Cameroun - Maître Alice Nkom Défie le Préfet du Wouri : Une Réponse Digne et Déterminée
© Camer.be : Toto Jacques | 10 Dec 2024 17:12:22 | 7692Maître Alice Nkom, figure emblématique de la défense des droits humains au Cameroun, a une fois de plus fait preuve de sa détermination face à ce qu’elle considère comme des actes d’intimidation injustifiés. Dans une lettre adressée au préfet du Wouri, elle dénonce une tentative flagrante de nuire à sa personne et à son parcours professionnel, long de 56 années de pratique en tant qu’avocate.
Une réponse sans concession
Réagissant à une convocation transmise via la Chefferie du Canton Bell, Maître Nkom a exprimé son incompréhension face à cette démarche qu’elle juge non conforme aux usages administratifs habituels. Elle rappelle avoir travaillé en harmonie avec plusieurs préfets, inspecteurs fédéraux et gouverneurs au fil des décennies, dans un esprit de respect mutuel et de collaboration.
Elle déplore que le préfet actuel ait donné des instructions pour expulser les porteurs d’un courrier qu’elle avait adressé à ses services, concernant la délivrance d’un récépissé légal pour son association. Ce document, selon la loi N°90-53 de décembre 1990, aurait dû être délivré conformément aux règles établies.
Une avocate engagée malgré les défis
Malgré une mobilité réduite due à son âge, Maître Nkom reste engagée et déterminée. Elle annonce qu’elle se présentera à la préfecture à une date ultérieure, munie de son passeport, étant toujours en attente de sa carte nationale d’identité, bloquée dans les services compétents depuis plus de trois ans.
Un appel au respect des lois
Dans sa lettre, Maître Nkom interpelle le préfet sur l’importance du respect des droits fondamentaux et des procédures légales. Elle conclut en demandant à ce que toute future convocation soit planifiée à l’avance, afin qu’elle puisse s’organiser, rappelant que son agenda reste très chargé.
Une figure de la justice qui inspire
Maître Alice Nkom est connue pour son combat acharné en faveur des droits humains et de la justice. Cette dernière prise de position montre qu’elle demeure une voix incontournable dans le paysage juridique et politique du Cameroun.
LA RÉPONSE BRUTALE DE MAÎTRE ALICE NKOM AU PRÉFET DU WOURI
« Monsieur le Préfet,
J'ai l'honneur d'accuser réception de votre correspondance N°64/2024/CA/C19/SP, qui vient de m'être transmise à l'instant par un coursier, le particulier de la Chefferie du Canton Bell.
Monsieur le Préfet, je ne sais pas comment qualifier votre désir de me nuire, ni jusqu'à quel point vous comptez aller.
Je vous signale que j'ai prêté le serment d'avocat en 1968, il y a 56 ans, selon un décret présidentiel de Son Excellence, Monsieur Ahmadou Ahidjo, qui m'autorisait à exercer la profession d'avocat défenseur devant les tribunaux et cours de notre pays.
Depuis lors, j'ai connu une succession de préfets, inspecteurs fédéraux, gouverneurs de la République et j'ai obtenu d'eux amitié, collaboration, respect et haute estime.
Vous êtes en train de gâcher ce beau parcours, modèle de partenariat public et privé que vous avez trouvé. Vous êtes le seul à me convoquer sous le couvert d'une chefferie, fût-elle supérieure.Je trouve cela regrettable, et ne pensez pas que le perdant sera de mon camp.
Je me souviens que vous avez donné instruction à votre secrétariat, il y a à peine quelques semaines, pour que vos services expulsent de vos bureaux les porteurs du courrier que je vous adressais le 26 novembre 2024, pour délivrer le récépissé légal de déclaration de mon association, que vous êtes tenu de délivrer conformément à l'article 7 alinéa (3) de la loi N°90-53 de décembre 1990 portant sur la liberté d'association.
Aujourd'hui, vous me faites adresser une convocation par la Chefferie du Canton Bell, à moins d'une erreur de ma part sur l'objet de ma présentation à votre cabinet.
Je crois que vous cherchez les problèmes, Monsieur le Préfet.
Qu'à cela ne tienne, je vous indique, à toutes fins utiles, que l'heure que vous avez choisie pour me voir dans vos services avait déjà été engagée, bien à l'avance, pour d'autres activités que je dois respecter. Ainsi, je suis dans la triste obligation de vous prier de bien vouloir accepter que je ne puisse pas me libérer pour répondre à cette convocation aujourd'hui à 11 heures.
Toutefois, je me ferai un devoir de me présenter à votre cabinet, situé au deuxième étage de la préfecture, malgré la réduction drastique de ma mobilité, une difficulté bien connue lorsque j'ai à gravir les escaliers comme chez vous.
Dans cette attente,
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Préfet, l'assurance de mes sentiments distingués.PS : Je ne pourrai malheureusement pas me munir de ma carte nationale d'identité, que je n'ai pas reçue des services compétents de la DGSN depuis plus de 3 ans, ne pouvant forcer Monsieur le Délégué Général à la Sûreté Nationale à procéder à cette délivrance.
Toutefois, le même service délivrant les passeports, je serai munie de mon passeport permettant mon identification.
Je vous prierai de bien vouloir me fixer, à l'avance, une nouvelle date de convocation, pour que je puisse aménager mon programme en conséquence et répondre présente, compte tenu de mon agenda au demeurant très chargé. »
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