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        <title>Le flux rss de camer.be</title>
        <link>https://www.camer.be/rss/panafricanisme</link>
        <description><![CDATA[Camer.be, l'info claire et nette]]></description>
        <language>fr-FR</language>
        <lastBuildDate>Sat, 03 Oct 2026 21:59:54 +0200</lastBuildDate>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Niger - Niamey : l&#039;attaque qui a révélé la faille de l&#039;AES]]></title>
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                    <![CDATA[
                    <p>L'attaque de la base 101 à Niamey en août 2026 a révélé la
vulnérabilité existentielle de l'AES. Analyse d'une nuit qui oblige
le Sahel à repenser sa souveraine...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Afrique/Manif-Niger271223400.jpg" alt="Niger - Niamey : l&#039;attaque qui a révélé la faille de l&#039;AES" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>L'attaque de la base 101 &agrave; Niamey en ao&ucirc;t 2026 a r&eacute;v&eacute;l&eacute; la vuln&eacute;rabilit&eacute; existentielle de l'AES. Analyse d'une nuit qui oblige le Sahel &agrave; repenser sa souverainet&eacute;.</p>
<p>La tentative de mutinerie contre la base a&eacute;rienne 101 de Niamey a plac&eacute; l'AES devant une question existentielle : que deviendrait la Conf&eacute;d&eacute;ration si l'un de ses trois &Eacute;tats basculait ?</p>
<p>Niamey, 1 h du matin, 29 ao&ucirc;t 2026. Des tirs d'armes lourdes d&eacute;chirent la nuit. La base a&eacute;rienne 101 est attaqu&eacute;e. Le palais pr&eacute;sidentiel est vis&eacute;. La t&eacute;l&eacute;vision nationale s'&eacute;teint.</p>
<p>Pendant plusieurs heures, la capitale nig&eacute;rienne vit au rythme des explosions. Au petit matin, la garde pr&eacute;sidentielle reprend la base avec l'aide du contingent russe Africa Corps. La mutinerie est contenue.</p>
<p>Mais la question, elle, reste enti&egrave;re.</p>
<h2>Une nuit de tirs et d'incertitude &agrave; Niamey</h2>
<p>Les premiers coups de feu sont entendus vers 1 h du matin, heure locale. Ils proviennent de la zone de l'a&eacute;roport international Diori Hamani, qui abrite la base a&eacute;rienne 101. Tr&egrave;s vite, d'autres tirs sont signal&eacute;s pr&egrave;s du palais pr&eacute;sidentiel et dans le centre-ville.</p>
<p>La t&eacute;l&eacute;vision nationale, T&eacute;l&eacute; Sahel, interrompt ses programmes. La radio publique est &eacute;galement &agrave; l'arr&ecirc;t.</p>
<p>Dans un communiqu&eacute;, le minist&egrave;re de la D&eacute;fense &eacute;voque &laquo; un groupe de soldats dissidents &raquo; ayant tent&eacute; de s'en prendre &agrave; leurs camarades de la base 101 et &agrave; certains sites strat&eacute;giques. L'intervention rapide des Forces de d&eacute;fense et de s&eacute;curit&eacute; permet de ma&icirc;triser la situation.</p>
<p>La garde pr&eacute;sidentielle d'Abdourahamane Tiani reprend la base 101 avec l'aide des Russes. &laquo; Il y a plusieurs morts dans les rangs des mutins &raquo;, indique une source diplomatique &agrave; Niamey.</p>
<p>Des images diffus&eacute;es par la t&eacute;l&eacute;vision nationale montrent des dizaines de soldats se rendant, certains bless&eacute;s, d'autres assis &agrave; terre.</p>
<h2>L'AES parle de &laquo; trahison &raquo;</h2>
<p>Le soir m&ecirc;me, la Conf&eacute;d&eacute;ration des &Eacute;tats du Sahel publie un communiqu&eacute;. L'organisation dit avoir fait &laquo; l'objet de trahison par un groupe de soldats impliqu&eacute;s dans une entreprise de d&eacute;stabilisation &raquo;. Elle salue &laquo; la bravoure des forces r&eacute;publicaines loyalistes &raquo;.</p>
<p>L'AES r&eacute;affirme son soutien total aux institutions nig&eacute;riennes. Elle appelle &agrave; la vigilance.</p>
<p>Cette r&eacute;action rapide n'est pas anodine. Cinq jours plus t&ocirc;t, le 24 ao&ucirc;t 2026, les 45 d&eacute;put&eacute;s du Parlement conf&eacute;d&eacute;ral de l'AES tenaient leur session inaugurale &agrave; Niamey. La capitale nig&eacute;rienne &eacute;tait alors le centre n&eacute;vralgique de la Conf&eacute;d&eacute;ration.</p>
<p>L'attaque vise pr&eacute;cis&eacute;ment ce c&oelig;ur symbolique et op&eacute;rationnel. La base 101 abrite non seulement l'&eacute;tat-major de la force unifi&eacute;e de l'AES, mais aussi le quartier g&eacute;n&eacute;ral du contingent russe Africa Corps.</p>
<h2>La France accus&eacute;e, Paris d&eacute;ment</h2>
<p>Le 5 septembre 2026, le Conseil des ministres nig&eacute;rien franchit un cap. Dans un communiqu&eacute; lu lors d'un point de presse, il affirme que l'op&eacute;ration a &eacute;t&eacute; &laquo; incit&eacute;e et entretenue par un vaste r&eacute;seau de connivences &agrave; la t&ecirc;te duquel se trouve le r&eacute;gime fran&ccedil;ais de M. Macron &raquo;.</p>
<p>Le gouvernement nig&eacute;rien pr&eacute;sente ses condol&eacute;ances aux familles des &laquo; martyrs civils et militaires &raquo;. Il remercie l'AES, l'Alg&eacute;rie et la Russie pour leur soutien. Il annonce la constitution d'un dossier documentaire en vue d'&laquo; actions devant la justice internationale &raquo;.</p>
<p>Interrog&eacute; sur RFI, le ministre fran&ccedil;ais des Affaires &eacute;trang&egrave;res Jean-No&euml;l Barrot rejette ces accusations. Il les qualifie de &laquo; pure fantaisie &raquo;. &laquo; La France n'aurait eu ni intention ni moyen de mobiliser une telle op&eacute;ration &raquo;, affirme-t-il.</p>
<p>&laquo; Tout cela est comme d'habitude une mani&egrave;re de pointer du doigt &agrave; tort une responsabilit&eacute; de la France qui n'existe tout simplement pas. &raquo;</p>
<p>Rien ne permet d'&eacute;tablir publiquement et irr&eacute;futablement une implication op&eacute;rationnelle fran&ccedil;aise dans les &eacute;v&eacute;nements de Niamey. Mais comment la relation franco-nig&eacute;rienne a-t-elle pu se d&eacute;t&eacute;riorer au point que cette hypoth&egrave;se, m&ecirc;me non d&eacute;montr&eacute;e, puisse sembler vraisemblable &agrave; une partie de l'opinion sah&eacute;lienne ?</p>
<h2>L'uranium, symbole d'une rupture consomm&eacute;e</h2>
<p>Le dossier de l'uranium r&eacute;sume cette mutation. En mai 2026, le gouvernement nig&eacute;rien annonce la cr&eacute;ation de la Soci&eacute;t&eacute; Teloua Safeguarding Uranium Mining Company (TSUMCO SA), en remplacement de la SOMA&Iuml;R nationalis&eacute;e.</p>
