Cameroun - Revendications et mobilisation : La surenchère du vendredi
© Cameroon Tribune : BADJANG Ba NKEN | 16 May 2016 12:35:25 | 5620Depuis quelque temps, un groupe de leaders politiques et d’acteurs de la société civile a lancé une opération appelée « Vendredi noir ». Concrètement, les initiateurs de cette action qui déclarent avoir adressé de nombreuses doléances aux autorités publiques sans suite favorable, invitent leurs sympathisants à revêtir tous les vendredis des tenues noires, pour exprimer leur mécontentement. Ils espèrent ainsi rallier de nombreux Camerounais à leur cause et, ce faisant, contraindre le gouvernement à agir conformément à leurs attentes.
A l’heure du premier bilan du « vendredi noir », plusieurs constats s’imposent.
- L’opération est invisible sur le terrain. Il faut approcher les sièges des formations politiques impliquées pour apercevoir quelques personnes allant et venant vêtues de noir.
- Les personnes arborant ces tenues dans les villes camerounaises le vendredi vont pour l’essentiel à la morgue où à l’église ou en reviennent. Cette journée étant généralement consacrée à la levée des corps.
- La plupart des Camerounais interrogés disent n’avoir jamais entendu parler du Vendredi noir, ou en ont une idée vague.
- Les leaders politiques de la société civile à qui les initiateurs du « Vendredi noir » ont fait un appel du pied, en vue de gonfler ce mouvement ont rejeté l’offre. Refusant de se rendre complices d’une opération qui pourrait entraîner le pays vers des horizons sombres incertains.
- C’est davantage dans certains médias occidentaux et sur les réseaux sociaux qu’on tente assez maladroitement du reste de faire exister le « Vendredi noir ». Au point que de nombreux Camerounais vivant dans le triangle national en viennent à se demander si c’est bien de leur pays qu’on parle.
A l’heure des grandes manœuvres dans la perspective des futures échéances politiques, tandis que les Camerounais attendent des projets de société alternatifs crédibles, on est tenté de se demander si les initiateurs du « Vendredi noir » ne sont pas des hommes et des femmes en panne d’imagination, mais suffisamment opportunistes pour se donner de la contenance et une visibilité usurpée ? Leur objectif ne serait-il pas prioritairement d’exister à tout prix à travers des initiatives teintées de populisme ?
L’indifférence et l’apathie observées depuis l’appel lancé il y a peu en faveur d’une mobilisation populaire tous les vendredis, attestent de la maturité du peuple camerounais qui sait de quel côté se trouvent ses intérêts.
Tous les analystes et observateurs objectifs attestent, qu’en dépit de chocs exogènes d’envergure aux plans économique et sécuritaire, le Cameroun a su demeurer un pays stable et attrayant pour les investissements. En témoigne ce taux de croissance de près de 6% enregistré en 2014 et 2015 par l’économie nationale. Largement au-dessus de la moyenne sous-régionale et africaine. Une performance résultant d’une résilience qui, elle-même, n’est pas fortuite.
C’est, en effet, l’heureux aboutissement d’efforts conjugués et de sacrifices consentis, mais aussi de politiques et stratégies conduites avec courage, efficience et détermination. Avec l’achèvement en vue de plusieurs projets structurants, l’on peut jurer que le meilleur est à venir par rapport à la lutte contre la pauvreté et corrélativement, l’amélioration constante du quotidien des populations qui représentent un axe majeur de la politique du président Paul Biya. Dans un tel contexte qui requiert une mobilisation générale et un consensus patriotique en vue de consolider les acquis, il est pour le moins étonnant que se fassent entendre de nouveau les sirènes de la division.
Les surenchères autour du fameux « Vendredi noir » laissent songeur. Elles trahissent, en tout cas, des motivations malsaines. Il s’agit, ni plus ni moins, d’une dangereuse diversion visant à déconstruire le socle que patiemment, avec foi et engagement, les Camerounais de tous bords ont su bâtir. Autour des valeurs partagées de paix, de concorde, de solidarité et, par-dessus tout, du vouloir-vivre ensemble.
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