AN 69 DE L’UPC : Bapooh Lipot fait le procès des crises sociales au Cameroun
© Le Messager : Christian TCHAPMI | 14 Apr 2017 15:08:13 | 4585Profitant de la célébration du 69e anniversaire de l’Union des populations du Cameroun, le secrétaire général qui était face à la presse hier, a passé au scanner l’actualité brûlante articulée autour des mouvements d’humeur dans la partie anglophone du pays.
C’est un Bapooh Lipot très loquace qui a rencontré la presse hier lundi 10 avril, à Yaoundé. Pointilleux, méthodique et puisant dans des clichés pour se faire comprendre, l’homme a échangé pendant plus de deux heures avec les hommes et femmes de médias. Saisissant au bond l’occasion de la commémoration du 69e anniversaire de l’Upc, le député a d’emblée vanté les exploits du parti du crabe qu’il présente lui-même comme une « référence identitaire consacrée à la lutte pour l’indépendance et la Réunification du pays de Ruben Um Nyobe ». Pour le député, cette célébration est le lieu de rappeler aux Camerounais l’attachement à l’indivisibilité, à la communion des peuples unis autour d’un même idéal : l’appartenance à une même nation. Une valeur, soutient-il, qui semble avoir passé le relais au fédéralisme à la sécession au moment même où il faut « proposer des alternatives qui remettent le peuple en confiance ».
Occasion pour le Sg de l’Upc de rappeler au gouvernement que le sens de la mesure et de l’anticipation doit nécessairement se substituer aux prouesses négatives de l’inertie, devenue une véritable menace pour la paix sociale au Cameroun. Conscient des conséquences fâcheuses qu’entraînent les mouvements d’humeur des populations du Nord-Ouest et du Sud-ouest, l’homme a déroulé un éventail de propositions que son parti impose presqu’aux pouvoirs publics. C’est ainsi qu’il exige que la décentralisation prenne sa vitesse de croisière rompant pour ainsi dire avec la dynamique de rétention initiée par l’administration centrale.
« Cette disposition de notre constitution, loin d’être un luxe, pense-t-il, constitue une nécessité vitale pour l’avenir du Cameroun ». L’Union des populations du Cameroun concède également que l’option de dialogue avec les acteurs sociaux est une voie idoine pour permettre aux populations et à leurs représentants que sont les élus et les syndicats de mieux appréhender ses objectifs.
La médiation pour sauver Bamenda et Buea du chaos
Au sujet des revendications sociales qui battent leur plein depuis ces trois derniers mois, l’Upc par la voix de son secrétaire général prône la médiation. « Nous encourageons le gouvernement à maintenir cette approche tout en évitant de recourir aux forces de l’ordre pour étouffer dans l’oeuf les grèves qui sont parfois annoncées à l’avance. Il faut garder le cap du dialogue social dans un contexte aussi complexe que le nôtre. La médiation doit également apparaître dans notre gouvernance », explique-t-il. A ce titre, l’Upc invite le chef de l’Etat à nommer les médiateurs de la République, ces acteurs qui peuvent permettre au gouvernement d’humaniser ses rapports avec ceux qui parfois optent pour des méthodes fortes et sensibles constatées dans la gestion des événements de Bamenda, mais surtout ceux de Buea où l’image du Cameroun est malmenée fortement.
Plan d’endiguement
Sur le plan économique, au moment où la Banque mondiale et le Fmi exercent une pression accrue sur l’Etat, l’Upc « invite le gouvernement à mobiliser toutes les ressources humaines dont regorgent notre pays, afin d’atténuer les germes de configuration du « pacte colonial » qui sous-entend parfois les exigences de ces institutions ».
Aucune expertise, souligne Bapooh Lipot, ne doit être exclue du processus de mise en place d’un plan d’endiguement des conséquences de la chute des matières premières. Autrement dit, « le gouvernement ne doit pas en faire une simple affaire de fonctionnaires, de l’administration etc. Il faut blâmer l’exclusion légendaire et mobiliser toutes les intelligences. Car c’est le défi lancé à notre peuple et non pas à un gouvernement, un parti politique ou au chef d’Etat. Notre vaillant peuple doit relever ce défi pour maintenir le cap de l’émergence à l’horizon 2035 ». Dans la foulée, l’Upc salue les mesures prises par le gouvernement pour lutter contre Boko Haram non sans féliciter les forces armées camerounaises pour la bravoure de nos soldats. De même qu’il salue les mesures prises par l’Etat pour lutter efficacement contre la pauvreté dans cette région où sévit la secte islamiste.
Une fleur à Paul Biya et au Rdpc
Evoquant la vie interne de l’Upc, l’homme confesse, au regard des derniers événements, que le parti du crabe est plus divisée aujourd’hui qu’avant la tenue de cette scabreuse réunion, pompeusement appelée « Congrès des 6, 7, 8 juin 2014 ». « Nous ne sommes nullement concernés par ce spectacle. Chaque jour, nous redoublons d’efforts pour que les engagements pris devant le peuple pour assurer notre présence dans les institutions républicaines soient respectés.
Comme nous l’avons toujours relevé, le mal dont souffre l’Union des populations du Cameroun (Upc) est loin d’être une malédiction. En ce qui nous concerne, nous sommes fondés de refuser une dérive de plus pour l’Upc et prenons nos responsabilités devant vous en demandant aux autorités compétentes de respecter l’évidence qui s’impose », argue-t-il.
Et de poursuivre, « le congrès de 2012 qui nous a porté à la direction de l’Upc comme Secrétaire Général n’a jamais été contesté. C’est dans cette perspective qu’ayant reçu les félicitations du président national du Rdpc et chef d’Etat Paul Biya, pour notre élection à la tête de l’Upc et fidèle aux idéaux de paix prônés par nos pères fondateurs tels que consignés par le très regretté Secrétaire générale Augustin Frédéric Kodock, dans l’alliance Upc/Rdpc, après avoir pris nos fonctions à la tête du parti, nous avons assumé et reconduit cette option. Nous saluons cette confiance qui est placée en nous par le Rdpc et son président national S. E. M. Paul Biya, acte renouvelé le 02 février 2017 ».
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