<p>Cette d&eacute;cision marque une rupture d&eacute;finitive avec l'op&eacute;rateur fran&ccedil;ais Orano. Le nom &laquo; Teloua &raquo; fait r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la nappe aquif&egrave;re souterraine sur laquelle se trouvent les installations de la mine COMINAK, exploit&eacute;e par Orano/Areva de 1978 &agrave; 2021, &laquo; avec des impacts dramatiques sur les sols, les eaux, la biodiversit&eacute; et les &eacute;cosyst&egrave;mes sahariens autour d'Arlit &raquo;.</p>
<p>Depuis 1970, l'uranium nig&eacute;rien &eacute;tait exploit&eacute; par Areva, devenue Orano, &agrave; travers la SOMA&Iuml;R et la COMINAK. En juin 2024, en pleine brouille diplomatique, Niamey retire le permis d'exploitation &agrave; Orano. Un an plus tard, la SOMA&Iuml;R est nationalis&eacute;e.</p>
<p>Orano engage des proc&eacute;dures judiciaires. Le Niger d&eacute;pose plainte contre l'op&eacute;rateur fran&ccedil;ais pour l'abandon de &laquo; plusieurs millions de tonnes &raquo; de d&eacute;chets radioactifs.</p>
<p>La production d'uranium nig&eacute;rien s'est effondr&eacute;e. Elle est pass&eacute;e de 4 116 tonnes en 2015 &agrave; 962 tonnes en 2024. Aucune exportation d'uranium n'est attendue en 2025, et les projections pour 2026 ont &eacute;t&eacute; revues &agrave; la baisse.</p>
<h2>La diversification comme nouvelle grammaire strat&eacute;gique</h2>
<p>Le Niger ne s'est pas content&eacute; de rompre avec Paris. Il a activement diversifi&eacute; ses partenaires.</p>
<p>La Russie est devenue le pilier s&eacute;curitaire. La coop&eacute;ration est principalement militaire : livraisons d'armes, formation, soutien op&eacute;rationnel contre les groupes jihadistes. Moscou a ouvert une ambassade &agrave; Niamey en 2025. Rosatom est impliqu&eacute; dans des projets nucl&eacute;aires civils et a sign&eacute; un accord pour exploiter des gisements d'uranium nig&eacute;riens.</p>
<p>La Chine est le partenaire &eacute;conomique. P&eacute;kin a s&eacute;curis&eacute; ses approvisionnements p&eacute;troliers via le pipeline Niger-B&eacute;nin. En mai 2026, le Niger a obtenu 45 % de la West African Oil Pipeline Co. apr&egrave;s ren&eacute;gociation des termes d'exportation.</p>
<p>La Turquie renforce sa pr&eacute;sence. En juin 2026, Ankara et Niamey ont sign&eacute; plusieurs accords de coop&eacute;ration dans les domaines de la d&eacute;fense, de la s&eacute;curit&eacute;, de l'&eacute;nergie, des mines et du commerce.</p>
<p>Les &Eacute;mirats arabes unis sont &eacute;galement cit&eacute;s parmi les acteurs qui auraient pu souhaiter un changement politique &agrave; Niamey. Ces accusations ne sont pas davantage d&eacute;montr&eacute;es. Mais Abou Dhabi est devenu en Afrique un acteur d'investissement, de s&eacute;curit&eacute; et d'influence &agrave; l'agenda propre.</p>
<p>L'Alg&eacute;rie, enfin, a entam&eacute; un rapprochement avec l'AES depuis d&eacute;but 2026. Le g&eacute;n&eacute;ral Tiani s'est rendu &agrave; Alger en f&eacute;vrier 2026. Une r&eacute;conciliation diplomatique avec le Niger a &eacute;t&eacute; annonc&eacute;e en mars-avril 2026, suivie du lancement du processus de normalisation avec le Burkina Faso.</p>
<h2>La vuln&eacute;rabilit&eacute; existentielle de l'AES</h2>
<p>L'attaque de Niamey a mis en lumi&egrave;re une faille que l'AES ne peut plus ignorer. Si l'un des trois &Eacute;tats changeait brutalement d'orientation, accords militaires, circulation des forces, projets &eacute;conomiques, relations ext&eacute;rieures, corridors strat&eacute;giques et coh&eacute;rence politique pourraient &ecirc;tre fragilis&eacute;s presque simultan&eacute;ment.</p>
<p>L'erreur serait de conclure que toutes les difficult&eacute;s de l'AES viennent de l'ext&eacute;rieur. Un syst&egrave;me politique ne devient pas invuln&eacute;rable parce qu'il nomme ceux qui pourraient lui nuire. Il le devient lorsqu'il r&eacute;duit les vuln&eacute;rabilit&eacute;s que n'importe quel adversaire, &eacute;tranger ou int&eacute;rieur, pourrait exploiter.</p>
<p>La question f&eacute;d&eacute;rale doit sortir du domaine romantique pour entrer dans celui de l'ing&eacute;nierie institutionnelle. Il ne s'agit pas de faire dispara&icirc;tre le Mali, le Burkina Faso et le Niger dans un super-&Eacute;tat improvis&eacute;. Il s'agit de construire un espace o&ugrave; certaines fonctions deviennent tellement imbriqu&eacute;es qu'aucune alternance nationale, mutinerie ou pression &eacute;trang&egrave;re ne puisse les supprimer d'une simple d&eacute;cision gouvernementale.</p>
<p>D&eacute;fense commune, renseignement, cybers&eacute;curit&eacute;, protection a&eacute;rienne, industrie de d&eacute;fense, &eacute;nergie, infrastructures, t&eacute;l&eacute;communications s&eacute;curis&eacute;es, politique scientifique, m&eacute;canismes financiers, corridors commerciaux et diplomatie sur les int&eacute;r&ecirc;ts vitaux devraient constituer un noyau f&eacute;d&eacute;ral avant m&ecirc;me que le mot f&eacute;d&eacute;ration ne devienne juridiquement n&eacute;cessaire.</p>
<p>La souverainet&eacute; v&eacute;ritable n'est jamais seulement militaire. Une arm&eacute;e dont les munitions viennent enti&egrave;rement d'ailleurs peut &ecirc;tre courageuse et rester d&eacute;pendante. Une &eacute;conomie sans &eacute;nergie ne produit pas. Un &Eacute;tat qui ne ma&icirc;trise ni ses donn&eacute;es, ni ses t&eacute;l&eacute;communications, ni les comp&eacute;tences scientifiques capables d'entretenir ses &eacute;quipements conserve une part de souverainet&eacute; administr&eacute;e depuis l'ext&eacute;rieur.</p>
<p>L'AES doit passer de la souverainet&eacute; proclam&eacute;e &agrave; une souverainet&eacute; syst&eacute;mique.</p>
<h2>Ce que la France devrait comprendre</h2>
<p>La France poss&egrave;de encore en Afrique un capital consid&eacute;rable : histoire entrem&ecirc;l&eacute;e, langue partag&eacute;e, familles, diaspora, chercheurs, universit&eacute;s, entreprises et ing&eacute;nieurs.</p>
<p>Mais le vieux logiciel imp&eacute;rial ne fonctionne plus. La Russie, la Chine, la Turquie, l'Inde, le Br&eacute;sil, les &Eacute;tats du Golfe et d'autres puissances offrent d&eacute;sormais aux capitales africaines des possibilit&eacute;s de diversification in&eacute;dites.</p>
