Pr. BERTIN LEOPOLD KOUAYEP: LA DIPLOMATIE CULTURELLE, UN LEVIER DU DÉVELOPPEMENT HUMAIN EN AFRIQUE
© Discours : Pr. Bertin Léopold KOUAYEP | 28 Jun 2019 00:18:00 | 29156Discours du Pr. Bertin Leopold KOUAYEP à l'occasion de la 12ème Conférence de la Fondation Trophée de L’Africanité.
Marrakech Safi, Palais Impérial Sofitel, lundi 24 juin 2019 Thème central : « La diplomatie culturelle, un levier du développement humain en Afrique »
Intervention du Pr. Bertin Léopold KOUAYEP, Président de l’OMA-Cameroun et CEEAC « Des rapports historiques à la primauté du développement culturel et humain »
Excellence Monsieur les Ambassadeur, Mesdames et messieurs les hauts responsables de Marrakech Safi et du Maroc, M; le président de la fondation Trophée de l’Africanité, chers frères et amis, à vos prérogatives, rangs et grades socioprofessionnels respectifs, bonsoir.
J’adresse mes civilités les plus profondes et les plus affectuelles aux organisateurs de ce grand événement, qui m’y ont bien aimablement convié.
Mesdames et messieurs, Le 28 mars 2018, notre Fondation, Trophée de l’Africanité, a célébré les médias africains renforçant l’amitié Maroc-Afrique.
Aujourd’hui, elle célèbre la diplomatie culturelle, en tant que pierre angulaire du développement humain de notre continent. Thématique bien évocatrice, n’est-ce pas ?
L’Africanité est avant tout une fraternité, au sens de la communauté, de notre similitude, de notre souci d’être ensemble, de partager les mêmes valeurs, les mêmes normes, peu ou prou les mêmes mœurs, les mêmes coutumes, les mêmes souvenirs, la même civilisation traditionnelle historique, les mêmes façons de penser, de sentir, de faire, comme aiment le dire les sociologues, les anthropologues, les historiens.
Pour ne pas faire comme le Seigneur Harpagon, et accaparer la parole, mon intervention portera sur deux points essentiels : d’une part, la relation maroco-camerounaise ; et d’autre part, le leadership du Roi et son impact sur la culture et le développement en Afrique. Sans être en amphithéâtre, mon approche est socio-expérimentale car, c’est à partir des faits observés et vécus qu’il convient de caractériser cette relation et les qualités diplomatiques du Roi, dont la grandeur et la célébrité en Afrique ne sont plus à commenter. S’agissant en premier lieu des relations entre le Maroc et le Cameroun, elles sont bien anciennes et se développent à un rythme de plus en plus exponentiel, en attraction réciproque, sur les plans politique, économique, militaro-sécuritaire et socio-culturel.
On dirait bien aujourd’hui la relation hors-incestueuse entre Osiris et Isis qui, tous deux, unis par des liens forts d’amour, au-delà de toutes les turpitudes extérieures, restèrent opiniâtres quant à la nécessité de favoriser le développement de leur société. Cela n’est pas qu’un mythe ! En effet, le Cameroun figure sur la liste des pays prioritaires de la politique étrangère du Maroc qui, lui, œuvre pour le renforcement de cette coopération stratégique Sud-Sud.
En septembre 2012, à l’occasion de la 2e session de la grande Commission mixte Cameroun-Maroc, Lahcen Azoulay, le Directeur des affaires juridiques et des traités de l’Ambassade du Maroc au Cameroun l’a pertinemment et largement souligné. Aujourd’hui, les actes parlent d’eux-mêmes. Dans cette veine, l’implantation de la BCME Bank, du Groupe Attijariwafa Bank, de Royal Air Maroc sont de lourds investissements économiques les plus traditionnellement frappants. Ces investissements sont palpablement remarqués dans les domaines aussi variés que l’agroalimentaire, la foresterie, l’énergie, la télécommunication, les BTP, la santé, l’éducation, les TIC, etc. En illustration, le Royaume importe du Cameroun, le bois, le coton, la banane, le café, le cacao ; tout en exportant les papiers, les cartons, les appareils électriques, les engrais, les chaussures, les vêtements, les produits alimentaires.
Ce sont ces investissements économiques et surtout l’approche africaniste de la politique étrangère géostratégique de la vision royale qui fécondent le développement culturel.
