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Afrique - Visa US à 20 000 $ : 30 pays africains sur la liste

Les États-Unis rendent permanent le programme de caution de visa : jusqu’à 20 000 $ pour les B1/B2. 30 pays africains concernés. Décryptage d’une mesure qui bouleverse la mobilité.

Le Département d’État américain a officialisé la transformation du programme pilote de caution de visa en mesure permanente. Jusqu’à 20 000 dollars à avancer pour un simple visa d’affaires ou de tourisme. L’Afrique, avec 30 pays sur la liste, est la grande perdante de cette nouvelle donne migratoire.

20 000 dollars. C’est le prix, désormais, pour espérer fouler le sol américain avec un visa B1/B2 lorsque l’on est ressortissant de l’un des 30 pays africains ciblés. Une caution remboursable… en théorie. En pratique, une somme dissuasive qui a déjà fait chuter de 83 % le nombre de visas délivrés aux pays concernés . 45 500 overstays en 2024, moins de 50 pendant les dix premiers mois du programme pilote . Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Mais derrière les statistiques, ce sont des vies, des familles, des ambitions qui se heurtent à un mur financier. Plongée dans les coulisses d’une décision qui redessine les frontières de la mobilité internationale.

Une annonce qui fait l’effet d’une bombe

Le 31 juillet 2026, le Département d’État américain a publié un avis au Federal Register qui a immédiatement fait le tour du monde . Le programme pilote de caution de visa, lancé en août 2025, devient permanent . Et il est durci : le montant maximum de la caution passe de 15 000 à 20 000 dollars .

La mesure concerne les visas B1 (affaires) et B2 (tourisme), les plus courants pour les voyageurs non-immigrants . Les officiers consulaires peuvent désormais exiger une caution de 10 000, 15 000 ou 20 000 dollars, en fonction du profil du demandeur .

30 pays africains dans le collimateur

Sur les 50 pays visés par le programme, 30 sont africains . La liste complète comprend :

L’Algérie, l’Angola, le Bénin, le Botswana, le Burundi, le Cabo Verde, la République centrafricaine, la Côte d’Ivoire, Djibouti, l’Éthiopie, le Gabon, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Lesotho, le Malawi, la Mauritanie, Maurice, le Mozambique, la Namibie, le Nigeria, São Tomé-et-Príncipe, le Sénégal, les Seychelles, la Tanzanie, le Togo, la Tunisie, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe.

Des pays francophones comme le Cameroun, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Bénin, le Gabon ou la République centrafricaine figurent parmi les concernés.

Une mesure « dissuasive » qui fonctionne… trop bien

L’administration Trump ne cache pas l’objectif : réduire les overstays ces visiteurs qui restent aux États-Unis après l’expiration de leur visa. Et les chiffres sont éloquents.

En 2024, 45 488 visiteurs originaires des 50 pays du programme avaient dépassé la durée autorisée de leur séjour . Pendant les dix premiers mois du programme pilote, ce nombre est tombé à moins de 50 .

Mais cette chute spectaculaire a un prix. Le nombre de visas B1/B2 délivrés aux ressortissants des pays concernés a chuté de 83 % entre août 2025 et juillet 2026 . Près de la moitié des 20 000 demandeurs concernés ont tout simplement renoncé à payer la caution . Le montant total des cautions perçues pendant la phase pilote a atteint 115 millions de dollars .

Le Département d’État lui-même assume cette conséquence : « Le département s’attend à ce que cette règle finale contribue à la réduction continue de la demande de demandes de visa B1/B2 de la part des ressortissants des pays concernés » .

Une caution remboursable, mais à quelles conditions ?

La caution est théoriquement remboursable. Elle est restituée si la demande de visa est refusée ou, si le visa est accordé, si le voyageur respecte les termes de son visa et quitte le territoire avant son expiration .

Mais en pratique, le système est dissuasif. Avancer 20 000 dollars soit plus de 12 millions de FCFA est hors de portée pour la grande majorité des citoyens africains. Et le moindre dépassement de séjour, même involontaire, entraîne la perte sèche de la somme.

Pourquoi l’Afrique est-elle si ciblée ?

Le Département d’État justifie la mesure par des « taux élevés de dépassement de séjour, un partage d’informations déficient, une vérification d’identité et des casiers judiciaires insuffisants, ainsi qu’un besoin d’amélioration dans le domaine du filtrage et de la sécurité des documents de voyage » .

La règle est liée à l’Executive Order 14159, intitulé « Protecting the American People Against Invasion », qui ordonne aux départements du Trésor, d’État et de la Sécurité intérieure de renforcer l’administration des cautions dans le cadre de la loi sur l’immigration .

Les critiques dénoncent une mesure discriminatoire. Les défenseurs des droits civiques estiment que le durcissement de l’immigration de l’administration Trump « viole la liberté d’expression et les droits fondamentaux, tout en créant un environnement dangereux pour les minorités ethniques et en encourageant le profilage racial » .

Un contraste saisissant avec les pays

Le contraste est frappant avec les pays du Programme d’exemption de visa (VWP), principalement occidentaux. Pour ces pays, le taux de dépassement de séjour n’est que de 0,44 %, contre 2,06 % pour les pays non-VWP . Les pays africains, presque tous exclus du VWP, paient donc le prix fort d’un système à deux vitesses.

Quelles conséquences pour les citoyens africains ?

Pour un étudiant souhaitant poursuivre des études aux États-Unis, un homme d’affaires devant rencontrer des partenaires américains, ou une famille voulant rendre visite à des proches, la perspective d’avancer 20 000 dollars est rédhibitoire.

Le programme a déjà entraîné une chute de 83 % des visas délivrés . Les opportunités d’éducation, de commerce et de mobilité se réduisent comme une peau de chagrin pour des millions d’Africains.

Une décision qui pourrait faire jurisprudence

En rendant ce programme permanent, les États-Unis envoient un signal fort : la mobilité vers le territoire américain devient un privilège réservé à ceux qui peuvent se permettre une caution exorbitante. Les pays africains, déjà confrontés à des restrictions de visa historiques, voient leurs citoyens enfermés dans une nouvelle forme de ségrégation migratoire.

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