Cameroun - Port obligatoire du masque : Les forces de l’ordre veillent
© Cameroon Tribune : Marie Christine NGONO | 14 Apr 2020 16:29:00 | 2475Malgré quelques réticences, les populations adhèrent globalement à la mesure.
L’obligation du port du masque est bien effective dans la ville de Yaoundé. Tout le monde ou presque, porte une muselière. Peu importe la qualité. En tissu, fabriqué par une couturière, ou acheté en pharmacie, il faut à tout prix s’en procurer. Ce lundi matin (Ndlr : hier) au carrefour de la foire, et au niveau de la sous-préfecture de Tsinga, la police et les agents de la mairie de Yaoundé sont stationnés. Ce n’est pas un contrôle de routine de la police, ni l’embarquement des motos-taxis qui circulent dans des zones non autorisées. Ici, On contrôle qui porte son masque ou pas. L’attroupement de ces forces de maintien de l’ordre attire l’attention.
Curieuse, Odile M., demande ce qui se passe. « Madame où est votre masque ? D’ici 10 h, personne ne circulera plus sans », dit un policier avec véhémence. La jeune dame sans rétorquer, sort le masque de son sac et le porte. « Ce n’est pas pour la décoration. Si vous ne le portez pas, vous serez passible d’une amende prochainement », poursuit le policier. Dans la même journée, au quartier Messamendongo à Yaoundé. Yves Medzo, cadre d’administration est prêt pour le boulot. En sortant de sa maison, des regards quelque peu moqueurs le dévisagent. En fait, son accoutrement capte l’attention. Medzo porte des gants, un masque, et une veste. « Grand frère tu as une opération chirurgicale aujourd’hui ? », lui lance ses voisins. « C’est quand vous irez passer quelques temps en cellule que vous comprendrez que ce n’est pas moi le ridicule dans l’histoire », répond Medzo.
Bien informé des nouvelles mesures édictées, Medzo prend toutes ses précautions. L’usage du masque est désormais obligatoire dans tous les lieux publics. Une information que beaucoup ignorent encore. Arrivé au point de stationnement, Medzo passe environ 15 minutes à stopper un taxi. Il est ensuite transporté par un taximan « courageux ». « Mon frère c’est seulement parce que tu paies bien que je te porte. Ne me laisse pas seulement la maladie là dans mon véhicule », s’inquiète le chauffeur de Taxi. Medzo dans un fou rire explique au chauffeur que désormais tout le monde est obligé de porter une muselière. « Je te conseille même de ne pas transporter les clients qui ne sont pas vêtus comme moi », réplique Medzo. Les habitudes ont bien changé. Claudia Ze Bemo, journaliste, se réjouit plutôt des nouvelles décisions.
« On n’a plus droit aux grands discours dans les taxis. C’est à peine si on se dit même encore bonjour. On se regarde en chiens de faïence jusqu’à destination», dit-elle. Dans les agences de transport, les administrations, supermarchés, entre autres, les consignes sont désormais strictes. Aucun ticket de voyage n’est délivré, aucun accès dans une structure n’est autorisé si on ne porte pas de masque. Mais encore, faut-il bien le porter. Le masque ne se porte pas sous le menton. Il doit couvrir la bouche et le nez en même temps et ne s’enlève pas même si on veut communiquer .
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