Nouvel an : le chef Sokoudjou et le rêve pour le Cameroun
© rolandtsapi.com : Roland TSAPI | 07 Jan 2020 13:14:00 | 3191En 1963, au plus fort de la pratique de la ségrégation raciale contre les Noirs aux Etat Unis, la situation semblait à un moment désespérée. Le 28 août de cette année, après une marche pacifique contre ces injustices, l’une des figures emblématiques de la lutte, le pasteur Martin Luther King prononça un discours prophétique à Washington devant 25 000 personnes. J’ai fait un rêve » disait-il, « Je rêve que mes quatre petits-enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur la valeur de leur caractère. Je fais aujourd’hui un rêve ! » Ce discours est rentré dans les mémoires sous le titre en anglais I Have a dream. Son rêve en effet était celui d’une Amérique fraternelle où Blancs et Noirs se retrouveraient unis et libres.
Aujourd’hui au Cameroun, 60 ans après l’indépendance, l’on n’a pas encore réussi à construire une nation dans laquelle les fils et les filles marchent main dans la main. Les démons de la division et de la haine règnent toujours et contrôlent le vécu quotidien. Au milieu de toutes ces souffrances du peuple, le Chef Supérieur Bamendjou, Sa Majesté Sokoudjou Jean Rameau, du fond de son palais royal dans l’Ouest Cameroun, a aussi eu un rêve pour le Cameroun à l’aube de la nouvelle année, rêve exprimé dans un document qu’il a intitulé « Le Cameroun que je souhaite en 2020 !!!! »
Il rêve pour :
Un Cameroun où les uns ne vont plus manger et essuyer les mains sur la tête des autres. Un Cameroun où on ne creuse plus le bas-fond pour remplir la Coline. Un Cameroun où quelques privilégiés ne vont plus continuer à nourrir leurs chiens a 300 000 frs par jour pendant que les paisibles citoyens meurent de famines et sont incapables de se soigner. Un Cameroun où la justice est juste et équitable, où on ne risque plus pour un oui ou pour un non, ou parce que votre tête énerve un individu, de vous retrouver en prison. Un Cameroun où le Bamileke accouche et le Bêti allaite, ou le Bassa garde ses remèdes chez le Bororo, ou du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest on se sent Camerounais et peut dormir des 2 yeux sans fermer la porte. Un Cameroun où les dirigeants prennent conscience et parlent au peuple avec moins d’orgueil, moins de mépris et d’arrogance, où on aura à faire a un gouvernement d’administration publique et non plus à un gouvernement de puissance publique ou tout se résume à la violence, à l’intimidation, à la force et à l’humiliation. Un Cameroun où tous auront droit au partage du fruit de la sueur de nos fronts et non un pays où les uns mangent et invitent les autres à aller chier.
Un Cameroun où les citoyens aiment leurs pays, sont patriotes et ne sont pas prêt à livrer ce pays pour lequel nous avons lutté à des étrangers sous aucun prétexte. C’est déshonorer la mémoire de Félix Roland Moumie, de Um Nyobe, de Ossende Afana et de tous les nationalistes qui ont donné de leurs vies pour libérer ce Cameroun que vous piétinez tant!! Un Cameroun où le père ne fouette plus l’enfant juste parce qu’il a pleuré qu’on n’a pas donné sa part de nourriture, mais l’écoute et lui fait la promesse qu’au prochain repas on va commencer le partage par lui. Un Cameroun où la politique redevient un simple jeu pour la recherche de l’honneur, où les politiciens sont des adversaires et non des ennemis, où le terrain politique est débarrassé des insultes, des intimidations, du tribalisme et de la haine, où les politiciens pour leurs calculs égoïstes cessent d’opposer les uns contre les autres!! Un Cameroun où les enfants n’ont plus besoin de porter les armes ou user de la violence pour se faire entendre quelle que soit la situation, car ce pays est un lourd héritage dont nous nous devons de sauvegarder l’intégrité et le transmettre en paix aux générations futures.
Un Cameroun où les gardiens de la tradition vont retrouver leurs trônes et jouer leurs rôles, laisser la politique partisane car dès lors qu’un gardien de la tradition s’engage dans un parti politique, il enterre là un enfant dedans et l’autre dehors, pourtant il est là pour rassembler et partager sans remarquer les mains. Un Cameroun où l’administration s’est retirée des chefferies traditionnelles, où chacun joue son rôle pour le bien-être des populations. Un Cameroun où un nouveau contrat social sera établi entre les dirigeants et le peuple. Le portail des camerounais de Belgique (@camer.be). Un Cameroun où prendre sa retraite n’est plus une sanction, où après 30, 40, 50 ans de service rendu, l’on prenne sa retraite et laisse la place aux jeunes formés avec des idées nouvelles pour développer le pays, un pays qui n’est pas la propriété de quelques individus qui le gèrent comme si c’était les têtes d’ignames de leurs parents.
Un Cameroun où les dirigeants vont revoir leurs politiques agricoles, où les ingénieurs agronomes formés ne sont plus dans les bureaux alors qu’il y a encore des terres cultivables, où l’on donne à ces derniers les moyens et les envoie mettre en pratique ce qu’ils ont appris à l’école, un pays où on ne meurt plus de soif au bord de l’eau. Un Cameroun où jeunes, vieux, hommes et femmes se tolèrent, se pardonnent et se réconcilient pour l’intérêt d’une nation qui n’est la propriété de personne. On peut dans la douleur prendre conscience et trouver des nouvelles voies pour construire le futur. A chacun de savoir par quelle porte il entrera dans l’histoire
Que les dieux de nos ancêtres bénissent le Cameroun. Bonne année à tous, l’an 1440 pour les Musulmans, l’an 2020 pour les Chrétiens, l’an 3781 pour les Juifs, l’an 4718 pour les chinois, l’an 6256 pour les Kamites…
Le Foo Sokoudjou, le 1er jour de l’an 2020 depuis son palais à Bamendjou
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