Rd Congo - Inondations meurtrières: La RDC , pas loin de paraître comme un condensé de plusieurs calamités
© Avec : Le Pays | 08 Apr 2025 06:38:20 | 3011Déjà engluée dans une guerre sans fin depuis que les rebelles du M23 ont repris les armes en novembre 2021 contre le pouvoir de Kinshasa, la République démocratique du Congo (RDC) a connu, le week-end dernier, des pluies diluviennes qui ont causé de nombreux dégâts matériels et humains.
Notamment à Kinshasa qui s’est réveillée les pieds dans l’eau, les 4 et 5 avril derniers, et où on déplorait une quarantaine de morts et des milliers de sinistrés, suite aux inondations qui ont frappé la capitale, causant, par endroits, des effondrements d’immeubles. Une catastrophe naturelle qui vient en rajouter aux souffrances de populations meurtries par la guerre et qui ne savent plus à quel… sauveur se vouer. Autant dire que le sort s’acharne sur le pays de Félix Tshisékédi.
On est d’autant plus porté à le croire que ce n’est pas la première fois que le pays est frappé par des inondations. Mais de mémoire de certains Kinois, ils n’ont jamais vu un tel déluge qui a fait sortir la rivière Ndjili de son lit.
La RDC n’est pas loin de paraître comme un condensé de plusieurs calamités
Toujours est-il qu’au lendemain de ces fortes pluies, entre routes coupées, véhicules emportés et maisons envahies par les eaux, la capitale congolaise présentait un spectacle de désolation qui en dit long sur le calvaire vécu par les populations. Lesquelles populations vivent toujours dans la hantise, en raison des prévisions météorologiques qui annoncent de nouvelles précipitations. Pendant ce temps, c’est le branle-bas de combat du côté des autorités pour organiser les secours d’urgence. Car, entre laxisme et incurie de l’Etat d’une part, et incivisme des populations d’autre part, les responsabilités sont largement partagées dans les inondations qui frappent de façon cyclique de nombreuses grandes villes africaines. Et dans le cas d’espèce, on espère que les autorités congolaises ont pris les mesures nécessaires pour vite parer à la situation.
Cela est d’autant plus nécessaire qu’au-delà des conséquences humanitaires, cette situation pourrait avoir aussi des conséquences économiques dommageables, avec la coupure de l’axe routier reliant Kinshasa à la ville portuaire de Matadi. C’est dire l’importance des mesures d’urgence prises par le gouvernement, notamment à travers le curage des caniveaux, l’aide aux sinistrés et la reconstruction des routes endommagées. Mais pour l’avenir, il est impératif de faire dans l’anticipation et dans la fermeté en prenant des mesures hardies contre les installations anarchiques de populations, parfois dans des zones inondables.
Cela est d’une impérieuse nécessité. D’autant plus que si l’on ajoute à la guerre et aux récentes inondations, les cas de maladies comme le choléra ou encore la variole du singe qui sévissent dans le pays, la RDC n’est pas loin de paraître comme un condensé de plusieurs calamités. Et c’est peu dire que les Congolais vivent des moments difficiles. C’est pourquoi sur le plan politique, il est impératif de trouver une solution à la crise sécuritaire dans l’Est du pays, ne serait-ce que pour soulager les peines de populations prises dans le piège d’une guerre qu’elles n’ont pas demandée.
C’est le président togolais qui est pressenti pour reprendre le flambeau de la médiation
Toujours est-il que si de Luanda à Doha en passant par Nairobi, les initiatives de paix ne manquent pas, elles sont encore loin de produire les effets escomptés. En tout cas, pas plus tard que le 24 mars dernier, l’Angola a jeté l’éponge de sa médiation dans la crise congolaise, après deux ans d’efforts soutenus. Et depuis quelque temps, il se susurre que c’est le président togolais, Faure Gnassingbé, qui est pressenti pour reprendre le flambeau de cette médiation sous l’égide de l’Union africaine (UA).
Une nomination qui reste encore à être entérinée par l’Assemblée des chefs d’Etat et qui, si elle se confirmait, marquerait encore de bons points pour la diplomatie togolaise. Laquelle ne manque pas d’expérience en matière de médiation sur le continent noir où les foyers de tensions ne manquent pas. La question qui se pose est la suivante : quelles chances le dirigeant ouest-africain a-t-il de réussir là où son homologue angolais a eu toutes les peines du monde à asseoir ses voisins congolais et rwandais autour d’une table de discussions ?
La question est d’autant plus fondée que l’éventualité de la nomination de l’homme fort de Lomé comme médiateur, ne suscite pas plus une acrimonie particulière qu’un enthousiasme débordant au sein de la classe politique congolaise, au moment où d’autres processus de paix, à l’instar de celui de Doha qui attend de recevoir très prochainement des délégations des parties au conflit, notamment du gouvernement congolais et du groupe politico-militaire AFC/23, suscitent de grands espoirs. Ceci étant, la paix en RDC passera-t-elle par Lomé ? On attend de voir.
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