Cameroun - Législatives, municipales, régional: Guerre des nerfs avant les élections
© Quotidien Mutations : Par Jean De Dieu Bidias | 03 Apr 2019 16:03:00 | 3177Détenteur exclusif du calendrier électoral, le chef de l’Etat sape le moral de l’opposition en prolongeant le suspense sur les dates des scrutins prévus cette année.
L’hypothèse de l’organisation des élections régionales avant les municipales également prévues cette année affole depuis quelques semaines des leaders et partis politiques de l’opposition. Après Cabral Libii de « Les Citoyens », mouvement politique en cours de légalisation, le 18 janvier, c’est le Social Democratic Front (SDF) et le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) qui sont montés au créneau pour dénoncer une « parodie d’élection » en préparation par le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). Pour eux, les conseillers municipaux appelés à élire les représentants des départements au sein des Conseils régionaux sont « sans aucune légitimité », parce que bénéficiant d’une prorogation de mandat. Il faut donc renouveler ledit mandat à travers des municipales qui permettraient d’avoir la vraie photographie politique du Cameroun, avant d’aller à l’élection des conseillers régionaux. Du point de vue de la loi, le président de la République, Paul Biya, est le seul à décider de l’échéancier des différentes élections attendues cette année. Et, au fond, ses opposants n’ont pas tort de l’accuser d’utiliser cette prérogative exclusive à des fins de tricherie politique.
Si les régionales sont organisées avant les municipales, c’est une razzia programmée Rdpc. Car, sur le terrain, les rapports de forces sont clairs : sur 10600 conseillers municipaux élus en 2013, 8685 appartiennent au parti de Paul Biya, contre 826 pour le SDF, 163 pour l’Union démocratique du Cameroun (Udc), 19 pour le Mrc, etc. En plus de ces rapports de forces qui lui sont largement favorables, le parti au pouvoir est accusé de poser des actes d’anti-jeu contre des opposants. Ainsi de l’arrestation du président du Mrc, certains de ses alliés politiques et plusieurs militants du parti ? « Nous constatons pour le déplorer, qu’il s’agit d’un processus exclusif et lâche visant notamment à éliminer les concurrents politiques du Rdpc les plus sérieux parmi lesquels le Mrc et ses alliés, dont les états-majors se trouvent détenus illégalement », ont dénoncé, dans une lettre collective signée le 26 mars depuis la prison centrale de Yaoundé, Maurice Kamto, Christian Penda Ekoka, Paul Eric Kingue, Albert Dzongang, etc.
Le Mrc, le SDF et bien d’autres formations politiques avaient suggéré, voire insisté sur une modification de la loi de 2012 portant Code électoral au cours de la session en cours au Parlement pour, entre autres objectifs, définir un calendrier électoral clair et connu par avance de tous les acteurs du processus électoral. Mais, comme depuis plusieurs années, cette demande est restée lettre morte. Dans cette guerre des nerfs qui ne dit pas son nom, le Rdpc, sur fond de cynisme, assure préparer sereinement les futures échéances, sans mot dire sur le débat de fond : le calendrier électoral. Et, comme en 2013 où il avait fait élire les premiers sénateurs de l’histoire du Cameroun par des conseillers municipaux détenteurs d’un mandat échu, le chef de l’Etat ignore les pleurnicheries de l’opposition et décidera en temps voulu, du moment opportun où conduire celle-ci à « l’abattoir ».
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Ahidjo a quitté le pouvoir à 58 ans, Biya s'accroche à 94
- Les opposants « pro-régime » démasqués par Christian Ntimbane Bomo
- 63 jours d'absence : Cabral Libii explique pourquoi rien ne peut changer
- « Libérez mon mari » : l'appel déchirant de l'épouse de Bibou Nissack
- IMPACT 100 : la députée dissidente Nourane Foster se lance dans la bataille politique
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Côte D'ivoire - Hervé Renard de retour en Côte d'Ivoire : le sorcier blanc revient
Cameroun - Succession de Biya : le fils du président sur le trône ?
Biya absent, l'armée camerounaise se tribalise
Cameroun : Biya promeut un général à la tête de la Garde présidentielle
Cameroun : le naufrage silencieux des universités publiques
il y a un mois
États-Unis - Exécuté à 14 ans, innocenté 70 ans après : l'incroyable histoire de George
Cameroun - Compétence universelle : Tchiroma attaque Biya en Suisse
Me Sikati : « Le Cameroun a besoin d'un chef d'État présent »
Faux diplômes, faux pasteurs : le Cameroun s'invente
Ahidjo vs Biya : le Cameroun a perdu son âme
il y a un an