<p>Paris commettrait une faute majeure s'il interpr&eacute;tait toute volont&eacute; africaine de ren&eacute;gocier un contrat, de diversifier ses partenaires ou de reprendre davantage de contr&ocirc;le sur une ressource nationale comme une manifestation d'hostilit&eacute; antifran&ccedil;aise. Lorsqu'un &Eacute;tat fran&ccedil;ais prot&egrave;ge une entreprise strat&eacute;gique ou s&eacute;curise son approvisionnement &eacute;nerg&eacute;tique, personne n'y voit une pathologie nationaliste. Pourquoi le m&ecirc;me raisonnement deviendrait-il suspect au sud de la M&eacute;diterran&eacute;e ?</p>
<p>La France de demain devrait pouvoir revenir au Mali, au Burkina Faso et au Niger non pr&eacute;c&eacute;d&eacute;e de ses soldats, mais de ses ing&eacute;nieurs, chercheurs, industriels, universit&eacute;s et investisseurs.</p>
<p>L'Afrique ne demande pas n&eacute;cessairement &agrave; l'Occident de devenir son ennemi. Elle lui demande de renoncer d&eacute;finitivement &agrave; &ecirc;tre son tuteur.</p>
<h2>Et maintenant ?</h2>
<p>Le 11 septembre 2026, le g&eacute;n&eacute;ral Tiani a proc&eacute;d&eacute; &agrave; un remaniement de la haute hi&eacute;rarchie militaire. Le g&eacute;n&eacute;ral de brigade Mamane Sani Kiaou a &eacute;t&eacute; nomm&eacute; chef d'&eacute;tat-major des Arm&eacute;es, en remplacement du g&eacute;n&eacute;ral Moussa Salaou Barmou. Le g&eacute;n&eacute;ral Abdourahmane Abou Zataka prend la t&ecirc;te de l'arm&eacute;e de terre. Le g&eacute;n&eacute;ral Ismael Sidi Omar devient chef d'&eacute;tat-major adjoint de l'arm&eacute;e de l'Air.</p>
<p>Ce remaniement intervient moins de deux semaines apr&egrave;s la mutinerie. Il signale une reprise en main.</p>
<p>L'AES, elle, doit maintenant r&eacute;pondre &agrave; une question plus profonde. Son probl&egrave;me historique n'est plus seulement de r&eacute;sister, mais de durer. Elle devra construire des institutions capables de survivre aux hommes, des int&eacute;r&ecirc;ts communs capables de survivre aux gouvernements, une architecture militaire capable de survivre aux crises politiques nationales et une diplomatie suffisamment diversifi&eacute;e pour survivre au retrait de n'importe quel partenaire.</p>
<p>Alors seulement le Mali, le Burkina Faso et le Niger auront transform&eacute; leur r&eacute;volte g&eacute;opolitique en construction historique.</p>
<p>Car l'ind&eacute;pendance consiste &agrave; pouvoir dire non. La souverainet&eacute; consiste &agrave; pouvoir supporter les cons&eacute;quences de ce non. La puissance commence lorsque ceux qui pourraient souhaiter votre recul savent eux-m&ecirc;mes que votre chute co&ucirc;terait d&eacute;sormais davantage que votre existence.</p>
<hr />
<p><strong>Que s'est-il pass&eacute; &agrave; la base 101 de Niamey ?</strong><br />Dans la nuit du 28 au 29 ao&ucirc;t 2026, un groupe de soldats mutins a attaqu&eacute; la base a&eacute;rienne 101, le secteur pr&eacute;sidentiel et plusieurs points sensibles de Niamey. La garde pr&eacute;sidentielle a repris la base avec l'aide du contingent russe Africa Corps. La mutinerie a &eacute;t&eacute; contenue.</p>
<p><strong>Le Niger a-t-il accus&eacute; la France d'&ecirc;tre derri&egrave;re la mutinerie ?</strong><br />Oui. Le 5 septembre 2026, le Conseil des ministres nig&eacute;rien a affirm&eacute; que l'op&eacute;ration avait &eacute;t&eacute; &laquo; incit&eacute;e et entretenue &raquo; par le r&eacute;gime fran&ccedil;ais. Paris a d&eacute;menti, qualifiant ces accusations de &laquo; pure fantaisie &raquo;.</p>
<p><strong>Qu'est-ce que l'AES ?</strong><br />La Conf&eacute;d&eacute;ration des &Eacute;tats du Sahel regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Cr&eacute;&eacute;e le 16 septembre 2023, elle a &eacute;t&eacute; &eacute;rig&eacute;e en Conf&eacute;d&eacute;ration le 6 juillet 2024. Elle dispose d'une force unifi&eacute;e d'environ 5 000 hommes, d'une banque d'investissement et, depuis ao&ucirc;t 2026, d'un Parlement conf&eacute;d&eacute;ral.</p>
<p><strong>Le Niger a-t-il nationalis&eacute; l'uranium fran&ccedil;ais ?</strong><br />Oui. En mai 2026, le gouvernement nig&eacute;rien a cr&eacute;&eacute; TSUMCO SA en remplacement de la SOMA&Iuml;R nationalis&eacute;e, marquant une rupture d&eacute;finitive avec l'op&eacute;rateur fran&ccedil;ais Orano. Orano a engag&eacute; des proc&eacute;dures judiciaires.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Mon, 14 Sep 2026 01:04:47 +0200</pubDate>
                                    <author>Avec Dr. Eloi Bandia Keita</author>
                                                    <category>PANAFRICANISME</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Monde Entier  - Nathalie Yamb : le délit d&#039;opinion version Bruxelles]]></title>
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                    <![CDATA[
                    <p>Sanctionnée depuis juin 2025 sans procès ni décision judiciaire,
l'activiste suisso-camerounaise Nathalie Yamb a reçu du Conseil de
l'UE la notification de la r...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/cameroun/Nathalie-Yamb200724500.jpg" alt="Monde Entier  - Nathalie Yamb : le délit d&#039;opinion version Bruxelles" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Sanctionn&eacute;e depuis juin 2025 sans proc&egrave;s ni d&eacute;cision judiciaire, l'activiste suisso-camerounaise Nathalie Yamb a re&ccedil;u du Conseil de l'UE la notification de la reconduction de ses mesures restrictives pour une ann&eacute;e suppl&eacute;mentaire une d&eacute;cision qui interroge sur les limites de la d&eacute;mocratie europ&eacute;enne.</p>
<p><em> &laquo; J'ai re&ccedil;u un courrier du Conseil de l'UE m'annon&ccedil;ant leur intention de reconduire mes sanctions pour 1 an. Motif : j'ai &eacute;t&eacute; nomm&eacute;e conseill&egrave;re sp&eacute;ciale du pr&eacute;sident du Niger, avec passeport diplomatique, ainsi que mon discours de Sochi de 2019. Ce n'est pas une blague ! Que dire ? &raquo;, a-t-elle &eacute;crit sur X.</em></p>