S’agissant en deuxième lieu de l’impact du leadership royal sur la culture et le Développement en Afrique, je pense encore mieux, que cela n’est plus à démontrer.
La lucide organisation interne du Royaume en des Régions compétitives souligne, au-delà d’une brillante diversité culturelle, une unicité des valeurs, une grande émulation, une confluence foisonnante d’hommes de sciences et de culture qui ont, comme dit l’autre, la niaque, la combativité artistique, le grand souci de manifester une harmonie indiscutable, une civilisation des vainqueurs. Le développement du secteur touristique, artistique (danse, art musical, décoratif, céramique), tannier, vannier, bref artisanal du Maroc est l’illustration la plus frappante.
Ces trois dernières années au cours desquelles mon appartenance à la communauté marocaine s’est le plus intensifiée, j’ai pu témoigner toutes ces merveilles qui ne disparaîtront pas de mes yeux. Car, comme dit le célèbre Marocain Tahar Ben Jelloun « Seuls les yeux ne vieillissent jamais : l’âge passe et ne touche pas le regard ». La Vision du Roi Mohammed VI, que Allah soit glorifié, vision qui est actuellement au sommet de l’Afrique, manifeste le grand amour qu’il a pour la terre où ont vécu les premières créatures de Dieu.
Cette vision place l’éducation, ou encore la culture, au centre du processus de développement. C’est ainsi que, le 30 mars 2019, à l’esplanade de la Mosquée Hassan II, lors de la visite du Pape François au Maroc il a affirmé avec vivacité et tonitruance : « Pour faire face aux racismes et aux principales crises sociales, la réponse n’est ni militaire, ni budgétaire ; elle a un seul nom : Éducation ». Il souligne à la même occasion que, « les religions existent pour s’ouvrir l’une à l’autre et pour se connaitre », « Mon plaidoyer pour l’éducation est un réquisitoire contre l’ignorance : ce sont les conceptions binaires et la méconnaissance qui menacent nos civilisations.
Je partage la conviction d’une spiritualité agissante, au service du bien commun. Notre foi n’est pas une fin en soi. Elle nous apprend à aimer notre prochain, à l’aider ». Nous voyons là l’instinct rassembleur, pacifiste et humaniste d’un Grand Philosophe et Architecte de la Renaissance de l’Afrique, de la sortie des ténèbres pour accéder à la lumière triomphante, au Trophée Africain, celui des Vainqueurs.
C’est cet esprit qu’il partage dans toute l’Afrique, aux grands bénéfices de la zone subsaharienne. En guise d’exemples, nous ne pouvons plus compter le nombre de conférences et autres événements à vocation culturelle qui, parrainés par le Roi se sont manifestés au Mali, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, bref, tant en Afrique de l’Ouest qu’en Afrique Centrale.
Des souvenirs les plus frais, La visité en mars dernier d’une délégation des parlementaire Cameroun et de la Directrice de l’Institut Parlementaire Africain de Yaoundé. Cet exemple est bien suffisant pour montrer le rapport entre les relations diplomatiques et le développement culturel. Ce pan du développement qui représente la pierre de touche qui garantit la compétitivité et la sérénité des nations, en déconstruisant l’ignorance. Car comme le souligne le très célèbre marocain Averroès « L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l’équation » Je profite de cette tribune pour lance l’idée de l’ouvrage sur « les Pratiques et approches de la compétence en Afrique » qui est envoie d’écriture par un groupe d’experts pluridisciplinaires Africainst. En conclusion, le cordon ombilical qui lie le Cameroun au Maroc et par-delà, l’Afrique est, géographiquement et stratégiquement, une ligne bien oblique, une hypoténuse qui caractérise la prospérité pérenne des rapports entre les pays-frères. Les racines, les fondations salvatrices et émulatrices de ce cordon sont à récolter dans les actions concrètes de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qu’il soit éternellement béni, ainsi dans les efforts historiques.
Cette vision qui s’étend continuellement repose primordialement sur la valorisation culturelle, âme de tout développement complet. Vive le Trophée de l’Africanité, Glorieuse soit l’Afrique. Merci pour votre très attentive écoute.
Pr. Bertin Léopold KOUAYEP
Maître de conférences à Paris-Ouest Directeur de l’ESCG-ISTEC
Président de l’OMA-Cameroun et CEEAC
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