CEMAC adopte un contrôle trimestriel pour forcer l’application de ses réformes économiques
© Camer.be : Paul Moutila | 22 janv. 2026 20:34:50 | 4601Face à des réformes économiques souvent annoncées mais trop peu appliquées, la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) passe à la vitesse supérieure. Réunis en session extraordinaire à Brazzaville le 22 janvier 2026, les chefs d'État de la sous-région ont acté la création d'un mécanisme de contrôle trimestriel pour le Programme de Réformes Économiques et Financières (PREF-CEMAC).
Cette décision, portée par le président congolais Denis Sassou-Nguesso, vise à rompre avec une culture de l’inertie et à restaurer la crédibilité de la zone face à ses partenaires internationaux. L'objectif est clair : transformer les engagements pris sur papier en actions concrètes et mesurables sur le terrain.
Un « gendarme » pour pallier l'inertie
Le Secrétariat technique du PREF-CEMAC se voit ainsi doté d'un mandat renforcé et d'une mission précise : évaluer, tous les trois mois, les progrès réalisés par chaque État membre. Ce « gendarme » trimestriel n'aura pas seulement un rôle de surveillance. Il devra identifier les blocages, formuler des alertes précoces et soumettre des rapports directement aux instances dirigeantes de la CEMAC.
Ce durcissement du pilotage contractuel des réformes répond à un impératif de transparence et de redevabilité. Pendant trop longtemps, les délais ont été repoussés et les objectifs partiellement atteints, érodant la confiance des bailleurs de fonds et des investisseurs. Le nouveau système entend garantir que chaque franc engagé dans le processus de convergence se traduise par une avancée tangible.
Une stratégie inspirée des défis urbains
La logique de ce renforcement du contrôle n'est pas sans rappeler des initiatives récentes dans la région, comme la stratégie radicale adoptée par Douala pour sa gestion des déchets. Confrontée à une crise sanitaire majeure, la métropole camerounaise a investi massivement dans un système indépendant de surveillance de ses prestataires, avec pour principe fondamental que sans vérification stricte, l'exécution des contrats reste aléatoire.
La CEMAC applique une philosophie similaire à l'échelle macroéconomique. Il ne suffit plus d'adopter des textes ; il faut désormais en objectiver les résultats et en sanctionner les manquements. La régularité des évaluations est conçue pour maintenir une pression positive constante sur les administrations nationales et empêcher tout relâchement.
Un test pour la souveraineté et la solidarité régionale
La réussite de ce dispositif ambitieux repose sur deux piliers fragiles. Premièrement, la capacité et l'indépendance réelle du Secrétariat technique à produire des audits sans complaisance. Deuxièmement, la volonté politique des États membres d'accepter une supervision externe renforcée et de mettre en œuvre les correctifs demandés, même lorsqu'ils sont impopulaires.
En sanctuarisant un processus d'évaluation aussi rapproché, la CEMAC tente de tourner la page des promesses non tenues et de forger une nouvelle culture de la discipline collective. Mais ce « flicage » institutionnel par les pairs parviendra-t-il à surmonter les résistances bureaucratiques et les intérêts nationaux pour enfin donner un souffle nouveau à l'intégration régionale ?
Lire aussi
Douala-Bafoussam : l'accord de 139,2 milliards FCFA enfin signé à Bangkok
Douala-Yaoundé : enquête sur les blocages du fret aérien
AfCRA : l'Afrique crée son agence de notation, les créanciers haussent les épaules
La circulaire présidentielle relative au budget2027 en déphasage avec les faits économiques du pays
Biya veut réduire les importations : 848 milliards FCFA en 2025, en hausse
RÉSIDENCE HÔTELIÈRE MATROX À BAFOUSSAM: L’HÉRITAGE FAMILIAL DEVIENT UN JOYAU DE L’HOSPITALITÉ
Suspension ITIE : la société civile, point de blocage
Menchum Valley : des camions bloqués, le commerce paralysé
Or du Cameroun : 1 tonne à la CDEC, 15 tonnes aux Émirats
Yaoundé-Douala : le chantier qui doit sauver la route nationale n°3
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
Ex-Regifercam /Douala : L'Etat met en vente l'immeuble de 1ha à Bonadibong à 5,5 milliards FCFA
Lutte anti-braconnage: 700 kilogrammes d'écailles de pangolin saisis à l'Est du pays
Baongla libéré : le dossier s'effondre-t-il ?
Le Lions Clubs International et l'Hôpital de district de Deïdo mobilisés pour la santé visuelle
Vision 4 : Mvondo Ayolo et Dion Ngute sont intervenus
il y a un mois
Ces 6 pays qui donnent plus à l'Ukraine que l'Allemagne et la France réunis
Alamine Ousmane Mey, l'homme qui peut réveiller le Grand-Nord
Enugu Airlines débarque à Douala : la guerre des compagnies nigérianes s'intensifie
MRC : Willy Mengue et ses co-demandeurs désertent le tribunal pour la 2e fois
Procès Zogo : Bidjang attaque la méthodologie de l'enquête
il y a un an