Cameroun - DIVORCE : Elle soupçonne son mari de pratiques homosexuelles
© Kalara : Odette Melingui | 27 Nov 2018 01:24:00 | 11228Après 6 mois de mariage, un couple de « témoins de Jehovah » décide de mettre un terme à leur union sous l’initiative de la femme. Elle reproche au père de son unique enfant son comportement efféminé et le suspecte de recevoir des appels téléphoniques des personnes de même sexe que lui.
À première vue, Patrice et Yvonne sont de teint clair. Il a fallut que Yvonne divulgue le secret du couple pour que le tribunal et les justiciables présents dans la salle d’audience du Tribunal de première degré (TPD) de Yaoundé-Ekounou le 14 novembre 2018 se rendent compte qu’ils avaient tous, au départ, un teint plus renforcé. Elle ne s’est pas fait prier pour dévoiler au grand public, les faiblesses de l’homme qu’elle a jadis aimé et épousé. camer.be. «Regarde comment il est devenu monsieur le président. On dirait une femme dans la peau d’un homme. Il est comme ça parce qu’il utilise mon lait de toilette. Il fait la concurrence avec moi. Pourtant, quand je l’ai connu, il était noir.» Tels ont été les premiers mots de Yvonne devant la barre. Les larmes aux yeux, elle a relaté au tribunal qu’elle s’est mariée à Patrice le 8 mai 2018 sous la pression de leur congrégation religieuse (témoins de Jehovah).
Avant leur union, les deux tourtereaux ont vécu ensemble pendant deux ans, le temps pour eux de mieux se connaître. Durant cette période d’observation, un enfant, aujourd’hui âgé de 3 ans, a vu le jour. « Ma famille n’a jamais voulu de notre relation. Mais je me suis entêtée. Nous nous sommes mariés en catimini, dans un centre d’état civil retiré de la ville.
Époux irresponsable
Quand je l’ai connu, il louait une chambre dans un quartier populaire de la ville de Yaoundé. Une fois mariés, nous avons aménagé ensemble. Au bout de quelques semaines, nous avons été expulsés du domicile parce qu’il était incapable de payer les loyers. Je me suis trouvée dans l’obligation de le loger dans ma famille maternelle. Pendant que nous y étions, il n’a pas cessé d’exercer des violences physiques sur ma personne. De plus, mon mari ne consomme pas le mariage. Ne pouvant plus le supporter, ma famille l’a mise à la porte et je ne sais pas où est ce qu’il habite actuellement », a t- elle déclaré .
Poursuivant son témoignage, Yvonne n’a pas manqué l’occasion de traiter son époux de parasite. « Mon mari ne sais rien faire. Il vit au dépend de moi. Pour pallier à ce défaut, et par amour pour lui, je lui ai acheté deux motos qu’il a revendues à mon insu. Je lui ai aussi remis la somme de 500 mille francs pour faire du commerce, il l’a bouffé avec ses amis. Bien que vivant sous mon toit, il ne sait jamais occuper de moi encore moins de notre enfant qui n’a pas d’acte de naissance jusqu’à ce jour. Il refuse même de le reconnaître. »
Pour ce qui est des penchants sexuels de son époux, Yvonne a déclaré au tribunal que Patrice, depuis leur mariage civil et religieux, a des « comportements bizarres », qui laissent croire qu’il est homosexuel. « Il a les traces des femmes. Je soupçonne qu’il soit attiré par les hommes. Il reçoit des coups de fil des hommes à des heures tardives et leur conversation me parait louche. L'info claire et nette. Je n’avais rien constaté avant. Il a toujours su cacher son coté obscure », a-t-elle dénoncé. Selon la dame, les multiples tentatives de réconciliation n’ont servi à rien, jusqu’à ce qu’elle décide de déposer sa requête en divorce devant ce tribunal.
« Les deux familles et l’église ont tenté un accord. En vain. Je pense que notre mariage est une erreur. Je préfère divorcer. Que Dieu me pardonne ! Je préfère mourir plutôt que de rester marier à cet homme », a-t-elle conclu. Présent à cette audience, Patrice n’a pas cessé de s’agiter lors de la déposition de son épouse. À sa prise de paroles, il a hésité à répondre aux questions du tribunal qui, embarrassé par sa gestuelle, à cru bon de renvoyer l’affaire à une audience précédente, le temps pour lui de bien cerner les faits que lui reproche son épouse.
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