Cameroun - Velléités successorales : Les enfants Manga séquestrent la dépouille de leur frère.
© Aurore Plus : Muna Dimbambe | 26 Jan 2015 16:29:58 | 11752Engluée dans des batailles successorales à n’en pas finir, la succession Mbella Manga vient de franchir le rubicond, avec le décès le 04 janvier 2015, suite à une attaque vasculo-cardiaque de Richard Manga, considéré depuis quelques années comme un véritable empêcheur de tourner en rond.
Mais loin du drame que vit cette noble famille, ses membres ne semblent guère vouloir observer quelque accalmie, ne serait-ce pour accorder au défunt Richard Manga, des obsèques dignes mais aussi et surtout pour définitivement taire les dissensions familiales intestines articulées, il faut le dire, sur la dévolution des biens multiformes légués par le défunt père et singulièrement les biens immobiliers. Si le fait est plutôt récurrent en milieu sawa dont sont issus les différents enfants, en l’occurrence Henri Manga, Charles Adalbert Manga, Louis Roger Manga et le défunt Richard Manga, tous ne semblent pas partager cette propension plutôt morbide qui y a généré les dissensions évoquées supra. Car, autant comme mu par quelque vision prémonitoire le défunt Manga s’insurgeait de son vivant quant à l’immixtion indue des excroissances familiales et singulièrement de celle qui de tout temps œuvra à éclater la cellule nucléaire familiale pour indument hériter d’une des propriétés jouxtant la résidence du défunt Richard Manga sise au lieudit Bali avant le Carrefour Kayo Elie : la dénommée Tiki. Autant ses frères n’intégrèrent point ladite vision, en dépit des preuves irréfutables qu’il leur servit, afin de les prémunir de ses visées démoniaques à plus d’un titre. Dès lors, il s’en suivit outre des décès inexpliqués au sein de ladite famille, qu’une animosité entre les piliers de celle-ci, notamment entre les frères Manga, littéralement obnubilés par les pratiques plutôt peu orthodoxes de la même Tiki.
Enlisement
Bien évidemment, en pareille circonstance on a tôt fait de désigner quelque bouc-émissaire pour disposer de quelque paravent et pire, d’une victime expiatoire. Et en le cas d’espèce, Carliste Manga était toute indiquée, aussi longtemps que son défunt époux Richard Manga se présentait comme le véritable frein pour l’assouvissement des sombres desseins de Tiki. Aussi n’hésitera-t-elle pas à affubler cette dernière des attributs de sorcière, doublée d’adepte d’envoûtement lui ayant permis de tourner en véritable bourrique son défunt époux. En fait, réalisant la complémentarité opérationnelle au sein du couple Richard Manga, Tiki crut y fonder sa détermination à saborder la nécessaire solidarité familiale pour faire de la maxime : «diviser pour mieux régner», une réalité qui lui faciliterait la manipulation conséquente des autres membres de la succession Mbella Manga et singulièrement ceux considérés à tort ou à raison comme piliers de celle-ci : Louis Roger Manga et dans une moindre mesure, Henri Manga. Ce d’autant plus que Charles Adalbert Manga ne peut se prévaloir de quelque rôle de premier plan au sein de ladite succession, se référant chaque fois à Louis Roger Manga, eu égard à sa posture de Dg de la Maetur, quand bien même il est pourtant de notoriété qu’il a accédé audit poste et cinq jours seulement après sa nomination, il était condamné pour filouterie foncière. Si le fait semble anodin pour le commun des Camerounais, il pourrait cependant expliquer amplement l’acharnement qui fut le sien à l’encontre de son défunt frère.
A preuve, alors que ce dernier est interné suite à l’attaque qui l’emporta, il n’hésita guère à faire une descente musclée en la résidence qu’occupait indument la même Tiki contre laquelle le défunt avait pourtant obtenu une décision d’expulsion des instances juridiques compétentes saisies à l’effet d’en dénoncer les nuisances multiformes. Mais comme tout crime charrie des imperfections, Louis Roger Manga était loin de s’imaginer que sur ces entrefaites, il serait littéralement pris la main dans le sac par Carliste Manga, l’épouse de son défunt frère qui saisit illico les forces de l’ordre pour altérer ses intentions malveillantes visant entre autres l’occupation toute aussi indue que celle de Tiki, de la résidence jouxtant la leur. Et quand bien même le même Louis Roger Manga parvint à y apposer un cadenas, il ne put y accéder comme il entendait.
