Cameroun - Le Maire de Douala 3ème Valentin Epoupa Bossambo attendu devant le juge ce jeudi 20 novembre
© Camer.be : Olivier Berhuse | 18 Nov 2025 08:14:17 | 3125Le maire de Douala 3ème, Valentin Epoupa Bossambo, est une nouvelle fois attendu devant le juge du tribunal de première instance de Ndokoti le jeudi 20 novembre 2025. Cette convocation s’inscrit dans un contentieux vieux de plus d’une décennie l’opposant à Jean Fotso, un ancien employé de la commune, et révèle une défiance inquiétante envers l’autorité judiciaire.
Une affaire qui s’enlise
L’origine du litige remonte à 2012. Deux arrêts de la cour d’appel du Littoral (les n°408/5 du 24 octobre 2012 et 170/5 du 4 mai 2012), désormais définitifs et revêtus de l’autorité de la chose jugée, ont pourtant reconnu les droits à la retraite de Jean Fotso. Malgré cette décision de justice claire, la mairie de Douala 3ème, sous l’autorité de Valentin Epoupa Bossambo, persiste dans son refus d’exécuter ces obligations.
L’audience du 16 octobre 2025 a une nouvelle fois tourné court. Après une brève séance de cinq minutes, le juge Pomte Kadia a dû constater l’absence, une fois de plus, du maire. Le magistrat insiste pour que M. Bossambo comparaisse en personne, estimant que sa présence est indispensable pour une conduite sereine et efficace des débats.
Un maire en rupture avec la loi
Le parcours pour amener l’édile devant la justice est semé d’embûches. Une citation directe lui a été notifiée par huissier dès le 18 septembre 2025, l’enjoignant à se présenter au tribunal. En vain. Les autorités administratives de la région du Littoral et le procureur près la cour d’appel sont également intervenus par plusieurs courriers, restés sans suite.
« L’avocat de Jean Fotso a reçu plusieurs promesses de la part du maire, assurant qu’une solution serait trouvée. Malheureusement, rien n’a été fait jusqu’à présent », déplore un proche de la famille. Pire, selon nos informations, le maire aurait tenté de rouvrir le débat sur une affaire déjà tranchée, adressant une correspondance au conseil de Jean Fotso comme pour remettre en question une décision définitive.
Un précédent alarmant pour l’État de droit
Cette affaire dépasse le simple différend entre un employeur et son ancien salarié. Elle pose une question fondamentale : que reste-t-il de l’autorité de l’État lorsque ses propres représentants, garants de l’ordre public, semblent se placer au-dessus des lois ?
Des observateurs du monde juridique s’en inquiètent. « Quand un élu refuse d’appliquer la loi, cela envoie un très mauvais signal. Cela donne l’impression que certaines personnes sont au-dessus de la justice et sape la confiance des citoyens dans les institutions », analyse un juriste sous couvert d’anonymat.
L’ultime recours
Tous les regards sont désormais braqués sur la date du 20 novembre. Si le maire fait une nouvelle fois défaut, le juge pourrait décerner un mandat d’amener ou d’autres mesures coercitives pour contraindre sa comparution. S’il se présente enfin, la justice pourrait ordonner l’exécution forcée des arrêts de 2012, accompagnée de sanctions pour obstruction à la justice.
Cette afferie, au-delà du sort d’un homme, est devenue un test pour la justice camerounaise.
Sa capacité à faire respecter ses décisions, même face aux plus hautes autorités locales, est aujourd’hui scrutée. À quelques mois d’éventuelles consultations électorales, elle interroge.
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