<p>Une d&eacute;cision qui soul&egrave;ve une question fondamentale : <strong>peut-on sanctionner une personne pour ses opinions et ses fonctions sans passer par un tribunal ?</strong> L'UE, qui se pr&eacute;sente comme le parangon de la d&eacute;mocratie et de l'&Eacute;tat de droit, justifie une mesure administrative aux cons&eacute;quences draconiennes : interdiction de s&eacute;jour, gel des avoirs sans l'ombre d'un proc&egrave;s.</p>
<h2>Sanctions sans juge : quand l'UE se fait procureur</h2>
<p>Depuis le 26 juin 2025, Nathalie Yamb est inscrite sur la liste des personnes sanctionn&eacute;es par l'UE dans le cadre du r&eacute;gime &laquo; RUSDA &raquo; (mesures restrictives en raison des activit&eacute;s d&eacute;stabilisatrices de la Russie). Elle est interdite d'entr&eacute;e dans l'espace Schengen, ses avoirs sont gel&eacute;s et elle ne peut plus survoler l'espace a&eacute;rien europ&eacute;en.</p>
<p>Mais ce qui frappe dans cette affaire, c'est l'absence totale de proc&eacute;dure judiciaire. La d&eacute;cision &eacute;mane du Conseil de l'UE, une instance politique, et non d'un tribunal. Aucun juge n'a examin&eacute; les preuves. Aucun d&eacute;bat contradictoire n'a eu lieu.</p>
<p><em> &laquo; La d&eacute;cision ne vient pas d'un juge. Pratique assez &eacute;tonnante quand on se proclame le parangon de la d&eacute;mocratie &raquo;, souligne l'angle choisi par l'utilisateur.</em></p>
<p>Cette situation interroge sur la nature m&ecirc;me des sanctions europ&eacute;ennes : s'agit-il de mesures administratives ou de peines d&eacute;guis&eacute;es ? Et dans ce dernier cas, o&ugrave; est pass&eacute; le droit &agrave; un proc&egrave;s &eacute;quitable ?</p>
<h2>Les motifs de la prolongation : une nomination et un discours</h2>
<p>La reconduction des sanctions s'appuie sur deux &eacute;l&eacute;ments que Nathalie Yamb qualifie elle-m&ecirc;me de &laquo; nouveaux motifs &raquo; :</p>
<p>1. <strong>Sa nomination comme conseill&egrave;re sp&eacute;ciale du pr&eacute;sident du Niger</strong>, le g&eacute;n&eacute;ral Abdourahamane Tiani, avec la d&eacute;livrance d'un passeport diplomatique nig&eacute;rien.<br />2. <strong>Son discours prononc&eacute; au sommet Russie-Afrique de Sotchi en 2019</strong>.</p>
<p>Ce second motif est particuli&egrave;rement frappant : un discours prononc&eacute; il y a sept ans sert aujourd'hui &agrave; justifier la prolongation de sanctions. Nathalie Yamb, qui y avait appel&eacute; &agrave; la sortie du franc CFA et au d&eacute;mant&egrave;lement des bases militaires fran&ccedil;aises, paie encore le prix de ses prises de position.</p>
<p>L'UE lui reproche d'&ecirc;tre une &laquo; <strong>supportrice ouverte de la Russie</strong> &raquo;, d'&laquo; <strong>adopter le langage de Moscou</strong> &raquo; et de cibler &laquo; la France et l'Occident en particulier, en vue de les &eacute;vincer du continent africain &raquo;. Elle lui impute &eacute;galement des liens avec l'organisation AFRIC, &laquo; li&eacute;e &agrave; des soci&eacute;t&eacute;s militaires priv&eacute;es russes &raquo;.</p>
<h2>Le combat juridique de Nathalie Yamb : une bataille perdue d'avance ?</h2>
<p>Nathalie Yamb ne s'est pas laiss&eacute; faire. D&egrave;s le 25 ao&ucirc;t 2025, elle a introduit un recours devant le Tribunal de l'Union europ&eacute;enne pour demander l'annulation des sanctions. Elle a &eacute;galement sollicit&eacute; des mesures provisoires, notamment la suspension de l'ex&eacute;cution des sanctions.</p>
<p>Mais le 8 janvier 2026, le pr&eacute;sident du Tribunal a rejet&eacute; sa demande de sursis &agrave; ex&eacute;cution, jugeant sa requ&ecirc;te irrecevable. Le 9 juillet 2026, la Cour de justice de l'UE a confirm&eacute; ce rejet.</p>
<p>Parall&egrave;lement, Nathalie Yamb a introduit une action en dommages et int&eacute;r&ecirc;ts, r&eacute;clamant 500 000 euros &agrave; l'UE pour le pr&eacute;judice subi du fait des sanctions. Cette proc&eacute;dure est toujours en cours.</p>
<h2>&laquo; Un d&eacute;lit d'opinion &raquo; : la libert&eacute; d'expression en question</h2>
<p>L'affaire Nathalie Yamb soul&egrave;ve une question de fond : jusqu'o&ugrave; l'UE peut-elle sanctionner des opinions politiques ?</p>
<p>L'activiste, qui compte plus de 2 millions d'abonn&eacute;s sur les r&eacute;seaux sociaux, est une figure du panafricanisme radical. Elle d&eacute;nonce la pr&eacute;sence fran&ccedil;aise en Afrique, appelle &agrave; la souverainet&eacute; des &Eacute;tats africains et soutient les nouvelles dynamiques politiques du Sahel.</p>
<p>Ses d&eacute;tracteurs, en France notamment, la soup&ccedil;onnent d'&ecirc;tre un agent russe. En 2022, les &Eacute;tats-Unis la consid&eacute;raient comme &laquo; un maillon essentiel du r&eacute;seau Prigojine &raquo;. Mais ces accusations, jamais prouv&eacute;es devant un tribunal, suffisent-elles &agrave; justifier des sanctions ?</p>
<p>Pour ses soutiens, Nathalie Yamb est victime d'un <strong>d&eacute;lit d'opinion</strong>. Elle est sanctionn&eacute;e non pas pour des actes, mais pour des discours et des fonctions: une nomination par un &Eacute;tat souverain, le Niger, et des prises de position politiques.</p>
<h2>Une d&eacute;cision qui renforce le statut de &laquo; martyre &raquo; de Yamb</h2>
<p>Loin de faire taire l'activiste, cette d&eacute;cision risque de renforcer sa popularit&eacute; aupr&egrave;s des mouvements panafricanistes. En ao&ucirc;t 2025, elle avait d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; nomm&eacute;e conseill&egrave;re sp&eacute;ciale du pr&eacute;sident Tiani, recevant un passeport diplomatique. Cette distinction, per&ccedil;ue comme un acte de souverainet&eacute; par Niamey, est vue par Bruxelles comme une provocation.</p>
<p>Dans un message publi&eacute; sur X, Nathalie Yamb a ironis&eacute; sur la d&eacute;cision de l'UE :</p>
<p><em> &laquo; Ce n'est pas une blague ! Que dire ? &raquo;.</em></p>
<p>Une r&eacute;action qui a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; largement partag&eacute;e et comment&eacute;e sur les r&eacute;seaux sociaux.</p>
<h2>Une pratique qui interroge la d&eacute;mocratie europ&eacute;enne</h2>
<p>L'UE, qui se pr&eacute;sente comme le gardien des droits de l'homme et de l'&Eacute;tat de droit, utilise des mesures administratives pour sanctionner des individus sans passer par la case &laquo; tribunal &raquo;. Cette pratique, l&eacute;galement fond&eacute;e sur les trait&eacute;s, n'en interroge pas moins la coh&eacute;rence du discours europ&eacute;en.</p>