Or, reniant les évidences que leur produisit de son vivant leur défunt frère, Charles Adalbert, Louis Roger et Henri Manga continuèrent plutôt à faire littéralement allégeance à Tiki, non sans accumuler des griefs indus à l’encontre de leur défunt frère Richard et son épouse Carliste Manga. Sinon, comment penser qu’alors qu’il est interné depuis fin octobre 2014, ces derniers ne lui rendirent visite qu’à la mi-novembre, au sortir du reste des récriminations à l’encontre de son épouse indexée prétendument pour séquestration du défunt ? Pourtant, aussitôt que ce dernier eut son attaque en octobre ils furent au courant littéralement minute by minute de l’évolution aussi bien de son état de santé que des exigences pécuniaires que celui-ci entraînait, par l’entremise de Charles Adalbert Manga que s’obligea de saisir Carliste Manga.
Faux-fuyants
En fait, nourrissant un sombre dessein et convaincus de ce que leur frère passera enfin la main, ces derniers multiplièrent plutôt des artifices pour se l’approprier en exigeant notamment de son épouse qu’il soit transféré de la clinique Muna pour Yaoundé, quand bien même son état sanitaire ne l’y autorisait guère. Fort heureusement, Carliste son épouse n’y céda pas, surtout que ses frères se débinèrent chaque fois qu’il fallut assurer le financement des frais d’hospitalisation quand bien même ils débloquèrent un peu plus de deux millions de F Cfa sur une facture globale de plus de dix millions de F Cfa supportés par l’épouse et les proches du défunt. Mais loin de se décourager, cette dernière continua à sa battre pour assurer les traitements les mieux à même de rallonger l’existence terrestre de son défunt époux, aidée en cela par les convictions du personnel soignant qui entretenait des espoirs d’une guérison au bout.
C’est à ce titre qu’elle adhéra à la suggestion de lui faire subir des séances de rééducation à Kribi, sous la supervision médicale de personnels sanitaires aguerris aux cas de son genre, nécessitant à la fois attention et expertise. Si par malheur il succomba davantage à l’embolie pulmonaire qui el rongeait, ses frères y virent plutôt un «assassinat mystique» imputable à son épouse, avec la complicité agissante d’un de leurs fils. Une aberration en somme, alors que le rapport du médecin légiste se voulait univoque sur le genre de mort. Qu’importe, Louis Roger Manga le très sémillant Dg de la Maetur pouvait à l’occasion faire prévaloir ses titres et qualité pour en découdre définitivement avec celle qui œuvra au décès de son frère bien-aimé : Carliste Manga, la sorcière et envoûteuse.
Aussi imagina-t-il un stratagème pour non seulement lui faire porter le chapeau en évoquant notamment le respect de quelque rite exigeant que la dépouille de son défunt frère transita par le domicile familial avant son transfèrement à la morgue de la garnison militaire de Douala, au sortir de Kribi. Autant l’épouse du défunt accéda à cette exigence à contrecœur, autant ceux qui l’y poussèrent se rendirent à l’évidence de l’ampleur de l’adversité qu’elle n’avait de cesse d’essuyer depuis plus de cinq ans. Sinon, comment expliquer qu’une veuve éplorée et à peine entrée dans cette posture, en soit à répondre des accusations aussi sordides que l’assassinat de son époux que lui aura du reste abandonné la famille au plus fort de la dégradation de son état de santé, par-devant la police judiciaire instrumentalisée par quelque Dg en mal de notoriété ?
Pire encore, alors que des évidences médicales pouvaient l’en prémunir, a-t-on besoin de valider la thèse de pratiques de sorcellerie à l’encontre d’une épouse qui aura portant été le soutien multiforme d’un époux plutôt désœuvré pendant près d’une vingtaine d’années ? Des réalités que voudraient battre d’un revers de la main ses «frères sur le tard» qui, en réalité, ne lorgnent en fait que l’exploitation de la résidence qui était la sienne et qu’il avait réussi à sortir de l’indivision, le défunt de son vivant. Voilà en fait à quoi peut mener la cupidité, mais aussi et surtout la méchanceté humaine, prise en son degré le plus bas. Car, si l’ambition d’un Louis Roger Manga est d’accéder au poste de délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala, ce n’est certainement pas en conspirant contre son propre frère et sa progéniture qu’il présentera le meilleur profil.
A preuve, il aura une fois de plus essuyé un cinglant revers, grâce notamment à la perspicacité des juges qui continuent d’exalter le droit et singulièrement celui faisant de toute veuve, l’ayant-droit au premier chef de la dévolution de la dépouille du défunt époux. Dépouille qu’avait indument séquestrée le Dg de la Maetur avec la complicité bien agissante de ses autres frères survivants.
Affaire à suivre …
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