France-Afrique : Le Gabon, élève modèle
© Le monde diplomatique : Olivier Piot | 05 Jun 2019 01:31:00 | 10465L’axe Paris-Libreville a longtemps constitué le paradigme des relations que la France a su entretenir avec certains États africains depuis 1960. Avec le Gabon, ces liens privilégiés ont été organisés autour de deux pivots. Un pivot économique, d’abord, avec la forte présence de grandes entreprises françaises : bois, manganèse, uranium, construction, infrastructures, transports, armes, pétrole.
La filiation avec l’Hexagone commence avec les premières explorations de géologues français (1928) et le début de l’exploitation de l’or noir (1956), sous les auspices de la Société pétrolière d’AfriqueÉquatoriale française (Spaef), créée en 1949, qui deviendra Elf Spafe en 1968, puis Elf Gabon cinq ans plus tard, et enfin Total Gabon en 2003. Ces liens expliquent en partie la présence de plus de dix mille Français dans le pays. Un pivot politique ensuite, consubstantiel à des partenariats stratégiques : énergétiques pour la France, rentiers pour le Gabon.
L’écheveau qui unit les deux pays jusque dans leurs plus hautes sphères s’est démêlé . Le public a ainsi découvert les liens entre le pouvoir gabonais, l’armée française (depuis 1960) et les renseignements français (le service de documentation extérieure et de contre-espionnage, Sdece, puis la direction générale de la sécurité extérieure, DGSE). Le mercenaire proche du Sdece Robert (« Bob») Denard (1929-2007), instructeur de la garde présidentielle d’Omar Bongo, en était la figure emblématique. C’est l’intervention de l’armée française lors des émeutes de Libreville et de Port-Gentil pendant l’été 1990 qui sauva le trône du chef de l’État gabonais .
Est désormais également de notoriété publique le financement occulte des partis politiques français via des «valises » acheminées depuis Libreville, tout au long de la Ve République. Après l’affaire Elf (lire l’article d’Olivier Vallée page 12), c’est le dossier des biens mal acquis qui occupe aujourd’hui les conversations politiques du « village françafricain » : des multinationales françaises (Bolloré, Veolia, la BNP, Bouygues, Eramet) sont soupçonnées de détournements à la source d’argent public gabonais . Vouloir rompre avec la « Françafrique » est devenu, sans beaucoup d’effets, une figure imposée des discours électoraux en France. Mais c’est avant tout l’intégration de l’économie gabonaise dans la mondialisation qui a changé la donne. Si le secteur pétrolier demeure verrouillé, M. Ali Bongo a diversifié ses partenaires, avec des poids lourds comme le singapourien Olam et le chinois Honest Timber. Signe des temps ? M. Bongo est même allé jusqu’à infliger, en 2014, un redressement fiscal à Total Gabon (585 millions d’euros). Mais, dès 2015, le directeur général du groupe, M. Patrick Pouyanné, expliquait que le litige s’était «r églé à l’amiable, comme toujours d’ailleurs avec nos amis africains »...
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
:: France-Cameroun : Bruno Fuchs reçu par les présidents des deux chambres du Parlement
:: Niger vs Orano : le procès pour l'uranium met à nu une crise post-coloniale
:: Cameroun : la Compagnie fruitière mise en demeure pour manquements graves au Haut-Penja
:: Biens Mal Acquis : l'appartement parisien de Sonia Rolland au cœur de l'affaire Bongo
:: VISITE D’ETAT DU PRESIDENT FRANCAIS AU GABON : ENTRE COOPERATION ET SOUVERAINETE
LE DéBAT
Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun? :: AFRICA
AFRIQUE :: Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ? :: AFRICA
AFRIQUE :: Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe? :: AFRICA
Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ? :: AFRICA
Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
CAMEROUN :: La problématique du changement de nom en droit comparé :: CAMEROON
Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun :: CAMEROON
L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain :: CAMEROON
Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun :: CAMEROON
CAMEROUN :: La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé :: CAMEROON
partenaire
Vidéo de la semaine
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Dr Christian TCHAM entretien après la conférence de presse à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
CAMEROUN :: Collision au port de Douala : MV SEA HONOR et BLACK RHINO percutés :: CAMEROON
FRANCE :: Mathias Aubry-Rakowski : « Faire un livre, c'est comme faire un enfant »
CAMEROUN :: 700 millions de l'État, revendue 15 millions : le gâchis Telesud :: CAMEROON
BELGIQUE :: Marcel Tchangué:Il restera de toi des souvenirs inoubliables :: BELGIUM
CAMEROUN :: Enfants fantômes : 35 milliards volés, pas de remboursement :: CAMEROON
il y a un mois
FRANCE :: KRISTHIA LAUVE(LOVE): Le retour d'une voix qui refuse de se taire
BELGIQUE :: Bruxelles en ébullition : la finale du Challenge PDF du MRC fascine :: BELGIUM
Vols suspendus : le Cameroun devient-il un marché à risque ? :: CAMEROON
CAMEROUN :: Geremi Njitap accidenté : « Plus de peur que de mal » pour le Lion :: CAMEROON
CAMEROUN :: Non-qualification : Owona Nguini charge Eto'o et la FECAFOOT :: CAMEROON
il y a un an