DÉPENSES PUBLIQUES : Quand Manuel Valls parle au gouvernement camerounais
© L'Epervier : Minlo Enyegue | 22 Jun 2015 01:51:19 | 6869Le premier ministre français accablé par de vives critiques de la classe politique et la société civile sur son déplacement en Allemagne en compagnie de sa famille pour prendre part à la finale de la ligue européenne de champion, s’est résolue à rembourser les frais dépensés pour le déplacement de ses enfants.
Le premier ministre français Manuel Valls que les observateurs et les sondages disent, qu’il serait le membre du gouvernement le plus célèbre du gouvernement de François Hollande, vient une nouvelle fois de donner une bonne réplique à ceux qui estimaient à tort, qu’il venait de commettre l’irréparable. En effet, depuis mercredi dernier soit quatre jours après la finale de la ligue européenne de champion qui se tenait en Allemagne qui a connu sa participation( déplacement officiel) avec ses deux enfants, Manuel Valls a décidé non pas de rembourser, mais d’assurer la prise en charge à hauteur de 2500 euros représentant le déplacement de ses deux enfants à Berlin.
Ceci au lendemain de vives critiques que ce déplacement a suscité au sein de l’opinion publique française. Cette opinion s’offusquait du fait, que le premier ministre français se soit payé le luxe de se rendre en Allemagne au frais du contribuable pour assister à la finale de la ligue européenne des champions. Pour une bonne partie de l’opinion, la réaction du premier ministre français bien que tardive est salutaire et témoigne de la réelle volonté à s’inscrire dans l’esprit et l’engagement pris par le chef de l’exécutif en faveur de la réduction de la dépense.
Le Cameroun
La situation du premier ministre français est parlante à plus d’un titre dans un Cameroun où le gaspillage du bien public a été érigé en règle absolu. Pas plus tard qu’au 09 décembre 2014, le président de la République lors du conseil des ministres a encore appelé à la réduction du train de l’Etat. Mais sur le terrain, le constat est effarent, les membres du gouvernement et assimilés ne boudent pas le plaisir de dépenser à chaque occasion des biens publics. Il n’y a qu’à observer les cérémonies d’installation de nouveaux responsables ou encore la traditionnelle cérémonie de présentation de voeux qui sont transformées en fêtes géantes avec des factures qui coûtent les yeux de la tête à l’Etat.
Combien de ministres ont séjourné hors du Cameroun sans parfois l’aval du chef de l’exécutif qu’est le président de la République ou du premier ministre chef du gouvernement ? Pas plus tard que le 03 juin dernier, le ministre des finances Alamine Ousmane Mey, selon des sources dignes de foi a été rappelé manu militari au Cameroun alors que ce dernier était en voyage hors du pays sans l’aval de sa hiérarchie. Ce dernier aurait même menacé de jeter l’éponge pour signifier son mécontentement. D’autres par contre voyagent avec dans leurs bagages des maîtresses qui ne sont concernés ni de près ni de loin dans la mission pour laquelle l’autorisation a été délivrée. Dans les lieux de service, le téléphone, l’électricité, le carburant et les autres dépensés sont mises sur le dos de l’Etat. Mais personne n’ose penser à une quelconque limitation des dépenses. On est ainsi tenté de penser que s’il y avait seulement deux Manuel Valls dans ce gouvernement, les dépenses seraient réduites au moins de moitié.
Pour certains observateurs, la faute à la société civile camerounaise et aux partis politiques de l’opposition qui ne jouent pas pleinement leur rôle. Ils en veulent pour preuve le fait que ce n’est pas le gouvernement encore moins le président de la République qui a fait pression sur le premier ministre français, il s’agissait bien de l’opposition et de la société civile. L’échec de ces actions observées au Cameroun est en grande partie celle de ces deux entités dont le rôle est incontournable dans le contrôle de l’action gouvernementale.
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