Cameroun - PSYCHODRAME : L’inquiétante répétition des incendies dans les édifices publics
© Le Messager : Christian TCHAPMI | 11 Feb 2017 03:28:28 | 7096Ces dernières années, plusieurs bâtiments administratifs, notamment les ministères ont été victimes d’inquiétants incendies sur lesquels de nombreux observateurs voient une main criminelle.
Le 31 janvier 2017 à midi, un incendie est signalé dans le bâtiment abritant les services du ministère des Marchés publics (Minmap) à Yaoundé. Le ministre Abba Sadou présent dans son département ministériel présidait une réunion de travail au moment où les flammes dévoraient la salle d’attente jouxtant son bureau, Il est aussitôt évacué par les agents de sécurité. Les flammes sont maitrisées 30 minutes plus tard par les sapeurs pompiers.
Ce n’est pas la première fois qu’un édifice public est attaqué par les flammes. L’on se souvient que le 6 décembre 2013 aux alentours de 17h 30, l’aile droite du ministère de la Santé publique était en feu. Les flammes étaient beaucoup plus violentes que celles récentes au Minmap. Elles ont ravagé les deux derniers niveaux du bâtiment. Malgré la pluie battante de ce jour-là, l’incendie est difficilement maitrisé par les soldats du feu.
Il a fallu attendre les renforts des forces de police du quartier Mokolo, en plus des sapeurs pompiers pour venir à bout du feu. Des témoignages recueillis sur le site font état de ce que la Direction des ressources humaines aura été l’un des rouages les plus touchés. Le chef de ce département ministériel, André Mama Fouda et le directeur des ressources humaines étaient à l’étranger pendant les faits, aucun bilan chiffré n’a été établi. Seulement au vu de la gravité de la situation, nul doute que les flammes ont causé d’énormes dégâts matériels.
Loi de l’Omerta
Un autre ministère en partie consumé par les flammes ces dernières années, c’est celui des Finances (Minfi). Le 1er juillet 2010 aux environs de 22 heures 30 minutes, quatre bureaux de la Division du trésor ont été ravagés par les flammes. L’odeur du brulé atteint les vigiles en fonction dans les différents bâtiments publics du secteur. « C’est un incendie !», s’écrie un des leurs tout en pointant la façade avant du ministère des Finances. L’information a circulé comme une traînée de poudre, et les hauts responsables du Minfi se sont passé le message.
Informé quelques temps après le déclenchement de ce sinistre, le Minfi de l’époque, Essimi Menye a rejoint les locaux de son département ministériel. Il a instruit à ses collaborateurs la loi de l’omerta. Notamment face aux hommes de medias. Deux camions citernes des sapeurs pompiers vont mettre près deux heures pour maitriser les flammes. Les quatre bureaux du département trésor auraient été entièrement consumés.
Quelques instants plus tard, une source intérieure estime que cet incendie serait parti d’un court-circuit. Le phénomène est si récurent qu’il ne surprend plus le petit peuple qu’il arrive. Il anime plutôt les analyses et les commentaires selon lesquels ce serait des incendies criminels. Ce d’autant plus que les enquêtes annoncées demeurent « secret défense ». Sans suite pour le contribuable dont les impôts assurent la maintenance de ces bâtiments. Et quid des documents détruits ? Peut-être compte tenu de leur caractère sensible, il vaut mieux qu’ils finissent ainsi.
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