Cameroun - Nord-Ouest/Sud-Ouest : Paul Atanga Nji accuse les Ong de gonfler les chiffres des déplacés
© Mutations : Jean-Christophe Ongagna | 07 Apr 2019 11:39:00 | 4376J’ai récemment lu avec beaucoup d’indignation, dans un rapport publié par une Ong en quête de notoriété, qu’il y aurait plus de 400.000 déplacés internes au Cameroun. Je voudrais dire que c’est faux, c’est du fake news, et il ne faut accorder aucun crédit à ce chiffre erroné. C’est une information erronée publiée à dessein, par ceux qui veulent se servir de la situation dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, pour en faire un fonds de commerce ».
Cette déclaration qui tient lieu de clarification, a été faite hier 04 avril, lors d’un point de presse organisé par le ministre de l’Administration territoriale (Minat), Paul Atanga Nji. A cette occasion, il présentait le premier rapport du Plan d’assistance humanitaire d’urgence (Pahu). Dans ses explications, le Minat va relever que certaines Ong et organisations humanitaires, se livrent à de l’escroquerie.
« Vous pouvez par exemple, demander 50 millions d’Euros, tout en sachant que pour encadrer les déplacés internes au Cameroun, il faudrait peut-être 10 millions d’Euros. Vous constaterez que les autres 40 millions d’Euros prendront une autre destination », a-t-il souligné. Dans ce jeu de fourbes, Paul Atanga Nji va pousser la réflexion plus loin, en montrant qu’au final, la souveraineté du triangle national est désormais en danger, lorsque les chiffres des déplacés internes sont gonflés. « Les ennemis de la nation voudront donner l’impression qu’avec 400.000 ou 500.000 déplacés internes, le gouvernement serait incapable de gérer cette situation. Et ils vont appeler à des interventions, […] estimant que nous n’arrivons pas à encadrer. Voilà le danger, c’est-à-dire, piétiner la souveraineté du Cameroun à travers de faux rapports. Le gouvernement ne peut pas l’accepter », développera-t-il.
Le point de presse d’hier 04 avril, aura également été l’occasion pour le Minat, de faire une évaluation à mi-parcours du Pahu, 10 mois après son lancement. « Nous travaillons sur la base des rapports (élaborés avec le concours de certaines Ong sérieuses, Ndlr). Le gouvernement, au plan administratif, est bien encadré. […] Donc, à travers ce que nous avons, nous avons fait des contre-expertises. Et aujourd’hui, on est à peine à 152.000 déplacés internes dans les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
A ce jour, je voudrais préciser que plus de 75.000 familles ont déjà reçu l’assistance humanitaire du chef de l’Etat », a déclaré Paul Atanga Nji. Bien qu’elle soit la bienvenue, l’aide des partenaires doit être encadrée. L'info claire et nette. « Elle doit nous parvenir dans un cadre légal défini par le gouvernement ; c’est ce qu’on appelle le ‘Driver City’. Dit autrement, c’est le gouvernement qui pilote. Vous voulez nous aider, vous venez évaluer nos besoins. Et les besoins, c’est nous qui vous les donnons », précise le Minat. Qui informe également que le Pahu va se poursuivre pour celles des « populations qui ne l’ont pas encore reçu. Le gouvernement s’est occupé de plus de 75.000 familles, mais nous avons encore de quoi nourrir plus de 100.000 familles […]. La situation humanitaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, est parfaitement maitrisée », assure Paul Atanga Nji.
En rappel, le Pahu qui est « un projet sérieux suivi par le chef de l’Etat lui-même » et qui, d’après le Minat, n’est nullement « un jeu, encore moins un spectacle » ; touche également les déplacés internes de la crise anglophone, dans les régions de l’Ouest, du Littoral et du Centre. Sur décision du président de la République, Paul Biya, il a été lancé le 21 juin 2018 par le Premier ministre de l’époque, PhilemonYang, pour venir en aide aux populations sinistrées des violences provoquées par la crise sociopolitique en cours dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.
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