voies démocratiques et constitutionnelles, malgré les nombreuses critiques contre ELECAM.
Ce débat relance le vieux dilemme de l’opposition camerounaise : participer au jeu électoral en l’état ou s’en retirer pour dénoncer sa partialité ? L’enjeu dépasse les deux hommes et pose une question essentielle pour l’avenir du pays : quelle stratégie adopter pour un changement crédible au Cameroun ?
En attendant d’éventuelles clarifications, cette sortie d’Akere Muna risque de laisser des traces. Les partisans du MRC dénoncent déjà un manque de solidarité, tandis que certains observateurs y voient une tentative de repositionnement personnel à l’approche de futures échéances électorales.
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