<p>Comme le souligne l'utilisateur : &laquo; La d&eacute;cision ne vient pas d'un juge. Pratique assez &eacute;tonnante quand on se proclame le parangon de la d&eacute;mocratie. Un d&eacute;lit d'opinion dans une sph&egrave;re qui se r&eacute;clame celle de la d&eacute;mocratie &raquo;.</p>
<p>Cette contradiction est au c&oelig;ur du d&eacute;bat : l'UE peut-elle se pr&eacute;valoir de l'&Eacute;tat de droit tout en privant des individus de leurs droits fondamentaux sans proc&egrave;s &eacute;quitable ?</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 13 Aug 2026 16:00:03 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>PANAFRICANISME</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[Pourquoi Kemi Seba reste en prison en Afrique du Sud]]></title>
                <link>https://www.camer.be/actualites/panafricanisme/pourquoi-kemi-seba-reste-en-prison-en-afrique-du-sud-south-africa.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Arrêté en avril 2026 en Afrique du Sud pour séjour illégal, le
militant panafricaniste Kemi Seba est réclamé par le Bénin pour
incitation à la violence et blanc...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Afrique/Kemi-Seba010324500.jpg" alt="Pourquoi Kemi Seba reste en prison en Afrique du Sud" width="600"/></p>
                                        ]]>
                </description>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Arr&ecirc;t&eacute; en avril 2026 en Afrique du Sud pour s&eacute;jour ill&eacute;gal, le militant panafricaniste Kemi Seba est r&eacute;clam&eacute; par le B&eacute;nin pour incitation &agrave; la violence et blanchiment d'argent. Mais la proc&eacute;dure d'extradition patine. Explications.</p>
<p>Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, militant panafricaniste franco-b&eacute;ninois de 45 ans.&nbsp; Il est d&eacute;tenu en Afrique du Sud depuis le 13 avril 2026 et fait l'objet d'une demande d'<a title="Report de l'extradition" href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260715-afrique-du-sud-la-justice-ajourne-encore-l-examen-de-l-extradition-de-kemi-seba" target="_blank" rel="noopener"><strong>extradition</strong> </a>du B&eacute;nin. L'audience pr&eacute;vue le 14 juillet a &eacute;t&eacute; report&eacute;e au 11 ao&ucirc;t 2026. Il est incarc&eacute;r&eacute; &agrave; Pretoria, en Afrique du Sud.&nbsp; Le B&eacute;nin l'accuse d'incitation &agrave; la violence, de blanchiment de capitaux et de soutien au coup d'&Eacute;tat manqu&eacute; du 7 d&eacute;cembre 2025.</p>
<p>Pr&egrave;s de trois mois apr&egrave;s son arrestation, Kemi Seba croupit toujours dans une cellule sud-africaine. La justice de Pretoria a une nouvelle fois repouss&eacute; l'examen de son extradition, prolongeant l'incertitude sur son sort. Ce nouveau report relance les interrogations : pourquoi le dossier tarde-t-il autant &agrave; aboutir ? Le B&eacute;nin croit-il toujours &agrave; une extradition malgr&eacute; le changement de pr&eacute;sident ? Et quels sont les v&eacute;ritables obstacles qui bloquent la proc&eacute;dure ?</p>
<h2>Un report de plus, une attente qui s'allonge</h2>
<p>Le 14 juillet 2026 devait marquer un tournant dans l'affaire Kemi Seba. Ce mardi, la justice sud-africaine &eacute;tait cens&eacute;e examiner la demande d'extradition du militant panafricaniste vers le B&eacute;nin. Mais l'audience n'a dur&eacute; que quelques minutes. Motif : la demande d'extradition officielle du B&eacute;nin vient seulement d'&ecirc;tre formellement d&eacute;pos&eacute;e &agrave; l'ambassade d'Afrique du Sud &agrave; Cotonou. Les juges ont donc d&eacute;cid&eacute; de reporter l'examen au 11 ao&ucirc;t 2026.</p>
<p>"C'est apr&egrave;s une tr&egrave;s courte audience que la justice sud-africaine a d&eacute;cid&eacute; de reporter l'examen du dossier, dans l'attente des &eacute;l&eacute;ments de la demande d'extradition officielle d&eacute;pos&eacute;e par le B&eacute;nin."</p>
<p>Un d&eacute;lai suppl&eacute;mentaire que les magistrats vont mettre &agrave; profit pour poursuivre l'&eacute;tude d'un dossier particuli&egrave;rement volumineux. Certaines sources rapportent en effet que la demande d'extradition est un document de <strong>plusieurs centaines de pages</strong>, dans lequel sont expos&eacute;s les faits pr&eacute;cis reproch&eacute;s &agrave; l'int&eacute;ress&eacute;, avec les dates, les lieux et les circonstances.</p>
<h2>Deux mandats d'arr&ecirc;t et un coup d'&Eacute;tat manqu&eacute;</h2>
<p>Les poursuites engag&eacute;es contre Kemi Seba ne datent pas d'hier. Le militant est vis&eacute; par <strong>deux mandats d'arr&ecirc;t</strong> &eacute;mis par la justice b&eacute;ninoise.</p>
<p>Le premier, en date du <strong>13 juin 2025</strong>, porte sur des faits de <strong>blanchiment de capitaux</strong>. Le second, &eacute;mis le <strong>12 d&eacute;cembre 2025</strong>, concerne des faits <strong>d'apologie de crimes</strong> ainsi que <strong>d'incitation &agrave; la haine et &agrave; la violence</strong>.</p>
<p>Mais l'&eacute;l&eacute;ment d&eacute;clencheur est ailleurs. Le <strong>7 d&eacute;cembre 2025</strong>, une tentative de coup d'&Eacute;tat a lieu au B&eacute;nin. Ce jour-l&agrave;, plusieurs vid&eacute;os de Kemi Seba circulent sur les r&eacute;seaux sociaux. Selon les autorit&eacute;s b&eacute;ninoises, elles ne sont rien d'autre qu'une approbation et un soutien aux putschistes et au coup manqu&eacute;. Des faits d'incitation &agrave; la r&eacute;bellion lui sont &eacute;galement reproch&eacute;s.</p>
<h2>Une arrestation qui soul&egrave;ve des questions</h2>
<p>Kemi Seba n'a pas &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute; pour ces accusations. C'est pour des motifs <strong>migratoires</strong> qu'il a &eacute;t&eacute; interpell&eacute; le <strong>13 avril 2026</strong> &agrave; Pretoria. Il tentait de quitter l'Afrique du Sud en direction du Zimbabwe avec son fils de 18 ans, Khonsou Seba Capo Chichi, alors que leurs visas &eacute;taient expir&eacute;s. Ils &eacute;taient accompagn&eacute;s d'un troisi&egrave;me homme, <strong>Fran&ccedil;ois van der Merwe</strong>, un supr&eacute;maciste blanc sud-africain.</p>
