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Cameroun - Olive Ngobo accuse Badjeck de détournement de fonds

Olive Ngobo accuse le colonel Didier Badjeck d’avoir détourné des centaines de millions de FCFA du magazine “Honneur et Fidélité”. La fonctionnaire interpelle CONSUPE, TCS, CONAC et la Chambre des comptes.

Le Dr Olive Ngobo Elok, experte en relations internationales et fonctionnaire à la présidence camerounaise, accuse publiquement le Dr Colonel Didier Badjeck, ancien chef de la Division de la communication du ministère de la Défense (DIVCOM/MINDEF), de détournement de fonds souverains alloués à la production du magazine “Honneur et Fidélité” des Forces Armées camerounaises. Dans une déclaration qui secoue déjà la Toile, elle évoque “des centaines de millions de francs CFA distraits” et interpelle directement le CONSUPE, le TCS, la CONAC et la Chambre des comptes de la Cour suprême.

Mais ce n’est pas la première fois que ces deux noms s’entrechoquent. En 2017, Olive Ngobo était déjà au cœur d’une affaire que l’on croyait enterrée : une tentative de viol présumée dans le bureau même du colonel, au ministère de la Défense. Aujourd’hui, la fonctionnaire brise un silence de huit ans et ajoute une couche explosive à un scandale qui menace de faire imploser l’appareil sécuritaire camerounais.

Huit ans de silence brisé

Le 7 août 2026, Olive Ngobo Elok a publié une déclaration publique qui a immédiatement enflammé les réseaux sociaux. Elle y affirme avoir été informée que le colonel Didier Badjeck aurait sollicité certains acteurs des médias pour organiser “une campagne de dénigrement, de sabotage et de diffusion de fausses informations” à son encontre.

Mais c’est la seconde partie de son message qui a provoqué un séisme médiatique. Elle accuse Badjeck, alors chef de la DIVCOM/MINDEF, d’avoir détourné “les centaines de millions de francs CFA” destinés au magazine “Honneur et Fidélité”, publication officielle des Forces de Défense camerounaises. Selon elle, ce “braquage à ciel ouvert des caisses de l’État” est né d’une “arrogance” alimentée par “un enrichissement personnel découlant du détournement massif présumé des fonds de souveraineté”.

Le magazine “Honneur et Fidélité” : vitrine de l’armée ou caisse noire ?

Créé comme vitrine des Forces Armées camerounaises, le magazine “Honneur et Fidélité” qui reprend la devise de l’armée est produit sous l’égide du ministère de la Défense. Il est diffusé sur les antennes de la CRTV et sert d’instrument de communication institutionnelle.

Les accusations d’Olive Ngobo suggèrent que cette vitrine médiatique aurait servi de vecteur à des détournements massifs. “Lorsque l’arrogance, née d’un enrichissement personnel, découle du détournement massif présumé des fonds de souveraineté alloués à la production du magazine Honneur et Fidélité des Forces Armées camerounaises, les instances de contrôle […] disposent de toutes les prérogatives pour agir”, écrit-elle.

Les institutions interpellées : quel pouvoir ?

Olive Ngobo a cité quatre institutions républicaines :

1. Le CONSUPE (Contrôle supérieur de l’État) L’institution supérieure de contrôle des finances publiques, chargée de prévenir les irrégularités et la mauvaise gestion.

2. Le TCS (Tribunal Criminel Spécial) Créé en 2011, il est compétent pour les délits de détournement de biens et deniers publics au-dessus de 50 millions de FCFA.

3. La CONAC (Commission Nationale Anti-Corruption) Selon son rapport 2025, elle a reçu 10.520 dénonciations en 2024 et permis la récupération de plus de 8 milliards de FCFA.

4. La Chambre des comptes de la Cour suprême Juridiction suprême en matière de contrôle et de jugement des comptes publics.

