Cameroun - De fillettes pour des travaux d'hommes dans les mines.
© Source : Le TVG de L'info | 17 Oct 2020 11:15:00 | 2974Depuis toujours, le travail dans le secteur minier est dominé par les hommes. Creuser, casser les pierres, trier ou laver la matière première, c’est propre à la force masculine. Mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, la femme est à la conquête de tout.
Madeleine est l’une de ces femmes décidées à travailler dans les mines artisanales de l'Est Cameroun. Elle vit dans le territoire de Ndokayo. Elle fait partie des « bé Songa or » veut dire
[Les filles de l’or]. Ce sont des filles qui cassent les pierres, trient et lavent sable et minerais dans les carrières des mines artisanales d’or et de cassitérite de la région de l'est. D’aucuns diraient que son histoire est triste, que son enfance lui a été volée. Mais c’est bien cela sa vie et sa force depuis son enfance.
« J’avais 5 ans quand ma mère m’amenait avec elle vendre à manger dans des carrières minières. À mes 13 ans, je me suis mariée et j’ai continué à faire ce travail », explique Madeleine.
De grands risques presque pour rien
Depuis quelques années, Madeleine est une fillette leader parmi ses paires, fière de vivre de ses efforts personnels. Pourtant, elle reconnaît sa peine et se dit délaissée pas la commune de Betaré- Oya qui n’appuie pas les initiatives économiques dans ce sens. À l’écouter, on devine vite qu’elle parle de l’exploitation de la femme par l’homme.
« Je gagne 1200 francs pour 25kg de sable transporté. Même si je les transporte 10 fois, je ne sais pas nourrir ma famille. Mes enfants ne peuvent aller à l’école. Pendant ce temps, sur mon corps j’encaisse des chocs difficiles à soigner », se plaint Madeleine.
Il a fallu une coopérative pour un début d’accompagnement, mais à la campagne, le travail est rude. Car, ajoute-t-elle, « les patrons ne sont pas sensibles malgré les efforts de la coopérative. Nous sommes souvent poussées à voler pour bien nouer les deux bouts. »
La fille de l'est Cameroun aurait-elle plus de chances ?
La paysanne de l'est est une femme pauvre, sans salaire, et parfois exploitée là où elle aurait dû avoir la chance d’être bien payée après les sévices rendus. Elle doit se débrouiller entre plusieurs petites tâches pour nourrir ses nombreux enfants. Mais grâce à des sensibilisations par des organismes de la société civile, plusieurs femmes se réveillent. C’est le cas dans le Gari Kombo où les mines sont ouvertes aussi aux femmes plus qu’à leurs semblables.
« Chez nous, explique Madeleine, la femme n’a aucune restriction à accéder aux carrières minières. Nous sommes de plus en plus nombreuses. Mais personne ne veut financer nos actions pour améliorer nos conditions. Paradoxalement, s’étonne-t-elle, j’apprends que la femme de Gari Kombo n’a pas accès à la carrière. C’est injuste », déplore-t-elle.
La femme ne devrait pas…
Ailleurs, toujours dans la région de l'est des femmes sont au champ. Un travail où elles ne sont certes pas exposées aux dangers des mines, mais où la situation n’est guère enviable. Cultiver, c’est parfois plus dur pour les plus pauvres. Puisqu’il faut attendre de longs mois pour manger la récolte, qui parfois, ne peut atteindre la prochaine saison agricole.
Témoignage
Je pense que lorsque la femme prouve qu’elle peut tout essayer, comme les hommes, elle ne devrait pas subir le mépris. Quand elle fournit des efforts, jusqu’à travailler dans des conditions plus rudes, elle devrait être encouragée.
Ibrahim Sadjo a Betaré Oya dans le département du Lom et Djerem région de l'est
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Emmanuel Gérard Ondo Ndong n’aura pas survécu à sa liberté
- Mangwa Boy suspendue après le tragique accident
- Affaire Fouda-Mbapou : Olive Ngobo promet de tout révéler
- IFP REC – Institut de Formation Professionnelle Rêve de Cluzel
- Numerique : Pyramid Africa mise sur la souveraineté numérique avec Pyramid Browser et Pyramid Mail
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Cameroun - Carnet noir : Alain Malong, figure de l'industrie, n'est plus
Royaume-Uni - DJ Ballas: L’artiste-musicien qui assume son authenticité africaine
France - Plainte contre Paul Biya : la diaspora camerounaise saisit la justice française
Ambassade de France au Congo : une vidéo jugée raciste
Afrique - OLIGUI NGUEMA EN COTE D’IVOIRE ENTRE DIPLOMATIE COOPERATION ET PROXIMITE AVEC LA DIASPORA GABONAISE
il y a un mois
France - Deschamps : fin de règne amère après 14 ans
Cameroun - Nathalie Moudiki : l'épouse qui fait la loi à la SNH
Cameroun - Idriss Confiance MBE annonce un vaste programme d'appui à plus de 5 000 jeunes de la Mifi
Cameroun - Colonel Otoulou : « Ils ont planifié le meurtre »
France - Femmes Sawa en diaspora : un nouveau cercle d'influence pour conjuguer héritage culturel, entreprene
il y a un an