<p>Depuis, les trois hommes sont incarc&eacute;r&eacute;s. Leurs demandes de mise en libert&eacute; provisoire ont &eacute;t&eacute; rejet&eacute;es, la justice sud-africaine estimant qu'il existait un <strong>risque de fuite</strong>. Le juge a notamment soulign&eacute; que "trop de questions restent encore sans r&eacute;ponse" : pourquoi voulaient-ils rejoindre le Zimbabwe ? Kemi Seba et Van der Merwe se connaissaient-ils via leurs relations communes en Russie ?</p>
<h2>Un obstacle juridique de taille : la qualification politique</h2>
<p>Contrairement &agrave; une id&eacute;e largement r&eacute;pandue, une demande d'extradition ne d&eacute;pend pas uniquement de la volont&eacute; du pays requ&eacute;rant. En Afrique du Sud, la justice doit examiner minutieusement plusieurs &eacute;l&eacute;ments avant d'autoriser la remise d'une personne &agrave; un &Eacute;tat &eacute;tranger.</p>
<p>Les magistrats doivent notamment v&eacute;rifier si les infractions reproch&eacute;es sont &eacute;galement punissables en droit sud-africain, si les garanties d'un proc&egrave;s &eacute;quitable sont r&eacute;unies et si la demande ne rev&ecirc;t pas un caract&egrave;re essentiellement politique.</p>
<p>Cette derni&egrave;re question est particuli&egrave;rement sensible dans le cas de Kemi Seba. Le militant est connu depuis plusieurs ann&eacute;es pour ses prises de position radicales contre les autorit&eacute;s fran&ccedil;aises et certains dirigeants africains. Ses d&eacute;fenseurs soutiennent que les poursuites engag&eacute;es contre lui s'inscrivent davantage dans un contexte politique que p&eacute;nal. Si la justice sud-africaine estime que les accusations sont motiv&eacute;es par des consid&eacute;rations politiques, elle pourrait l&eacute;galement <strong>refuser l'extradition</strong>.</p>
<h2>Le changement de pr&eacute;sident au B&eacute;nin change-t-il la donne ?</h2>
<p>L'arriv&eacute;e d'un nouveau chef de l'&Eacute;tat b&eacute;ninois soul&egrave;ve naturellement la question d'un &eacute;ventuel changement de strat&eacute;gie. Pourtant, sur le plan juridique, la demande d'extradition reste port&eacute;e par l'<strong>&Eacute;tat b&eacute;ninois</strong> et non par une personnalit&eacute; politique. Sauf retrait officiel de la proc&eacute;dure par les nouvelles autorit&eacute;s, le dossier suit son cours normal.</p>
<p>&Agrave; ce stade, <strong>aucun &eacute;l&eacute;ment public ne permet de conclure</strong> &agrave; un tel changement. Les autorit&eacute;s b&eacute;ninoises continuent de consid&eacute;rer les faits reproch&eacute;s &agrave; Kemi Seba comme suffisamment graves pour justifier son retour devant la justice nationale.</p>
<h2>Les arguments de la d&eacute;fense : "Il risque sa vie"</h2>
<p>Le principal obstacle &agrave; l'extradition r&eacute;side aujourd'hui dans la strat&eacute;gie d&eacute;velopp&eacute;e par les avocats de Kemi Seba. Outre les questions migratoires, la d&eacute;fense concentre ses efforts sur les risques qu'encourrait leur client en cas de retour au B&eacute;nin.</p>
<p>Kemi Seba a d&eacute;clar&eacute; devant la justice sud-africaine qu'il <strong>craignait pour sa vie</strong> s'il &eacute;tait renvoy&eacute; au B&eacute;nin. Ses avocats cherchent &agrave; convaincre les juges que l'affaire d&eacute;passe le simple cadre p&eacute;nal et qu'elle touche aux <strong>libert&eacute;s politiques</strong> ainsi qu'aux <strong>droits fondamentaux</strong>.</p>
<p>Ces arguments sont g&eacute;n&eacute;ralement examin&eacute;s avec une grande attention par les juridictions appel&eacute;es &agrave; statuer sur des extraditions internationales. Les juges doivent trouver un &eacute;quilibre entre la coop&eacute;ration judiciaire avec un &Eacute;tat &eacute;tranger et la protection des droits de la personne concern&eacute;e.</p>
<h2>Une affaire qui d&eacute;passe le cas Kemi Seba</h2>
<p>Quelle que soit l'issue, cette affaire d&eacute;passe d&eacute;sormais le seul cas de Kemi Seba. Elle met en lumi&egrave;re les <strong>limites de la coop&eacute;ration judiciaire internationale</strong> lorsqu'elle se heurte &agrave; des enjeux politiques, diplomatiques et li&eacute;s aux droits humains.</p>
<p>La d&eacute;cision attendue en ao&ucirc;t sera donc observ&eacute;e bien au-del&agrave; du B&eacute;nin et de l'Afrique du Sud. Elle pourrait cr&eacute;er un pr&eacute;c&eacute;dent sur la mani&egrave;re dont les juridictions africaines appr&eacute;cient les demandes d'extradition impliquant des personnalit&eacute;s politiques ou des militants tr&egrave;s m&eacute;diatis&eacute;s.</p>
<p>En attendant, Kemi Seba, son fils et leur complice pr&eacute;sum&eacute; restent en prison, pr&egrave;s de trois mois apr&egrave;s leur arrestation. La d&eacute;fense de l'activiste se pr&eacute;pare d&eacute;sormais &agrave; s'opposer &agrave; l'extradition, qu'elle estime <strong>politiquement motiv&eacute;e</strong>, et tente parall&egrave;lement de d&eacute;bloquer la situation pour le fils de Kemi Seba, Khonsou, 18 ans, afin de lui permettre de rentrer en France.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 12:11:49 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>PANAFRICANISME</category>
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                            <item>
                <title><![CDATA[1er janvier 2027 : le Congo ouvre ses frontières à tout le continent africain]]></title>
                <link>https://www.camer.be/actualites/panafricanisme/1er-janvier-2027-le-congo-ouvre-ses-frontieres-a-tout-le-continent-africain.html</link>
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                    <![CDATA[
                    <p>Le 25 mai 2026, Journée de l'Afrique, Denis Sassou N'Guesso a
annoncé la suppression du visa pour tous les ressortissants africains
souhaitant entrer en Républi...</p>
                                            <p><img src="https://www.camer.be/storage/photos/shares/Afrique/Denis-Sassou-Nguesso181024500.jpg" alt="1er janvier 2027 : le Congo ouvre ses frontières à tout le continent africain" width="600"/></p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Le 25 mai 2026, Journ&eacute;e de l'Afrique, Denis Sassou N'Guesso a annonc&eacute; la suppression du visa pour tous les ressortissants africains souhaitant entrer en R&eacute;publique du Congo, une d&eacute;cision effective d&egrave;s le 1er janvier 2027, qui place le pays en t&ecirc;te des promoteurs concrets de l'int&eacute;gration continentale.</p>
