CAMEROUN :: Atanga Nji déchire les livres de Mebera, Olanguena et Marafa :: CAMEROON
© Le Jour : Assongmo Necdem | 18 Mar 2016 00:53:12 | 12411Connu pour son soutien sans faille à Paul Biya, ce ministre et cadre du Rdpc ne reconnaît aucun patriotisme aux prisonniers de l’Epervier.
Les prisonniers de l’opération Epervier écrivent et les réactions suivent. Voici la première contre-attaque du Rdpc en bonne et due forme, au lendemain de la parution du livre de Urbain Olanguena Awono, ex-membre du gouvernement, condamné pour détournement de fonds publics.
Paul Atanga Nji a pris l’étiquette de membre du comité central du Rdpc, pour rédiger la tribune qui tient sur toute la page 9 dans l’édition de Cameroon Tribune d’hier, 16 mars 2016. Mais il est bon de rappeler que ce cadre du parti au pouvoir est aussi président de la section Mezam I dans la région du Nord-Ouest. Au sein de l’appareil gouvernant de l’Etat, il occupe les fonctions de ministre chargé de mission à la présidence de la République et celles de secrétaire permanent du conseil national de la sécurité.
Paul Atanga Nji ne répond pas seulement à Olanguena Awono, auteur du livre intitulé « Mensonge d’Etat. Déserts de république au Cameroun », paru le 3 mars dernier aux Editions du Schabel à Yaoundé. La tribune parue dans Cameroon Tribune s’attaque aussi frontalement aux ouvrages de deux autres anciens ministres, devenus des prisonniers de l’opération Epervier. Il s’agit d’une part, de Jean Marie Atangana Mebara dont le dernier livre, « Le secrétaire général de la Présidence de la République au Cameroun : entre mythes, textes et réalités », est sorti cette même année 2016 chez L’Harmattan Paris. D’autre part, Atanga Nji écrit contre Marafa Hamidou Yaya qui, en novembre 2014, publiait « Le Choix de l’action. Mes dix ans au Minat », aux éditions du Schabel. Encore.
Paul Atanga Nji invite à ne pas se méprendre sur le compte de ces trois « écrivains de circonstance ». Il affirme : « (…) Il est surprenant de constater que ces anciens hauts commis de l’Etat prétendent tous être détenus pour des raisons politiques et non pour des délits de droit commun. Et comme par enchantement, chacun se met dans la posture d’un homme politique d’envergure qui aurait passé sa vie à servir le pays. »
Un tel raisonnement ne tient pas la route, renchérit Atanga Nji car, « prétendre avoir un destin national parce qu’on a occupé des fonctions ministérielles est une absurdité totale ». Plus loin, il écrit : « Ils (Mebara et compagnie) devraient se rappeler qu’au moment où le Chef de l’Etat avait décidé de les nommer, ils n’avaient aucun état de service pouvant démontrer leur amour pour la patrie. »
On croirait lire Jacques Fame Ndongo, autre ministre et cadre du Rdpc, reconnaissant que tous ses camarades et luimême sont des « créatures » de qui on sait. Mebara, Marafa et Olanguena n’échappent donc pas à cette vérité implacable, pour qui connaît l’hyper-présidentialisme en vigueur au Cameroun.
Aussi, Atanga Nji semble-t-il reconnaître que Paul Biya fait et défait ses créatures. Il écrit en effet : « (…) le Chef de l’Etat, de manière discrétionnaire, nomme aux fonctions civiles et militaires, et peut à tout moment révoquer les personnes nommées ». Lui-même, l’avocat défenseur d’aujourd’hui, n’est pas moins une créature du créateur. Lui qui occupe encore de hautes fonctions au sein du parti et dans le système gouvernant. Lui qui a déjà été convoqué au Tribunal criminel spécial (Tcs) dans le cadre de l’enquête sur les détournements de fonds publics à la Campost. Il n’empêche que l’homme défend la justice camerounaise que Mebara et les autres accusent.