Le capitaine Effoudou, l’ex-officier en exil qui a tout déclenché

Pour comprendre l’imbrication de ces affaires, il faut remonter au 5 août 2026. Ce jour-là, sur le plateau de l’émission “Fauteuil Rouge” de Morgan Palmer, le capitaine Kenneth Romuald Effoudou Awussi a lancé une charge d’une violence inouïe contre le colonel Badjeck : “Monsieur le colonel Badjeck, n’oubliez pas qu’au cours de vos responsabilités, vous n’étiez qu’un prédateur sexuel” .

Ancien chef du bureau de renseignement de l’État-major particulier du président Paul Biya, radié des cadres de l’armée le 13 mars 2024 et recherché pour “désertion en temps de paix” depuis novembre 2024;

Olive Ngobo confirme et ajoute une nouvelle accusation

Deux jours après les déclarations d’Effoudou, Olive Ngobo a confirmé les faits sur sa page Facebook : “La justice de Dieu est parfois silencieuse, mais elle n’est jamais absente. Elle peut sembler lente aux yeux des hommes, mais elle est toujours certaine” .

Mais elle ne s’est pas arrêtée là. Dans une déclaration publique distincte, elle a ajouté une toute nouvelle dimension au dossier : l’accusation de détournement de fonds publics. “J’invite très respectueusement ces institutions républicaines à se saisir de ce dossier. Des investigations approfondies s’imposent sur les centaines de millions de francs CFA distraits sous le magistère du Dr Colonel Didier Badjeck”, écrit-elle.

Elle conclut par un appel à la Nation : “Peuple camerounais, prenez-en bonne note : le moment venu, nous réclamerons justice et la restitution de chaque franc appartenant à la nation, dans les poches de ce Monsieur.”

La défense de Badjeck : poursuites judiciaires en France et au Cameroun

Le colonel Badjeck, qui a été pendant des années le visage de la communication du ministère de la Défense, n’est pas resté silencieux. Selon des sources concordantes, il a annoncé des poursuites judiciaires au Cameroun et en France pour dénigrement.

Badjeck, qui est aujourd’hui Directeur général de Cameroon Consulting & Prospective, dénonce ce qu’il qualifie de “cabale”. Reste à savoir si ces poursuites cibleront également les accusations de détournement financier, qui engagent sa responsabilité pénale et patrimoniale.

Quels recours judiciaires pour Olive Ngobo ?

Sur le plan pénal, le Tribunal Criminel Spécial est compétent pour les détournements de deniers publics supérieurs à 50 millions de FCFA. Le CONSUPE peut diligenter des audits financiers. La CONAC peut recueillir des dénonciations et enquêter. Enfin, la Chambre des comptes peut juger les comptables et gestionnaires publics.

Olive Ngobo, en interpellant simultanément ces quatre institutions, maximise les chances qu’une enquête soit ouverte. Elle a par ailleurs appelé les journalistes à “faire preuve de rigueur, d’impartialité et de discernement”, tout en rappelant que “la responsabilité pénale est individuelle”.

Les enjeux : réputation, justice et stabilité

Cette affaire touche plusieurs nerfs sensibles du système camerounais :

- La réputation de l’armée : le magazine “Honneur et Fidélité” est la vitrine institutionnelle des Forces de Défense. Des accusations de détournement sur ce support seraient un camouflet pour toute la hiérarchie militaire.

- La crédibilité des institutions de contrôle : Olive Ngobo met directement en cause l’efficacité du CONSUPE, du TCS, de la CONAC et de la Chambre des comptes. Elle les somme d’agir, sous le regard du public.

- La question de l’impunité : l’affaire de 2017, si elle a été étouffée comme le suggère le capitaine Effoudou, pose la question de la protection des plaignantes au sein de l’administration camerounaise.

- La polarisation de l’opinion : les partisans de Badjeck dénoncent une machination, tandis que ceux d’Olive Ngobo voient en elle une lanceuse d’alerte courageuse.

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#Cameroun #Badjeck #OliveNgobo #HonneurEtFidélité #Scandale

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