Cameroun - Un homme s’immole pour dénoncer la corruption de la police
© L’Oeil du Sahel : DAVID WENAI | 23 Nov 2015 13:24:57 | 7126Un policier lui réclamait un bakchich de 200.000 FCFA pour la libération de sa fille.
Alhadji Hamadou Saidou a rendu l’âme dans la nuit du 7 au 8 novembre 2015 au Centre Médical de l’Afrique de l’Ouest de Meskine, une structure hospitalière. Selon des sources médicales, il est mort des suites de blessures graves causées par sa tentative de s’immoler. Un acte rare dans la partie septentrionale du pays. Pourquoi est-il arrivé à cette solution extrémiste ? Selon nos informations, tout serait parti d’une bagarre au quartier Doualaré à Maroua, le 25 octobre 2015, entre sa fille Maou-Za et son amie.
Circonstance aggravante pour Maou-Za, son amie, enceinte de trois mois, est contrainte d’avorter au lendemain de la rixe. Raison pour laquelle le père de la victime, le nommé Bachirou, dépose une plainte à la police judiciaire contre Maou-Za. La mise en cause est interpellée le 02 novembre 2015 et placée en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire à Maroua. Selon des sources internes à la police, l’enquête est confiée à l’officier de police Ngoike Elisé. Bon prince, celui-ci propose aux familles un règlement à l’amiable. L’idée est bien accueillie par les deux parties, heureuses de trouver une solution rapide à ce différend. Sur ces entrefaites, Sadjo, époux de Maou-Za, et son beau-père Alhadji Hamadou Saidou, versent la somme de 500.000 Fcfa au plaignant afin d’obtenir, comme arrêté de commun accord, son désistement.
Alors que la famille s’attend à la libération de Maou-Za, c’est un coup de théâtre : un officier de police leur réclame la rondelette somme de 200.000 Fcfa, représentant dit-il, la «kola» du commissaire principal Moapeum Anselme, patron local de la police judiciaire, et le bakchich du procureur de la République. Et ce, pour que «l’affaire s’éteigne définitivement». A bout de souffle financièrement, le père de Maou-Za ne peut répondre à la demande de l’officier. Il ne possède plus un seul centime pour faire le «dernier effort» et sortir sa fille des geôles de la police. Humilié, plongé dans un profond remord du fait de son incapacité à sauver son rejeton, il va se donner la mort. Non sans accomplir un geste qui fera date. «Nous pensons qu’il voulait marquer les esprits. Il en avait après la police, après ces rackets incessants. Il disait avoir fourni des efforts avec son beau-fils pour mobiliser 500.000 Fcfa et voilà que les policiers en redemandaient encore 200.
Avant sa mort, il n’avait de cesse de tempêter. Il n’avait pas d’autres problèmes que celui de son honneur», explique un membre de la famille. Pour l’heure, une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur la tragique disparition de ce père de famille qui laisse une veuve et plusieurs enfants. Après sa mort, sa fille Moua-Za a été libérée. Trop tard pour le vieil homme qui a préféré la mort à la corruption.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- BAZOU EXPO DAYS 2026 : Bazou met son savoir-faire à l’honneur
- Yaoundé insolite au palais présidentiel : Un militaire du BIR venu "prendre le pouvoir" aux arrêts
- Foumban : une mère meurt après un repas, deux enfants hospitalisés
- Nucléaire : Tchuente à Vienne pendant que le pays s'éteint
- Me Zeifman ressuscite le téléphone disparu de Melissa Amougou
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Russie - Lavrov à l’Europe : « La guerre sera très courte »
Ukraine : Zelensky réclame 27 milliards, l'Europe s'interroge
Villes intelligentes et économie mobile Comment l'Afrique Centrale accélère sa transition numérique
États-Unis - 25 ans après, New York commémore le 11 septembre 2001 au Pentagone
Cameroun - Inondations Douala 5e : Sable et Bonamoussadi sous les eaux
il y a un mois
Cameroun - Joël Émile Bamkouï : le retour de l’ex-patron du renseignement
Cameroun - Paul Biya de retour à Yaoundé jeudi 20 août, annonce RFI
Sénégal - Officiel : Patrick Vieira prend les commandes des Lions de la Teranga
Crise des droits TV, Afrique subsaharienne : Les supporters se tournent vers les solutions mobiles
Cameroun - Matricide à Yaoundé : Landry Batek Yebel condamné à mort
il y a un an