Cameroun - Hôpital central de Yaoundé : Enquête sur le vol présumé d’un bébé
© Mutations : Paulette Ndong et Junior Ayissi | 14 Oct 2020 13:45:00 | 2030Le couple Betsem Arroga accuse les responsables de cet établissement d’avoir volé leur enfant lors de l’accouchement.
20 ans après leur union, le couple Betsem Arroga a pu avoir le sourire aux lèvres. Ils vont être parents. Après deux échographies, il est dit que Simone B. porte une grossesse gémellaire. Mais sauf que depuis le début du mois en cours, pleurs, angoisse et stress meublent le quotidien du couple. La raison, est que ces parents veulent récupérer un de leur garçon.
L’épouse âgée de 44 ans, a accouché le 02 octobre dernier. En lieu et place des jumeaux, elle va seulement recevoir des mains des infirmières un garçon. En effet, le couple Betsem Arroga réside à Akonolinga où le mari, Jean Jacques Betsem Arroga a été affecté comme responsable d’une église du mouvement messianique évangélique du Cameroun. « Nous avons commencé à faire suivre cette grossesse à Akonolinga. Mais on nous a conseillé de nous rendre dans un hôpital qui a un plateau technique plus outillé. L’hôpital central de Yaoundé a semblé le plus indiqué », explique Jean Jacques Betsem Arroga.
Arrivés dans la cité capitale, « plusieurs examens nous ont été prescrits. Parmi ces examens, il y avait à nouveau l’échographie qui avait déjà été faite à Akonolinga. Ces deux examens ont révélé que nous attendions des jumeaux », relate le chef de famille. Et de poursuivre : « le 02 octobre dernier, alors que mon épouse est déjà hospitalisée, en attente d’une césarienne que nous refusions par ailleurs, elle est conduite au bloc opératoire vers 12h. L’accès nous est formellement interdit, sa soeur aînée et moi. 2h plus tard, une infirmière revient avec un bébé. Ce qui nous surprend car, nous attendions des jumeaux et tous les examens faits jusqu’à date le confirment », témoigne-t-il. Depuis lors, la vie du couple n’est plus de tout repos. Ceuxci disent subir des pressions de la part de certains personnels de ladite institution sanitaire.
« Ces menaces ont commencé alors que ma femme était encore sur la table d’accouchement. Lorsqu’on lui a présenté un bébé, elle a demandé le deuxième, une infirmière lui a intimé l’ordre de se taire, de les couvrir ou on va lui injecter un produit mortel », déclare Jean Jacques Betsem Arroga. Lesquelles menaces ne vont plus s’arrêter, apprend-on. Le couple et l’unique bébé en leur possession vont libérer l’hôpital le 07 octobre dernier contre l'avis du corps médical. « Ma femme suit un traitement dans un centre de santé à Yaoundé. Elle fait un pansement une fois les deux jours. Nous sommes également en insécurité mais nous remettons nos vies à l’Eternel », essaye-t-il de se rassurer.
Contre-argument
La version du vol de bébé est battue en brèche par une source interne à l’Hôpital central de Yaoundé. D’après elle, il n’est pas possible de voler un nouveau-né dans cette formation hospitalière. « Lorsqu’on vient accoucher dans notre structure, il y a un protocole qu’on respect jusqu’à la sortie de l’hôpital », indique notre informateur qui a requis l’anonymat. À en croire cette source, il est quasiment impossible de voler un enfant dans cette formation sanitaire. « Lors d’un accouchement, il y a une équipe dans le bloc. Par exemple pour une césarienne comme chez dame Arroga, «il y a le gynécologue, l’anesthésiste, les aides, etc. Il y a au total six personnes dans la salle. Après l’accouchement, une autre équipe récupère le bébé pour le nettoyer et la dernière conduit la mère et son enfant à la maternité. Si un vol est envisagé, il faut donc corrompre toute la chaîne », fait savoir l’informateur. Avant d’ajouter qu’à «la sortie ; la mère et le bébé doivent être clairement identifiés et ils sont accompagnés par un personnel soignant. Si ce tout n’est pas réuni, les vigiles ne les laisseront pas sortir. »
On peut se tromper lors d’une échographie. C’est ce qui se serait passé pour le cas de madame Arroga dont les deux échographies montraient une grossesse gémellaire. En tout cas c’est la thèse que soutient le personnel de l’Hôpital central de Yaoundé. « La 2e échographie avait été réalisée par un résident en radiographie. Et lors de l’accouchement, mes collègues du service de gynécologie ont constaté qu’il y avait qu’un seul enfant lors de la césarienne. Le géniteur et la sœur de la mère ont été immédiatement appelés dans le bloc opératoire. Le personnel de santé confus, a expliqué la situation aux parents. Le père est rentré dans une colère. Ils ont porté plainte. Actuellement l’affaire est pendante en justice », confie-t-il.
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