Cameroun - Emeutes de Février 2008 : Le gouvernement ignore les familles des victimes
© Mutations : Aristide Ekambi | 28 Feb 2015 08:17:01 | 5274Sept ans après le drame, elles s’en remettent désormais à la justice divine. Il est plus de 16h, nous sommes à la rue où se situe l’hôpital Emilie Saker à Akwa. En face, se trouve une résidence. C’est celle du père de l’une des victimes des émeutes de février 2008, Joseph Kouo Issedou. Le maitre de céans fait la sieste à l’intérieur. Le reporter de Mutations appui sur la sonnerie et le frère cadet de Kouo Issedou, prénommé Christian, vient ouvrir la porte. Il ne se doute pas de l’objet de la visite de l’homme qui frappe à la porte. Il l’invite à s’asseoir pour attendre son père. Prévenu, l’hôte est rejoint par le maitre des lieux qui l’invite à rentrer dans la maison. Sur un mur, le visiteur aperçoit aussitôt un grand portrait. Celui du fils de Joseph Issedou décédé le 25 février 2008 aux alentours de 10heures.
Le père de la victime tient un bloc note en main. Averti de l’arrivée du reporter et il a pris la peine de se replonger dans ses souvenirs pour relater ce triste moment de sa vie.
Son fils âgé à l’époque de 15 ans avait suivi ses camarades par curiosité le matin du jour du 25 février 2008. Laissant ses frères à la maison. Quelques heures plus tard, « mon mécanicien, un ami de la famille, raconte notre interlocuteur, m’appelle pour me dire qu’un enfant vient d’être tué par balle devant l’hôtel Lewat. Il me semble que c’est votre fils. Et je lui ai dis de me décrire son habillement. C’est alors que j’ai compris ce qui venait d’arriver » relate le père de la victime. Avant d’ajouter que pendant deux ans, il n’a pas pu prendre la parole pour évoquer cette triste affaire.
Entre-temps, l’épouse de Joseph Kouo Issedou fait son apparition. A l’évocation du sujet, elle fond en larmes. L’ayant élevé comme son fils, elle n’ose tout simplement pas en parler. Il y à peine quelques années qu’elle et son mari ont décidé de tourner la page et d’essayer d’avancer.
« Il a été inhumé le 9 mars 2008, un jour avant mon anniversaire. Nous n’avons reçu aucun message de réconfort de personne, ni de l’Etat, ni de l’opposition camerounaise. Nous sommes seulement surpris que des marches soient organisées pour soutenir notre armée encore que je n’ai rien contre. Mais cette même mobilisation pour nos enfants morts durant ces émeutes pour la liberté du Cameroun aurait suffit à nous réconforter», renchérit le père de la victime. Plus que jamais déterminé, Joseph Kouo précise qu’il ne va tourner cette page tragique de son histoire que le jour les dirigeants camerounais vont gouverner ce pays comme des personnes qui l’aime. Car, selon lui, le Cameroun est piloté avec des baïonnettes. Désormais ce parent et les familles des autres victimes approchées par Mutations s’en remettent à la justice divine afin que les coupables soient punis.
Le bilan de ces massacres des populations civiles perpétrées par les forces de l’ordre au Cameroun a été évalué par une source indépendante, l’Observatoire National des droits de l’Homme du Cameroun (Ondh) – appuyée par des associations telles l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat-Littoral et France) – a 136 tués et a environ 3.000 arrestations. Le gouvernement quant à lui a reconnu un bilan officiel de 40 morts et de 1671 personnes interpellées.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Nkongsamba : deux membres d’un gang arrêtés à Coplatel
- Affaire Fouda-Mbapou : les auditions de septembre qui peuvent tout relancer au Cameroun
- Crise anglophone : Bamenda se réveille sous les tirs, la panique gagne plusieurs quartiers
- AIVDP:57,8 millions de dollars investis pour transformer les chaînes de valeur agricole
- 2000 Kits Scolaires de la Fondation Orange aux enfants des déplacés Internes à MAKENENE
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
il y a un mois
Cameroun - Emmanuel Gérard Ondo Ndong n’aura pas survécu à sa liberté
Ecobank Cameroun : 25 ans dejà, des milliards mobilisés, un développement partagé.
Cameroun - Nourane Foster dénonce : la route de tous les dangers
CAN féminine : Le Cameroun sacré champion ! (3-0)
Mveng vs Effoudou : Le clash qui secoue les médias camerounais
il y a un an