Cameroun - Emeutes de Bamenda et Buea : Valséro accuse Paul Biya
© Le Jour : Eitel Elessa Mbassi | 20 Dec 2016 12:07:22 | 16055Dans son nouveau single, le rappeur appelle à repenser le Vivre ensemble camerounais.
Le Général Valséro a remis son treillis. Le rappeur « politikement instable » n’a pas fini de livrer ses combats. « Ce pays tue les jeunes », c’était déjà lui, « Lettre au président » encore lui, « Répond », toujours lui, « Quitte les choses », Valséro again, s’adressant à chaque fois à Paul Biya. Mais toujours rien. Pas la moindre réaction, regrette le rappeur. Lui ne se lasse pas et il en a remis une couche dans un single dans les bacs depuis hier, 19 décembre 2016.
« J’ai consacré mon art à faire de l’interpellation dans l’espoir qu’il y’aurait une positive réaction mais attente vaine. A part quelques discours remplis d’insultes et d’insinuations, tu (Paul Biya, Ndlr) as fait pousser la graine de la haine et de la division. Regarde autour de toi il n’y a que de la rage et de la division. La coupe est pleine, la colère se déverse. Si j’étais à ta place je la poserai avant qu’elle ne se renverse. Ça se voit le piège se referme, 34 ans de bordel a pourri trop de bouche. Quand l’avenir s’assombrit cousin cherche ta voie », rappe Valséro.
Indigné plus que jamais Valséro revient avec un single inspiré de l’actualité dans la zone anglophone. Courageux et incisif, Valséro dénonce avec ses tripes. Avec encore plus de hargne. Il n’épargne personne et veut regarder la réalité bien en face, aussi laide qu’elle soit. Déchainé Valsero ? Le voilà reparti au front.
Envie de dire et d’agir
Dans son nouveau single de six minutes, le rappeur sans peur reparle du changement social. Il a de la suite dans les idées. Il fait surtout remarquer que c’est la énième fois qu’il interpelle le président Biya. Pour le résultat que voici : « Tu as fait preuve d’arrogance, T’as pissé sur les pleurs, la douleur et la souffrance, t’as mis en mal la social cohésion, la guerre des nerfs c’est toi qui l’a déclenchée, les flammes de l’enfer ta politique les a attisées (…) », constate-t-il dans « Fly away ».
Et ce qui devait arriver arriva : « la vrai sorcellerie c’est quand des frères se font la guerre, quand un jeune sort son arme et tire sur son frère, qu’un soldat sensé protégé devient le bourreau, quand l’armée se comporte comme une bande de mercenaires. La vrai sorcellerie c’est quand on brule le drapeau aveuglé par la colère qu’on souille ses idéaux, quand le peuple perd ses repères et plonge dans le chaos, quand la détresse brouille les esprits et empoisonne les cerveaux. La vrai sorcellerie c’est quand le peuple se divise, quand le poison de la haine devient la source qui motive, quand nos différences deviennent les critères qui nous divisent, quand le Vivre ensemble devient mission quasi impossible », chante Gaston Abe.
Dans sa rage et son envie de dire et d’agir, Valséro veut rassembler ses concitoyens autour d’un même idéal. « Soyez pas naïfs on a le même ennemi. Ces mecs qui nous dirigent c’est leur gouvernance qui nous détruit assoiffés de pouvoir (…) Ils veulent nous vendre un problème franco-anglophone. Des enfants d’une même mère c’est à croire qu’on est tous idiots. Restons vigilants. Gardons l’esprit ouvert. Nous sommes tous des victimes. Y a trop longtemps qu’on fait la guerre. Tout le pays connait la lutte pour la survie. Elle va du Nord jusqu’au Sud-ouest en passant par la région de l’Est. Partout ça proteste pour des raisons similaires. On croule tous sous le poids de la cruauté du système. Nous sommes tous dans la merde. Ce n’est pas la peine de s’entre-déchirer. La victoire est possible si on renforce notre unité », écoute-t-on dans la nouvelle sortie de Valséro.
C’est connu. Valséro a choisi son camp et l’assume ouvertement : celui de ceux qui dénoncent. Dans un pays où on a pris l’habitude de souffrir en silence.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Belka Tobis traite Longue Longue de « fou du village »
- Bissi Mag : l'artiste du tube « Simo » n'est plus
- L'artiste Yvi Atia présente son tout premier album de 14 titres intitulé mon épaule
- Rita Marley 80 ans : la reine du reggae fête son jubilé
- Richard Bona : « Je ne retournerai plus jamais au Cameroun »
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Afrique - Sahel : Moscou accuse Paris et Kiev de soutenir les djihadistes
Cameroun - Douala : 2 bandits tués par la foule après un braquage
Cameroun - Drame à Balessing : une mère de 28 ans assassinée ?
Succession dynastique au Cameroun : le scénario secret
Cameroun - Affaire Martinez : la guerre des vérités éclate
il y a un mois
Maroc - LIONNES INDOMPTABLES : ELLES ONT BRISÉ LE SIGNE INDIEN EN BATTANT LE NIGERIA
Iran : les 6 conditions qui font trembler Washington
États-Unis - Trump a fui la Turquie caché dans un camion de restauration
Cameroun - Général Beko'o Abondo : l'arbitre de la guerre des clans
Cameroun - Johann Sitchom : de l'Église à la prison de Kondengui
il y a un an