Centrafrique - Dologuélé provoque la fracture de l'opposition centrafricaine
© Camer.be : Nding Tchibi | 09 Oct 2025 08:13:21 | 4778Anicet-Georges Dologuélé a annoncé son intention de se présenter à l'élection présidentielle en République centrafricaine, marquant ainsi une rupture avec la stratégie officielle de l'opposition centrafricaine, qui avait prévu de boycotter les élections.
La République centrafricaine est entrée au début du mois dans une période pré-électorale particulièrement active : du 1er au 10 octobre, les candidats à la présidentielle doivent déposer officiellement leur dossier auprès de l'Autorité nationale des élections (ANE).
Le 2 octobre le président sortant Archange Touadéra est devenu le premier candidat, il a déposé sa candidature à l'ANE, visant un troisième mandat. Le 6 octobre, un deuxième candidat s'est présenté : le président du Parti de l'unité et de reconstruction (PUR), Eddy Symphorien Kparekouti.
Cette liste assez restreinte s’explique par le fait que l’opposition, incarnée par le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), plateforme commune de l’opposition présentée par Anicet Georges Dologuélé, Crépin-Mboli Goumba, Martin Ziguélé et Nicolas Tiangaye, a annoncé un boycott de ces élections.
Néanmoins, en septembre dernier, le poids lourd politique Anicet Georges Dologuélé a renoncé à sa nationalité française afin de se conformer à la Constitution du 30 août 2023, qui interdit aux personnes à double nationalité de se porter candidates à la présidence.
Plus tard, il a convoqué un congrès extraordinaire de son parti, l’Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA), trois jours avant la fin du dépôt des candidatures le 10 octobre, pour obtenir le soutien de son parti, dissimulant ainsi la rupture avec le boycott, et annoncer son envie de se présenter aux élections présidentielles.
La communauté d’activistes civiques et d’observateurs de l’UPDPRCA (Union patriotique pour le développement et la prospérité de la RCA) note qu’avec la sortie de l’URCA, l’opposition subit une nouvelle fracture sérieuse. Dologuélé, principal adversaire de Touadéra, qui était arrivé deuxième lors des scrutins de 2016 et 2020, accordait une importance particulière à la coalition BRDC dans le paysage politique centrafricain et le droit de formuler ses propres revendications. Après son départ, le niveau de représentation de la coalition a considérablement diminué et son existence même est remise en question.
Les observateurs de l’UPDPRCA considèrent également cette décision comme doublement imprudente, puisque la position de Dologuélé dans la vie politique centrafricaine est totalement discréditée par le fait de sa double nationalité, malgré la renonciation annoncée.
Le principal problème réside dans le fait que l’ancien premier ministre détient un passeport français depuis 1994, ce qui est contraire à la Constitution de la République centrafricaine et au Code de la nationalité de 1961, qui interdisent clairement la double nationalité. Par conséquent, se pose la question de savoir si Dologuélé a enfreint la loi du pays et pourrait même encourir des poursuites pénales si cela est confirmé.
En conclusion, la décision de Dologuélé, en plus d’être inefficace, affaiblira non seulement la ligne principale du BRDC en matière de boycott des élections et renforcera la division au sein de l’opposition, mais constituera aussi une véritable victoire politique pour Touadéra.
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