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Cameroun: Il est temps de dire non !

En laissant la parole de haine prospérer dans l’espace public, nous avons participé à rigidifier la conception que nous nous faisons de la Nation camerounaise. Aujourd’hui la montée en puissance du tribalisme dans l’espace public fait triompher à n’en point douter la nocivité des politiques d’hier et d’aujourd’hui. Sans doute, Owona-Nguini en descendant dans l’Arène de Canal2 hier, pensait pouvoir se refaire une certaine virginité intellectuelle et populaire après que son image ait été associée, volontairement d’ailleurs au colloque, certes scientifique sur les œuvres sociales de la première dame du Cameroun, mais qui au final, n’a fait que creuser le fossé entre le leader d’opinion d’hier et ceux qui le renient aujourd’hui.

Mathias Eric Owona-Nguini, ami des sans-voix, comprend que le plan de sa mise à mort public est dressé à la fois par les siens et par ses ennemis sur la seule base de l’ethnie. Il est le fils d’une ponte du régime crie la foule, il est traitre rétorque ses parents. Goguenard face à cette foule qui veut sa tête, Owona-Nguini veut réguler, veut analyser mais il ne peut plus, puisque de toutes les façons personne ne souhaite l’accueillir ni organiser ses obsèques. Ce que l’on veut c’est sa tête, il aura beau se faire « Seigneur », courir dans la maison paternelle ou revendiquer son indépendance née de son éducation bourgeoise, rien à faire !

Mais enfin, ce qui est vrai aujourd’hui pour Mathias Eric Owona-Nguini le sera demain pour d’autres si la République ne parvient pas à réorienter fondamentalement la construction du « nous-commun » auquel je fais référence depuis deux décennies.

La succession au sommet de l’Etat à base tribale que nous voulons nous imposer en nous appuyant sur les limites de la construction de notre « nous-commun » engendrera une implosion de longue durée dont le Cameroun et son peuple, dans les quatre coins de son territoire sortiront exsangues. Il est temps de dire non. Nous devons reconnaître que nous avons encore beaucoup à faire pour construire notre pays et aucune main n’est de trop, cette main ne doit et ne peut qu’être que camerounaise de sang ou d’adoption, elle ne doit se reconnaitre d’aucune région sinon du Cameroun, elle ne doit avoir pour seul combat que la lutte pour le bien-être de tous. Il est temps de nous dire que l’état actuel de notre pays est à la fois une œuvre humaine et un inachèvement de sa construction. Nous devons donc retrousser nos manches et nous mettre au travail, car oui l’œuvre de l’homme n’est pas terminée et personne oui personne ne parasite sa présence au Cameroun. C’est aujourd’hui que nous posons les bases du Cameroun de demain qui ne se construira pas dans une course effrénée au « ndolé national », non le Cameroun comme pays n’est pas un gibier à dépecer, un gâteau voire des gisements d’or ou de diamants à se partager.

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