Cameroun: Dr Guy Sandjon Président de l'Ordre national des médecins du Cameroun (ONMC)
© Pour Camer.be : Ortanse Ngankou | 17 Nov 2017 14:02:09 | 8013A l’occasion de la dernière Assemblée Générale du 21 Novembre 2015, on parlait déjà d’exercice illégal de la médecine ; à cette époque il y avait un millier de structures illégales.
Aujourd’hui nous en sommes à 3058 répertoriées voire plus. Ce fléau est un véritable cancer pour notre profession, c’est pourquoi l’interview que le Président de l’ONMC avait donné il y a deux ans est toujours d’actualité. Jugez-en.
« L’ONMC assume ses responsabilités, afin de protéger la santé de nos concitoyens car généralement »
Mr le Président, qu’appelle-t-on exercice illégale la médecine ?
C’est le fait d’une part d’exercer la médecine sans avoir qualité ou sans autorisation, et d’autre part de favoriser une autre personne à le faire. Il y’a quelques années, nous avons annoncé qu’une opération de sensibilisation puis de représailles devait avoir lieu sur le terrain. Une commission constituée des membres de la délégation régionale de la santé pour la région du Littoral et de l’ordre des médecins du Cameroun sont descendus sur le terrain et les résultats ont été assez satisfaisants. La même démarche a été faite dans les autres régions
On parle de près 3000 formations médicales illégales dans notre pays, que fait l’ONMC face à cette situation ?
La Minsanté a décidé de combattre ce fléau depuis 1 an, et l’ONMC l’accompagne dans ce combat difficile. Comme tout organe de régulation, nous assumons nos responsabilités, afin de protéger la santé de nos concitoyens car généralement, ces structures pirates sont dangereuses. Aussi, nous ordonnons souvent la fermeture pure et simple. Pour exemple des cabinets des faux Docteurs TOUKAM ET PETSOKO qui utilisaient certains medias pour escroquer les populations. D’ailleurs nous sommes allés vers ces médias, nous leur avons expliqué les dangers de ces pratiques là. Nous leur avons dit que la santé est quelque chose de très précieuse pour être laissée entre les mains des charlatans
Ya-t-il des suites judiciaires ?
Oui bien sûr, la loi prévoit un emprisonnement de 6 mois à 18 mois avec une amende pour ces faussaires et leurs complices. Nous avons fait incarcérer 2 à Yaoundé à la prison de Kondengui et récemment 1 à Dschang. Et ce n’est pas tout. D’autres individus véreux sont sous le coup des enquêtes et je ne peux pas en dire plus pour le moment.
Justement, il se chuchote que ces pseudo médecins ont des complicités haut placées
N’exagérons rien si vous me donnez le nom de ‘un seul membre du Conseil concerné, et si la complicité est établie, dans la minute qui suit il sera sanctionné, avec l’ONMC c’est ‘’Tolérance zéro ‘’. Et c’est l’occasion de saluer tous les responsables régionaux de l’ONMC qui remontent en temps réels les informations
Et au niveau ministériel ?
Pour être honnête, il y’a effectivement ici et là des fonctionnaires véreux qui favorisent ce désordre mais dès que nous le constatons, nous en parlons au Ministre de la Santé publique pour que les mesures appropriées soient prises.
Donc nous sommes en phase avec la tutelle dans cette lutte difficile mais nécessaire.
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