Les chances d’un changement politique de façade au Cameroun sont élevées
© Correspondance : Léon Tuam | 06 May 2016 13:00:32 | 5258Avec la peur maladive et les maladresses que secrète le pouvoir néocolonial en place au Cameroun, nous pouvons dorénavant douter de tout sauf d’un changement politique imminent. Toutefois, tout laisse voir à l’analyse qu’il ne s’agirait pas de celui tant voulu et tant attendu par le peuple d’Um Nyobé.
Cela vient de ce que les acteurs politiques du changement politique au Cameroun manquent de réalisme, de pragmatisme et de socle assez solide et fiable pouvant produire le bon résultat escompté.
A moins que les gens qui aspirent à ce changement politique soient en train de ne viser qu’un de forme et non de fond et très en profondeur, il est à noter que ces acteurs porteurs d’ambitions de libérer le pays des griffes du régime néocolonial incarné par Paul Biya et son parti-Etat s’orientent et avancent mal.
Une première libération du Cameroun requiert la naissance et la fortification des forces de la résistance variées et fusionnées, embrassant tous les secteurs de la vie nationale ou toutes ses richesses, du nord au sud et de l’est à l’ouest.
Ainsi, il faut au Cameroun au sein des syndicats des gens bien organisés de la résistance ; il faut au Cameroun des artistes regroupés de la résistance ; il faut des intellectuels et écrivains de la résistance ; il faut au sein des congrégations religieuses et groupes culturels des acteurs de la résistance.
Il faut le dire pour continuer que le système mis sur pied au Cameroun est plus corsé et plus coriace, et qu’il faut au sein des corps en uniformes des éléments de la résistance ou ceux favorables à la résistance. Aussi et surtout, il faut dans les milieux d’affaires des forces de la résistance, etc.
Tous ces différents groupes de résistants devraient être tous connectés à un point central au final, pour rendre la lutte libératrice plus efficace et en accroitre les chances de triomphe. Mais au juste, au Cameroun, où en est-on ?
L’on a affaire ici à des gens qui souvent regardent la politique comme des producteurs de tomates qui plantent et récoltent les fruits de leur travail immédiatement. Oui, plus le temps passe et le bon résultat tarde, ils se dédisent et parfois se retrouvent dans les mêmes fanges que ceux du pouvoir qu’ils en critiquent la politique et combattent.
Ces acteurs du changement politique souvent posent des actes spontanés, incoordonnés, puérils, superficiels et parfois dilatoires, et puis se retirent dans leurs coquilles après avoir ainsi masturbé leurs consciences et s’être convaincus de s’acquitter d’un devoir digne de grands patriotes.
D’autres par contre génèrent et éparpillent ou sèment des rêves loin du bercail, focalisent ou s’efforcent de focaliser sur leur propre personne toute l’attention d’un peuple humilié, fragilisé et traumatisé, et se disent en route pour leur pays.
Bien que le peuple camerounais soit l’un des plus éveillés d’Afrique, il manque encore à ses forces du changement d’entente et de la détermination pour aller au fond des choses. A peine ont-ils entrepris quelque chose de grand que le jeu, la trahison et d’autres choses les prennent et royalement les dévoient.
Sincèrement, les chances d’un changement politique de façade au Cameroun sont élevées. Ce qui est arrivé au Burkina Faso, où les bourreaux d’hier se sont retrouvés au pouvoir, est en passe de se reproduire au Cameroun. Les patriotes et souverainistes doivent tout revoir s’ils veulent vraiment ce pays libre. Il faut dans ce pays un faisceau fort des résistants.
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