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Cinq femmes métisses du "Congo-Belge" attaquent la Belgique pour crimes contre l'humanité

Elle sont cinq femmes, nées respectivement de père blanc et de mère noire sous l'administration coloniale au Congo. Elles viennent d'assigner l'Etat belge en justice pour crimes contre l'humanité

Pour la métisse Léa Tavares Mujinga " C'étaient les enfants du péché. Parce que l'union entre le noir et le blanc était un pêché(...) on était malheureux".... Les milices qui étaient supposés nous garder, en ont profité pour faire leur "fiesta"(...) On nous ouvre les jambes, on nous met les bougies dans les jambes et c'était comme ça, on n'en pouvait plus" affirme pour sa part, Monique Bitu Bingi. 

Entre 13.000 et 20.000 enfants métis ont vu le jour entre 1908 et 1960. Cette affaire a été cachée pendant des décennies. Ces enfants sont nés le plus souvent d’une forme de viol, de domination des Blancs sur les Noires, de désirs furtifs et exotiques, rarement d’histoires d’amour.

La Belgique, avec la complicité de l’Église catholique, a considéré ces petits métis comme des orphelins. Ils avaient pourtant des mères et des pères, ou du moins des géniteurs, bien vivants.

Neuf fois sur dix, les enfants métis n’ont jamais été reconnus par leur géniteur. Des jeunes colons belges qui avaient entre 25 et 30 ans quand ils arrivaient et à qui on attribuait une “ménagère”, une très jeune Noire de 13, 14, 15 ans qu’ils finissaient par engrosser. Ces enfants étaient le symbole de la supériorité blanche et mâle sur la race noire.

Des centaines d’entre eux ont été soustraits à leur mère, mis dans des institutions gérées par l’Église catholique. Et puis, en 1959, ils ont été expédiés comme des paquets en Belgique. On leur a enlevé leur nationalité belge, leur identité, leurs nom et prénom, leur filiation. Apatrides, déracinés, coupés de leurs liens affectifs et juridiques...

Une pratique pour laquelle Charles Michel avait demandé pardon au nom de l’Etat belge au printemps dernier, faisant part de sa compassion envers « les mères africaines dont les enfants ont été arrachés ». Une compassion insuffisante aux yeux de Léa Tavares Mujinga, Monique Bitu Bingi, Noëlle Verbeeken, Simone Ngalula et Marie-José Loshi qui réclament chacune par le biais de leurs conseils, 50.000 euros. Elles demandent également qu'un expert chargé d'évaluer leur préjudice moral soit désigné.

L'audience d'introduction a été fixée le 10 septembre

Ci-dessous, une enquête de « Le Soir/ Le Vif/ RTBF »

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