<p><em>Le 25 mai. La Journ&eacute;e de l'Afrique.</em></p>
<p>&Agrave; Brazzaville, en marge des Assembl&eacute;es annuelles de la Banque africaine de d&eacute;veloppement, Denis Sassou N'Guesso prend la parole.</p>
<p>Et il dit quelque chose que beaucoup de dirigeants africains ont promis, d&eacute;battu, report&eacute; depuis des d&eacute;cennies.</p>
<p>&Agrave; compter du 1er janvier 2027, les ressortissants africains n'auront plus besoin de visa pour entrer en R&eacute;publique du Congo.</p>
<p><em>Pas un projet. Pas une &eacute;tude de faisabilit&eacute;. Une date. Un engagement. Un acte.</em></p>
<h2>Une annonce au symbole fort</h2>
<p>La date n'a pas &eacute;t&eacute; choisie au hasard. Le 25 mai, Journ&eacute;e de l'Afrique, comm&eacute;more chaque ann&eacute;e la cr&eacute;ation de l'Organisation de l'Unit&eacute; Africaine en 1963 ce r&ecirc;ve panafricain d'un continent uni, souverain, solidaire.</p>
<p>C'est dans ce contexte, et en marge d'un &eacute;v&eacute;nement &eacute;conomique majeur les Assembl&eacute;es annuelles de la Banque africaine de d&eacute;veloppement (BAD), r&eacute;unies cette ann&eacute;e &agrave; Brazzaville que Denis Sassou N'Guesso a choisi de faire une annonce qui a imm&eacute;diatement circul&eacute; sur les r&eacute;seaux sociaux africains.</p>
<p>&Agrave; compter du 1er janvier 2027, tout ressortissant africain pourra entrer en R&eacute;publique du Congo sans visa.</p>
<p><em>Un geste politique fort. Un signal continental.</em></p>
<h2>Le d&eacute;fi de la libre circulation en Afrique : ce que les chiffres disent</h2>
<p>La libre circulation des personnes est l'un des chantiers les plus embl&eacute;matiques et les plus lents de l'int&eacute;gration africaine.</p>
<p>L'Union Africaine a adopt&eacute; en 2018 le Protocole sur la libre circulation des personnes, le droit de r&eacute;sidence et le droit d'&eacute;tablissement. Mais &agrave; ce jour, seuls une vingtaine d'&Eacute;tats membres l'ont ratifi&eacute; loin du seuil n&eacute;cessaire pour une entr&eacute;e en vigueur continentale.</p>
<p>En attendant, les Africains restent, selon le rapport Henley &amp; Partners 2024, parmi les voyageurs les moins mobiles au monde &agrave; l'int&eacute;rieur de leur propre continent. En moyenne, un passeport africain donne acc&egrave;s sans visa &agrave; environ 25 autres pays africains contre plus de 60 pour certains passeports asiatiques ou latino-am&eacute;ricains.</p>
<p>Le co&ucirc;t de la non-int&eacute;gration est document&eacute; : selon la Commission &Eacute;conomique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), les &eacute;changes intra-africains ne repr&eacute;sentent que 15 &agrave; 18 % du commerce total du continent contre plus de 60 % en Europe et environ 50 % en Asie. La libre circulation des personnes est consid&eacute;r&eacute;e comme l'un des leviers structurels pour augmenter ces &eacute;changes.</p>
<h2>Les pr&eacute;c&eacute;dents : qui a d&eacute;j&agrave; ouvert ses fronti&egrave;res ?</h2>
<p>La R&eacute;publique du Congo ne serait pas la premi&egrave;re &agrave; franchir ce pas. Plusieurs pays africains ont d&eacute;j&agrave; adopt&eacute; des politiques d'ouverture totale ou partielle.</p>
<p>Le B&eacute;nin a supprim&eacute; le visa &agrave; l'entr&eacute;e pour tous les ressortissants africains en 2019 une d&eacute;cision salu&eacute;e comme un mod&egrave;le par l'Union Africaine. Le Rwanda applique depuis plusieurs ann&eacute;es une politique similaire, positionnant le pays comme hub r&eacute;gional pour les voyages d'affaires et le tourisme. La Gambie, le S&eacute;n&eacute;gal et quelques autres &Eacute;tats de la CEDEAO offrent &eacute;galement une accessibilit&eacute; &eacute;lev&eacute;e aux ressortissants du continent.</p>
<p>Ces exp&eacute;riences montrent des r&eacute;sultats tangibles : augmentation du tourisme r&eacute;gional, facilitation des &eacute;changes commerciaux, attractivit&eacute; accrue pour les diasporas et les investisseurs.</p>
<h2>Ce que &ccedil;a change concr&egrave;tement pour les voyageurs</h2>
<p>Pour les ressortissants des 54 &Eacute;tats membres de l'Union Africaine, l'annonce signifie en pratique la fin d'une bureaucratie souvent co&ucirc;teuse et chronophage : formulaires de demande, d&eacute;lais d'attente, frais consulaires, risques de refus.</p>
<p>La R&eacute;publique du Congo, pays d'Afrique centrale, est un hub g&eacute;ographique naturel entre l'Afrique centrale, l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique australe. Brazzaville, sa capitale, fait face &agrave; Kinshasa capitale de la R&eacute;publique D&eacute;mocratique du Congo et l'une des plus grandes m&eacute;tropoles africaines avec seulement le fleuve Congo entre elles.</p>
<p>L'ouverture des fronti&egrave;res congolaises pourrait avoir des effets d'entra&icirc;nement sur les flux de personnes, de marchandises et de capitaux dans toute la sous-r&eacute;gion.</p>
<h2>Les questions qui restent ouvertes</h2>
<p>Toute annonce de cette ampleur appelle des pr&eacute;cisions que le discours inaugural ne fournit pas toujours.</p>
<p>La suppression du visa s'accompagnera-t-elle de facilit&eacute;s d'entr&eacute;e effectives capacit&eacute;s a&eacute;roportuaires, contr&ocirc;les aux fronti&egrave;res terrestres fluidifi&eacute;s, accords bilat&eacute;raux de r&eacute;ciprocit&eacute; ? La mesure sera-t-elle unilat&eacute;rale ou accompagn&eacute;e de n&eacute;gociations avec les &Eacute;tats partenaires ? Quels m&eacute;canismes de suivi et d'&eacute;valuation sont pr&eacute;vus ?</p>
<p>Ces questions sont l&eacute;gitimes. Elles ne diminuent pas la port&eacute;e symbolique de l'annonce, mais elles conditionneront son impact r&eacute;el sur le terrain.</p>
<p>Les prochains mois et les textes r&eacute;glementaires qui suivront permettront de mesurer si le 1er janvier 2027 est bien la date d'une transformation concr&egrave;te ou le point de d&eacute;part d'un processus plus long.</p>
<h2>Perspective</h2>
