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Cameroun - Nécrologie : 400.000Fcfa réclamés à la famille de la petite Eva

C’est le montant  exigé  à la famille pour la levée de corps de la petite Eva, qui a été assassinée  dans des conditions encore troubles, apprend-on.

Une somme qui a arraché des larmes à la quasi-totalité des  hommes, femmes  et amis venus nombreux soutenir la famille à la douloureuse épreuve. «Où va le monde, avec tout ce que cette famille a subi, on ose demander une lourde somme!», lance en larmes une dame venue assister aux obsèques de la petite fille.

En effet,  la famille de la jeune Eva assassinée le 3 février 2016, a été forcée de verser la somme de 400.000Fcfa pour le retrait du corps de cette dernière à la morgue. «On s’est battu, on s’est endetté,   parce qu’on voulait le corps de notre petite fille chérie, afin de lui réserver des obsèques dignes de ce nom. Nous n’avons pas voulu enterrer le cercueil vide. Voilà pourquoi il fallait tout faire pour payer les frais», explique une source proche de la famille de la victime.

D’après les informations recueillies, la famille a pu faire la collecte grâce aux âmes de bonne  volonté  afin que la petite Eva regagne sa dernière demeure.  Bien plus, d’autres informations révèlent que ce montant réclamé est reversé pour servir  aux  enquêtes qui ont permis de retrouver le corps de la défunte : «on a remis le corps de la petite Eva à la famille en échange de 400000Fcfa encaissé par les autorités pour frais d’enquête  de l'assassinat» révèle notre source.

Toutefois, les interrogations n’ont cessé de tarauder les esprits des uns et des autres. Certains en sont à se demander, «comment une famille attristée par une telle tragédie, d’une atrocité indescriptible, peut-elle être soumise à une telle exigence. Comment a-t-elle fait pour  gérer  une collecte de fonds exigés  pour retirer le corps d’un enfant qui devrait bénéficier  d'une aide publique?», avons-nous entendu de part et d’autre.

«J’ai tellement honte de mon pays, parce qu’une famille comme celle d’Eva qui a subi un coup de poignard à travers la mort tragique de cette dernière ne devrait plus se retrouver entrain de verser forcement un montant énorme. Cela devrait se faire gratuitement car cela relève de la compétence des autorités», hurle une dame.

Pour rappel, la petite Eva Deupe Kamgan avait été retrouvée morte  avec la tête tranchée, le mercredi 3 février 2016 dans  un petit ruisseau au quartier Makèpè-Missokè, un quartier situé dans l’arrondissement de Douala 5e. Un moment d’intense émotion et surtout de pleurs. Le corps sans tête de la petite âme innocente qui a ouvert la piste à toutes les interprétations dont la plus actuelle reste celle d’un crime  rituel commis par des personnes qualifiées par l’immense majorité de barbares, de criminels sans cœurs.

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