Zimbabwe - Mugabe : dictateur, résistant et bâtisseur
© Le Jour : Jean-Philippe Nguemeta | 22 Nov 2017 09:13:13 | 4803Après 37 ans de pouvoir, il a décidé d’assurer « un transfert du pouvoir sans problème, pacifique et non violent »
Robert Gabriel Mugabe, le père de l'indépendance de l'ancienne colonie britannique de Rhodésie du Sud, aujourd’hui appelé Zimbabwe, n’est plus président de la République. Après plusieurs jours de pression, l’armée et son parti ont eu raison de lui. Hier, 21 novembre 2017, celui qui a assuré une présidence de 37 ans a formellement remis sa démission au Parlement.
« Moi, Robert Gabriel Mugabe (...) remets formellement ma démission de président de la République du Zimbabwe avec effet immédiat. J'ai choisi volontairement de démissionner. (...) Cette décision a été motivée par (...) mon désir d'assurer un transfert du pouvoir sans problème, pacifique et non violent », écrit-il dans sa lettre de démission lue hier à Harare, à l'occasion d'une session extraordinaire du Parlement.
Celle-ci était présidée par le président de la chambre, Jacob Mudenda. Au-delà de l’euphorie observée dans les rues, Robert Mugabe a été le héros de la guerre d'indépendance. Mugabe aura dirigé le Zimbabwé pendant près de 40 ans d'une main de fer, attirant même sur lui la sympathie de son peuple avec la réforme agraire. Il est resté populaire dans son pays et en Afrique pour ses déclarations en faveur de la construction d'une Afrique capable de reprendre en main ses ressources et de se débarrasser des relents colonialistes.
Selon l’historien Ahmadou Sehou, « lorsqu'il arrive au pouvoir, 70% des terres cultivables appartenaient à 4 000 fermiers blancs. La réforme agraire devait se faire à travers une expropriation compensée financièrement par la Grande Bretagne. Jusqu'en 2000, rien n'a été fait pour respecter cet engagement pris par la Grande Bretagne.
Devant la pression et les attentes de son peuple, il décida donc de procéder à la réforme. Ce qui lui valut les accusations d'atteintes massives aux droits de l'Homme et des sanctions qui contribuèrent à aggraver la crise dans son pays: hyperinflation, pénurie alimentaire, recul des libertés, sanctions économiques et diplomatiques occidentales. »
La métamorphose du nationaliste Mugabe en dictateur tel que présenté par les médias occidentaux s'opère à l'aune de la réforme agraire qu'il a entreprise. Depuis le coup de force de l'armée il y a plus d’une semaine, provoqué par la révocation du vice-président Emmerson Mnangagwa, le président Mugabe avait perdu là un ses soutiens déterminants. Avec la décision du leader « Bob » qui a été premier ministre de 1980 à 1987, l’Afrique a expérimenté une autre forme de « coup d’Etat ».
En le présentant jusqu’à sa démission comme chef d’Etat, les militaires ont su éviter des sanctions internationales au Zimbabwe. Une pression amicale vers la sortie et puis transition à la tête du parti au pouvoir. Suivra sans doute des élections. Robert Mugabe est aussi considéré comme celui-là qui a passé dix années de sa vie en prison, il a combattu pour l'établissement d'un pays souverain et non ségrégationniste. Il était jusqu’à sa démission le plus âgé chef d'État au monde. Sa vive opposition à l'homosexualité a continué à noircir davantage sa posture auprès d'une certaine « opinion internationale.»
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Virginie Sonya, 24 ans, tuée par son ex-compagnon en Allemagne
Les enjeux mondiaux des prochaines élections législatives en Russie
Cameroun : le major du bac C 2026 est d'Édéa
Cameroun - Eko Eko : « J'enquêtais sur un coup d'État sur ordre de Paul Biya »
Cameroun - Tazih Robinson :«Apprendre un métier, maîtriser une compétence, entreprendre et créer"
il y a un mois
Afrique - Pourquoi l'Occident vous ment sur l'huile de palme
Cameroun - Succession Biya : Franck contre Ngoh Ngoh, la guerre des clans
Cameroun - DISSIPATION DE LA CONFUSION ENTRE LE SUBJONCTIF IMPARFAIT ET LE SUBJONCTIF PLUS-QUE-PARFAIT
Cameroun - Michel Ange Angouing : « La vérité affranchit »
Cameroun - Yaoundé 6 : Le Pont - Vallée Tam-tam paralysé par une montagne d'ordures ( texte et vidéo)
il y a un an