<p>L'annonce de Brazzaville s'inscrit dans un moment africain particulier. La Zone de Libre-&Eacute;change Continentale Africaine (ZLECAf), op&eacute;rationnelle depuis 2021, progresse lentement mais r&eacute;ellement. Plusieurs pays renforcent leurs politiques d'ouverture aux diasporas. La pression des jeunes g&eacute;n&eacute;rations africaines pour une mobilit&eacute; facilit&eacute;e est croissante et document&eacute;e.</p>
<p>Si la R&eacute;publique du Congo tient son engagement du 1er janvier 2027, elle rejoindra un groupe encore restreint de pays qui ont transform&eacute; la rh&eacute;torique panafricaine en politique publique concr&egrave;te.</p>
<p>C'est cela, finalement, que le continent attend le plus : non pas des discours sur l'unit&eacute; africaine, mais des actes dat&eacute;s, mesurables et irr&eacute;versibles.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Tue, 26 May 2026 11:17:12 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>PANAFRICANISME</category>
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                <title><![CDATA[Kémi Séba : le Niger retire son passeport diplomatique après l&#039;arrestation]]></title>
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                    <p>Un lâchage diplomatique en moins de 24 heures

Le 15 avril 2025, KÉMI SÉBA est interpellé à Pretoria. Moins de 24
heures plus tard, Niamey lui retire son passep...</p>
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Un l&acirc;chage diplomatique en moins de 24 heures</p>
<p>Le 15 avril 2025, <strong>K&eacute;mi S&eacute;ba</strong> est interpell&eacute; &agrave; Pretoria. Moins de 24 heures plus tard, Niamey lui retire son passeport diplomatique nig&eacute;rien. Un retournement brutal pour celui qui incarnait le rapprochement entre les juntes sah&eacute;liennes et le mouvement panafricaniste.</p>
<h2>Arrestation &agrave; Pretoria, extradition vers Cotonou</h2>
<p>K&eacute;mi S&eacute;ba, de son vrai nom Stellio Capo Chichi, a &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute; alors qu'il tentait de rejoindre le Mozambique depuis l'Afrique du Sud. Les autorit&eacute;s sud-africaines l'ont imm&eacute;diatement plac&eacute; sous mandat de d&eacute;p&ocirc;t. Une <strong>audience d'extradition</strong> est fix&eacute;e au 20 avril. Une d&eacute;l&eacute;gation b&eacute;ninoise est attendue &agrave; Pretoria pour suivre la proc&eacute;dure.</p>
<p>Le militant avait explicitement exprim&eacute; le souhait d'&ecirc;tre transf&eacute;r&eacute; vers le <strong>Niger</strong> plut&ocirc;t que vers le B&eacute;nin, pays dont il est originaire et o&ugrave; des charges p&egrave;sent contre lui. Ce v&oelig;u restera sans suite.</p>
<h2>Pourquoi Niamey coupe les ponts</h2>
<p>La d&eacute;cision nig&eacute;rienne a &eacute;t&eacute; notifi&eacute;e aux autorit&eacute;s sud-africaines peu apr&egrave;s l'interpellation. Sa rapidit&eacute; exclut toute improvisation. Le <strong>passeport diplomatique</strong> accord&eacute; par les autorit&eacute;s de transition nig&eacute;riennes constituait pour K&eacute;mi S&eacute;ba un bouclier juridique de premier ordre une protection relative face aux proc&eacute;dures d'extradition internationales.</p>
<p>En le retirant, Niamey envoie un signal clair : l'activiste ne b&eacute;n&eacute;ficie plus de la couverture de l'&Eacute;tat nig&eacute;rien. Les raisons officielles de ce revirement restent inexpliqu&eacute;es. Mais la simultan&eacute;it&eacute; avec l'arrestation sugg&egrave;re soit une pression diplomatique ext&eacute;rieure de Pretoria ou de Cotonou soit un calcul politique interne au sein de la junte.</p>
<h2>La m&eacute;canique d'un retournement</h2>
<p>Le passeport diplomatique n'est pas un simple document de voyage. Il signale une relation d'&Eacute;tat &agrave; individu. K&eacute;mi S&eacute;ba s'&eacute;tait affich&eacute; &agrave; plusieurs reprises aux c&ocirc;t&eacute;s des autorit&eacute;s nig&eacute;riennes, participant &agrave; leur l&eacute;gitimation sur la sc&egrave;ne panafricaine. Ce capital symbolique s'effondre en moins d'une journ&eacute;e.</p>
<p>L'<strong>extradition vers le B&eacute;nin</strong> suit d&eacute;sormais son cours normal, sans obstacle diplomatique nig&eacute;rien. La proc&eacute;dure sud-africaine, encadr&eacute;e par le droit international, rend improbable tout blocage de derni&egrave;re minute.</p>
<h2>Enjeux imm&eacute;diats et fractures durables</h2>
<p>&Agrave; court terme, l'audience du 20 avril d&eacute;terminera si K&eacute;mi S&eacute;ba est remis aux autorit&eacute;s b&eacute;ninoises. Son transfert marquerait une victoire diplomatique pour Cotonou, qui cherche &agrave; juger l'activiste sur son territoire.</p>
<p>&Agrave; moyen terme, cette affaire r&eacute;v&egrave;le la fragilit&eacute; des alliances entre les juntes sah&eacute;liennes et les figures du <strong>panafricanisme</strong> militant. Ces r&eacute;gimes instrumentalisent la rh&eacute;torique anti-occidentale sans pour autant s'engager inconditionnellement envers leurs alli&eacute;s symboliques. K&eacute;mi S&eacute;ba en fait l'exp&eacute;rience directe.</p>
<p>Sur le long terme, la question de la <strong>souverainet&eacute; diplomatique</strong> des &Eacute;tats de transition et de leur capacit&eacute; &agrave; prot&eacute;ger des individus contre des proc&eacute;dures d'extradition se pose avec acuit&eacute;. Le pr&eacute;c&eacute;dent nig&eacute;rien pourrait dissuader d'autres dissidents de chercher refuge sous la protection de ces r&eacute;gimes.</p>
<h2>Une alliance d&eacute;sormais &agrave; sens unique ?</h2>
<p>L'affaire K&eacute;mi S&eacute;ba pose une question que les mouvements panafricanistes ne peuvent esquiver : jusqu'o&ugrave; les juntes sah&eacute;liennes soutiennent-elles r&eacute;ellement leurs alli&eacute;s id&eacute;ologiques lorsque la pression internationale se fait sentir ? La r&eacute;ponse nig&eacute;rienne, brutale et imm&eacute;diate, invite &agrave; reconsid&eacute;rer la nature de ces solidarit&eacute;s affich&eacute;es.</p>]]></content:encoded>
                <pubDate>Fri, 17 Apr 2026 13:33:45 +0200</pubDate>
                                    <author>Paul Moutila</author>
                                                    <category>PANAFRICANISME</category>
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