Cameroun - Elections locales : Le Sdf va-t-il continuer sa descente aux enfers ?
© Le Jour : Jean-Philippe Nguemeta | 22 Jan 2019 00:20:00 | 2819A quelques semaines de leur organisation au Cameroun, les cadres de ce parti restent optimistes alors que des analystes politiques estiment qu’il court un risque réel d’effacement.
Le Social Democratic Front (Sdf) a organisé le samedi 19 janvier 2019, la première réunion ordinaire du Comité exécutif national pour l'année 2019. D’après nos sources, la réunion qui s’est tenue au domicile du président du parti, Ni John Fru Ndi, à Nkolfoulou visait à évaluer le plan mis en place après l’élection présidentielle du 7 octobre 2018. Selon les rapports, la nouvelle vision veut améliorer les résultats décevants du parti lors des prochaines élections au Cameroun. Il s’est agi également au cours de cette rencontre d’élaborer des stratégies permettant au Sdf de retrouver sa place politique lors des prochaines élections. En rappel, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto avait damé le pion à l’ancien parti leader de l’opposition. La place de deuxième au classement des partis politiques ayant concouru lui a été arrachée par le MRC et s’étant réuni au lendemain de l’élection, le parti avait présenté des excuses aux Camerounais pour sa contreperformance.
Le Sdf est arrivé à la quatrième position avec un score de 3,35%. Les militants du Sdf avaient indiqué que lesdits résultats ne reflètent pas leur véritable poids politique. Les dirigeants du Sdf avaient alors attribué en partie leur échec à la situation sécuritaire qui prévaut dans les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. «Notre fief électoral ne présentait pas les conditions de tenue régulière d’une élection », a reconnu le secrétaire général du Sdf, Jean Tsomelou. Trois mois après la dernière présidentielle, le Sdf est-il capable de transcender les piètres performances enregistrées lors de l'élection présidentielle du 7 octobre 2018 au Cameroun ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que les autres élections auront lieu au Cameroun. Le portail de la diaspora camerounaise en Belgique. Le Chef de l'Etat a confirmé au palais de l'unité, le 16 janvier 2019, leur tenue même s’il faut lire dans une boule de cristal pour déterminer avec exactitude à quelle date précise ces échéances électorales se dérouleront dans les prochains mois. Alors bien d’observateurs se demandent si le Sdf a déjà tiré les leçons de sa débâcle.
Parmi les élections qui auront lieu au Cameroun cette année, il y a celle des exécutifs régionaux, ainsi que les élections législatives et municipales. A la question de savoir si le Sdf peut renaître, Ahmadou Sehou, auteur de l’ouvrage «L’opposition en panne», historien et analyste politique reste pessimiste. Pour lui, ce parti « est installé sur une mauvaise trajectoire. Il a perdu son socle électoral anglophone du fait de cette crise sécessionniste qu’il n’a pas vu venir et qu’il n’a pas su récupérer. D’où son expulsion de la scène par ce conflit. Il a perdu son électorat de l’Ouest et du Littoral au profit du MRC avec l’arrivée sur la scène politique nationale pour la première fois d’un leader politique Bamileke d’envergure. La tribalisation du vote observée de plus en plus est le résultat des discours qui poussent plus aux replis identitaires qu’à la fédération des intérêts au plan national. De ce fait, n’ayant aucun discours captivant en direction des autres régions du pays, le Sdf va continuer inexorablement sa descente réelle aux enfers avec un risque réel d’effacement ».
A ses yeux, changer l’ordre politique est une question de rapport de force. La posture actuelle du Sdf le dessert par sa fragilité et son incapacité à trouver les moyens de rebondir. C’est donc une manière de faire la politique qu’il faut changer en s’inventant un nouveau discours, en donnant place à de nouveaux acteurs, en ciblant un nouvel électorat. En un mot, en adoptant un nouveau logiciel, une nouvelle façon de faire de la politique. « En est-il capable ? J’en doute fort ! Avec les orientations connues de son leadership actuel et surtout son peu de volonté à se remettre en cause », a-t-il ajouté.
La toute première session ordinaire du Sdf qui a eu lieu le samedi 19 janvier 2019 à Yaoundé a-t-elle vraiment posé les balises pour regagner le terrain politique lors des prochaines échéances électorales ? Interrogé sur cette déconvenue qui a laissé des traces au sein du parti hier lundi 21 janvier 2019, Jean Tsomelou s’est dit confiant pour la suite. « Nous avons tourné la page de la présidentielle d’octobre 2018. Nous allons participer aux prochaines élections. Nous ne pouvons pas boycotter ces élections car nous sommes un parti national. Nous avons des élus sur l’ensemble du territoire national. Les autres élections sont locales. Je ne souhaite pas commenter les avis des autres analystes et partis politiques mais tout va se jouer autour du poids des candidats sur le terrain. Maurice Kamto ne sera pas candidat à Dschang, à Bandjoun, Mbouda, etc », a-t-il précisé. Selon Jean Tsomleou, les militants du MRC font du bruit dans les réseaux sociaux. « Il y a des hommes crédibles sur le terrain et je peux vous assurer que ce sera très compliqué pour le MRC.
L’élection locale n’est pas l’élection présidentielle. Nous attendons et sommes optimistes au vu du travail abattu », a-t-il ajouté.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- RDPC en crise : Nkuété panique au Palais des Congrès
- MRC : « Le RDPC prépare des fraudes exceptionnelles »
- Cabral Libii dénonce le vide juridique de l'absence de Biya
- « Biya a droit à 80 jours de congé » : la sortie d'Owona
- Outrage à Biya : Hiram Iyodi dénonce une justice qui « n'honore pas la démocratie »
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Gabon - Junior Bongo : le fils d'Omar Bongo qui monte
Cameroun - Capitaine Effoudou accuse Ngoh Ngoh : le clan Baboke riposte
Cameroun - Capitaine Effoudou : « Ngoh Ngoh voulait un coup d'État »
Jamaïque - Rita Marley 80 ans : la reine du reggae fête son jubilé
Cameroun - Rebecca Enonchong face à la SRC : procès le 27 juillet à Douala
il y a un mois
Cameroun - Oswald Baboke convoqué : or, faux décret, les deux affaires qui l'encerclent
États-Unis - Coupe du Monde de foot 2026 : KYLIAN MBAPPÉ A ÉGALÉ LEO MESSI AVEC 6 BUTS
France - Festival Ekang Mbôlô: la disapora ekang célèbre ses racines dans une communion historique
Titre foncier au Cameroun : le casse-tête des frais
Cameroun - Des proches d'Oswalde Baboke parlent d'une loyauté à Paul BIYA qui énerve "les infidèles"
il y a un an