Cameroun - Situation dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest : La surprise du chef
© Cameroon Tribune : Yves ATANGA | 31 Aug 2017 11:43:36 | 10457Fidèle à sa réputation, le chef de l’Etat a pris tout le monde de court hier, en apportant sa touche spéciale à la recherche de solutions à la crise qui secoue les deux régions.
Y avait-il des signes qui annonçaient cette tournure ? L’honnê- teté nous commande de répondre par la négative. Tellement l’attention de la nation tout entière était focalisée sur cette date du 4 septembre. Entre espoir et détermination, la rentrée scolaire de lundi prochain était attendue avec tout de même une certaine appréhension.
Les actes de vandalisme et d’intimidation posés par des extrémismes ont quand même perturbé l’année scolaire écoulée. D’où cette véritable croisade engagée depuis plusieurs semaines par les pouvoirs publics, les partis politiques, la société civile et l’ensemble de la communauté éducative. Objectif : dire un retentissant « Non » à la prise en otage de l’école, au nom d’intérêts politiques.
Paul Biya, déjà initiateur de cette impressionnante mobilisation observée ces derniers jours à travers principalement les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et visant à redonner tous ses droits à l’école, n’en gardait pas moins sa botte secrète pour couronner les efforts de décrispation fournis par ses collaborateurs, ses camarades du RDPC, et tous ses compariotes de bonne volonté, depuis le début de cette crise.
L’arrêt des poursuites pendantes devant le Tribunal militaire de Yaoundé, contre notamment les nommés Nkongo Felix Agbor, Fontem Aforteka’a Neba et Paul Ayah Abine. Pas moins ! Ces hommes, poursuivis dans le cadre d’un procès consécutif aux violences perpétrées au cours des derniers mois dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest viennent de bénéficier de la clémence du président de la République.
Paul Biya frappe là un grand coup. Du genre à confondre tous les contempteurs qui ont souvent douté de ses bonnes dispositions dans la recherche de solutions à la crise. Cette mesure, est certes une de plus de la part des pouvoirs publics. Mais comme le souligne si bien le communiqué publié hier après-midi par la présidence de la République, c’est un acte encore plus fort, à l’image de « la volonté inébranlable du chef de l’Etat de rechercher en tout temps les voies et moyens d’une résolution pacifique des crises, grâce aux vertus de la tolérance, du dialogue et de l’humanisme ».
Usant une fois de plus des prérogatives que lui confère la Constitution du Cameroun, le chef de l’Etat vient de faire un grand geste d’apaisement en élargissant des hommes pourtant présentés et poursuivis comme meneurs d’une action grave, qui a vu des symboles de l’Etat profanés, des investissements publics vandalisés, des atteintes à l’intégrité physiques d’enfants et d’enseignement qui pensaient simplement jouir de leur droit à l’éducation. Conformément à l’article 64 du Code de procédure pénale, Paul Biya en tant que président du Conseil supérieur de la Magistrature, autorise donc l’abandon des poursuites qui sera mis en œuvre par le parquet du Tribunal militaire de Yaoundé.
La loi indique bien que cette mesure peut être prise lorsque l’intérêt social ou la paix publique sont de nature à être compromis. Les bénéficiaires de cette mesure présidentielle vont recouvrer la liberté. Mais l’alinéa 4 du même article permet de reprendre les poursuites ainsi arrêtées si les circonstances l’exigent. Avis donc à tous ceux qui, malgré cette manifestation de bonne volonté persistent à vouloir compromettre l’avenir de la jeunesse camerounaise au nom de revendications d’ordre politique.
Voilà en tout cas, de quoi envisager la rentrée scolaire avec encore plus d’espoir. La mobilisation générale et le ras-le-bol des parents et élèves permettaient déjà d’entrevoir un 4 septembre normal dans les écoles, lycées et collèges du pays. A plus forte raison, maintenant, après cette carte sortie par le chef ! Une carte à décrisper le visage le plus grincheux. Sauf si la mauvaise foi s’en mêle évidemment .
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