Les grandes arnaques : Le système de Ponzi à la camerounaise :: CAMEROON
© Le Jour : Elsa Kane | 25 Apr 2018 09:09:01 | 6617En s’inspirant de ce montage financier datant des années 20, les responsables ont réussi à convaincre des citoyens d’investir des sommes évaluées à des milliards. L’Etat a arrêté la supercherie.
L’affaire de la Mission d’intégration et de développement pour l’Afrique (Mida) se distingue des autres scandales financiers qui ont été au coeur de l’actualité ces dernières années par le rôle que l’Etat aura joué. Le pot aux roses a été découvert avant que la structure ne fasse faillite. De quoi s’agit-il ? En Août 2017, une structure dénommée Institut Mida s’installe au quartier Ahala en banlieue au lieu-dit « Repos du chef ».
Elle se présente alors comme étant chargée de la prévention des crises civiles et militaires. Elle est également établie comme une entreprise proposant des prestations de services, des expertises en criminologie, en médiation, négociation, conciliation et la réinsertion sociale des jeunes. Sa cible première est la jeunesse à qui elle propose des courtes formations. Sa particularité réside dans la rémunération qu’elle offre ensuite à ses adhérents pour les « aider à monter leurs projets ».
Ainsi avec 12 000 F Cfa comme frais d’inscription, on reçoit la somme de 60 000 F Cfa à la fin du séminaire. Le succès du Mida a été fulgurant en partie grâce au système du marketing de réseau utilisé par les responsables. En effet, chaque séminariste avait la possibilité de s’inscrire autant de fois qu’il le souhaitait et de proposer de nouveaux adhérents.
Près de 6000 individus et environ 1200 associations ont investi des grosses sommes d’argent qui auraient permis, selon les autorités, aux responsables du Mida de se constituer une cagnotte estimée à des milliards de F Cfa. La Mida a recruté les jeunes au sein de toutes les classes sociales et tranches d’âges : fonctionnaires en activité ou à la retraite, jeunes salariés, entrepreneurs, agriculteurs, étudiants, commerçants, ont dans le cas de certains, vidé leur compte en banque, vendu leurs biens ou emprunté de l’argent dans l’espoir de gagner gros grâce au Mida.
Les responsables du Mida ont mis à contribution des personnalités de premier plan et des stars du show-bizz qui leur ont servi de caution morale auprès d’une jeunesse livrée à elle-même. La Mida a réussi à véhiculer le message qu’il est possible de gagner beaucoup d’argent en peu de temps. Et pourtant le projet mis en place reposait sur le système de Ponzi.
C’est un montage financier frauduleux qui consiste à rémunérer les investissements des clients essentiellement par les fonds procurés par les nouveaux entrants. Si l'escroquerie n'est pas découverte, elle apparaît au grand jour au moment où elle s'écroule. Lorsque les cotisations des nouveaux entrants n’arrivent plus à couvrir les rémunérations des anciens clients.
Cela n’a pas été le cas pour la Mida. La supercherie a été découverte. Le gouvernement annonce le dédommagement des victimes. Mais cette affaire servira-t-elle de leçon ? Rien n’est sur dans un contexte où règnent la précarité et la pauvreté. L’Etat doit, plus que jamais trouver une solution au chômage des jeunes.
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