Atanga Nji note qu’aucune condamnation n’a été prononcée sans d’abord des enquêtes préliminaires de police judiciaire, ensuite une information judiciaire menée par un juge d’instruction, enfin un procès public. Conclusion : il n’y a point de personnes en prison parce qu’elles auraient eu des ambitions présidentielles. L’argumentation est étayée par l’exemple de deux personnalités ayant démissionné du gouvernement pour devenir des opposants politiques : Garga Haman Adji et Maurice Kamto.
Qui est patriote ?
Par ailleurs, si Paul Atanga Nji nie tout nationalisme et tout patriotisme à ceux qui sont détenus aujourd’hui, il reconnaît à plusieurs de ses camarades du parti et à lui-même un destin de patriote. Ce sont les Victor Fotso, Joseph Kadji Defosso, feue Françoise Foning, Alhadji Abbo Mohamadou et d’autres dont il ne cite pas les noms, qui s’étaient illustrés en 1990-1992, en soutenant économiquement le pouvoir chancelant de M. Biya, en disant non aux « villes mortes », à la « conférence nationale souveraine » et au multipartisme, même si celui-ci advint finalement.
« C’est pendant cette période qu’il fallait montrer son engagement politique sans faille au Chef de l’Etat, à sa formation politique, le Rdpc, et son amour à la patrie. Malheureusement, l’opinion nationale n’avait enregistré aucune réflexion de Marafa Hamidou Yaya, de Jean Marie Atangana Mebara encore moins de Urbain Olanguena Awono », écrit Paul Atanga Nji. Au passage, il rappelle qu’en 1990, lui, jeune opérateur économique de l’époque, avait offert 100 taxis à l’Etat pour lutter contre les villes mortes à Douala. Voilà donc le sens que Paul Atanga Nji donne au patriotisme et au nationalisme dans ce pays.
Dans tous les cas, ce haut commis de l’Etat s’assume, lui qui a si souvent pris les devants dans des moments graves, pour défendre Paul Biya et son système. En février dernier, le même Atanga Nji donnait le ton des appels à une élection présidentielle anticipée à laquelle Paul Biya serait naturellement candidat. Il avait pris la tête des 14 signataires d’une motion de soutien. On l’avait vu en 2008, aux côtés de Jacques Fame Ndongo ou encore de Françoise Foning, battre campagne pour la modification constitutionnelle qui a ouvert à Paul Biya une présidence à vie.
Issu d’une riche famille et crédité d’une grande fortune, Paul Atanga Nji est connu au sein du Rdpc comme un grand contributeur financier. Tout comme il compte parmi les principaux artisans de la percée du parti au pouvoir dans le Nord-Ouest, sa région d’origine, mais surtout le bastion du Sdf de Ni John Fru Ndi. Allez y voir les 7 sièges de député et les 19 communes remportés en 2013. Dix ans plus tôt, le parti de Paul Biya n’y avait qu’une marie et un député.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
LE DéBAT
:: Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
:: Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
:: Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
:: Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
:: Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
:: La problématique du changement de nom en droit comparé
:: Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
:: L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
:: Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
:: La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
CAMEROUN :: Paradoxe,un peuple réclame l'immolation d'un voleur de chèvre mais soutient un voleur de milliards :: CAMEROON
Assises de l’association des élus français au Cameroun : Entre boycott politique à Yaoundé et Paris :: CAMEROON
Visa France : le Cameroun seul visé par de nouvelles règles :: CAMEROON
CAMEROUN :: « La Croqueuse de Diamants » traînée en justice pour body filler :: CAMEROON
CAMEROUN :: Affaire Zogo : Amougou Belinga retente sa liberté :: CAMEROON
il y a un mois
Inhumation d'Edgar Lungu en Afrique du Sud: Verdict en faveur de la famille en appel :: SOUTH AFRICA
CAMEROUN :: "Maman Kamto" est morte :: CAMEROON
Orange Music Talents Saison 2 : Orange Cameroun relance la quête des futures stars de la musique :: CAMEROON
CAMEROUN :: Liberté d’expression : Peut-on impunément s’interroger sur la santé du président ? :: CAMEROON
CAMEROUN :: ACTEM mobilise la communauté ELOG-MPO’O autour des grands défis de 2026 :: CAMEROON
il y a un an