LES CAMEROUNAIS SONT COMPLICES DU SYSTEME BIYA
© Correspondance : Boris Bertolt | 16 Dec 2016 14:50:40 | 7641Le pouvoir de Paul Biya ne repose pas simplement sur son « pouvoir du decret », sa capacité à redistribuer la rente politique, la corruption ou encore les appuis diplomatiques. Il s’appui fondamentalement sur un ensemble de ressources imagées et imaginaires au sein de la population qui permettent la perpétuation de manière consciente ou inconsciente du système. C'est-à-dire que s’appuyant sur la théorie de Simone de Beauvoir selon laquelle on ne naît pas femme on le devient, le régime de Paul Biya ne se perpétue que parce que les camerounais dans leur grande majorité y contribuent. Pourtant sont les principales victimes de l’aliénation. Ils n’ont pas d’eau, d’électricité, de soins de santé, de routes, d’universités, sont mal payés, clochardisés, paupérisés, mais vous disent en journée que tout va mal et dans la nuit autour d’une bière insultent le système. Le problème c’est donc le système.
Mais le système résiste parce que depuis la guerre d’indépendance de l’UPC, un ensemble de techniques de contrôle qui entre dans la criminalisation des luttes politiques ont été construites et entretenues. Des représentations du pouvoir ont été construites, la peur instituée. Y compris la peur du changement.
Dire que Paul Biya a amené le tribalisme au Cameroun ne résiste à aucune analyse sérieuse de l’histoire. Paul Biya n’a fait qu’instrumentaliser une donnée ancrée dans l’acte de naissance de ce fruit de l’imbécilité des portugais, allemands, français et britanniques qu’est le Cameroun. Les ethnies ont été construites par les colons afin de séparer les groupes et détruire le ferment d’unité culturelle pouvant constituer un facteur de résistance l’oppression. Par la suite, a été utilisé pour tuer la lutte de libération nationale.
Souvenez-vous des propos de André Marie Mbida sur les Bassa, Lamberton sur les Bamileké. Puis, s’est construite au fil des années des représentations autour du pouvoir selon lequel certaines tribus étaient aptes à gouverner, d’autres à faire le commerce. Là encore il s’agissait simplement de contrôler les dynamiques de pouvoir au sein de l’Etat postcolonial. En fait, il ont été fracturé. Et aujourd'hui le paroxysme de cette fracture se matérialise autour du problème anglophone où certains dénient à leurs compatriotes leur " nationalité". On peut aujourd'hui aisément parler de l’effondrement du Nation ( Si elle l'a été un jour. On pourrait encore en débattre).
Le Cameroun permet de comprendre comment la colonisation peut se poursuivre au 21ème siècle sans que cela ne puisse heurter quiconque. Car les colonisés sont devenus complices. Il n’y a pas et n’a jamais eu de complot contre le Cameroun, il y a une alliance entre les hommes politiques camerounais, les hommes politiques occidentaux et les hommes d’affaires camerounais et occidentaux, pour exploiter le peuple et les ressources comme les colons l’ont fait à l’époque coloniale. En fait la colonisation a pris une nouvelle forme. Elle n’est pas raciale, mais multiethnique. Une bourgeoisie compradore en coaction avec les milieux d’affaires et politiques étrangers oppriment impunément le peuple. La division des camerounais à tous les prix est leur bras armé.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- La nécessaire impopularité des prochains dirigeants
- Richard Makon : « Le gouvernement le plus incompétent »
- Santé de Paul Biya : Ntimbane Bomo interpelle Mvondo Ayolo
- Choléra : l'UE donne 65 millions, le Cameroun dépense le double en Prado
- Paul Biya : retour ou début d'une autre histoire ?
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Cameroun - Paul Biya de retour à Yaoundé jeudi 20 août, annonce RFI
Cameroun - Joël Émile Bamkouï : le retour de l’ex-patron du renseignement
Sénégal - Officiel : Patrick Vieira prend les commandes des Lions de la Teranga
Crise des droits TV, Afrique subsaharienne : Les supporters se tournent vers les solutions mobiles
Cameroun - Matricide à Yaoundé : Landry Batek Yebel condamné à mort
il y a un mois
Cameroun - Capitaine Effoudou accuse Ngoh Ngoh : le clan Baboke riposte
Gabon - Junior Bongo : le fils d'Omar Bongo qui monte
Cameroun - Capitaine Effoudou : « Ngoh Ngoh voulait un coup d'État »
Jamaïque - Rita Marley 80 ans : la reine du reggae fête son jubilé
Cameroun - Rebecca Enonchong face à la SRC : procès le 27 juillet à Douala
il y a un an