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Cameroun - Liberté d’expression: deux journaux à la solde du régime Yaoundé ciblent le journaliste Alain Ndanga

Le journaliste Alain Ndanga est en danger. La chasse aux sorcières a commencé sur ce collègue qui a choisi de pratiquer dignement le métier de journaliste. Hier 29 janvier, deux publications de presse, aux titres ouvertement hostiles et à caractère intimidant, ont été portées à notre attention. Cette situation, d’une gravité certaine, appelle une condamnation ferme et sans ambiguïté.

Ces attaques font suite à un article publié le 28 janvier, dans lequel notre confrère analysait la situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun.

Ce travail journalistique intervenait dans un contexte particulièrement tragique, marqué par le massacre perpétré dans le département du Donga-Mantung, où au moins quatorze civils ont perdu la vie, en plus de nombreux blessés graves.

Nous condamnons cet acte qui déroge aux règles d’éthique et de déontologie. Nous dénonçons également le régime de Yaoundé qui continue de développer le narratif selon lequel la crise anglophone est maitrisée alors même que les violences continuent de frapper durement les populations civiles. Cette dissonance entre les faits observés sur le terrain et le narratif institutionnel soulève de légitimes préoccupations.

Nous condamnons également les atteintes répétées à la liberté de la presse et au droit à l’information, notamment les arrestations, intimidations et disparitions de journalistes dans le cadre de cette crise. Plusieurs professionnels des médias en ont déjà été victimes, certains ayant payé de leur vie ou ayant été contraints à l’exil pour avoir exercé leur métier en toute indépendance.

C’est le cas des journalistes Samuel Wazizi décédé, de Joël Constant Tchoegnia et Mimi Mefo, contraints de quitter le Cameroun, des écrivains, des artistes et bien autres réduits au silence pour leurs opinions sur cette crise.

Cette situation constitue une entrave grave à la liberté d’expression. Il est impératif que les journalistes cessent d’être pris pour cibles. La protection des professionnels des médias doit être garantie, conformément aux engagements nationaux et internationaux en matière de droits fondamentaux. La liberté de la presse ne saurait être négociable. Elle demeure l’un des piliers essentiels de toute société démocratique.

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