Développement (série): La chevauchée terrible vers l’Ouest
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La région de l’Ouest est l’une des dix régions du Cameroun. Avec une superficie de 13.892 km² ; elle est la plus petite région du pays, mais la plus importante en densité avec plus de 2,5 millions d’habitants. La région compte 8 départements et 40 arrondissements. 

Les flux financiers de ses peuples récemment appréciés par madame Simone Bagbo, l’ex première dame de  Côte-d’Ivoire, doublé de la guerre Russo-ukrainienne auraient provoqué une véritable hécatombe. 

De nombreuses initiatives sont mises sur pied  par les représentations diplomatiques,  les organisations internationales, les agences des Nations-Unies, des particuliers et des consortiums public-privés récemment  constituées. L’agriculture, la pisciculture, le commerce, la santé sont quelques-uns des projets inscrits dans l’agenda  de ces groupements économiques locaux et internationaux. 

Depuis environ deux ans, la région du soleil couchant est l’objet de toutes les attentions de la communauté internationale et des investisseurs de tous bords. 

Nous ouvrons cette série sur le quotidien dans cette petite partie du pays actuellement. Aujourd’hui, nous parlerons du développement de la culture du poisson dans le département du Ndé qui fait encore couler beaucoup d’encre et de salive.

Ci-dessous, l’éclairage d’un scientifique qui a  requis l’anonymat est notre boussole.

«Cessons l'accaparement, utilisons intelligemment la terre pour enrichir notre pays»

«Je pense que la pisciculture hors sol peut réussir partout dans le monde y compris dans le Ndé, du moment où l'eau, facteur déterminant de l'élevage du poisson est disponible que ce soit en circuit ouvert ou fermé. Si dans le désert Israélien on peut faire le poisson, pourquoi n'en serait il pas de même dans le doux climat du Ndé. 

D'un autre point de vue, le Ndé et le Noun sont les deux seules réserves foncières disponibles dans la région de l'Ouest à ce jour. Les deux départements représentent 77% du territoire (7000km² pour le Noun et 3000 km² pour le Ndé). Si les talentueux fils de cette région pouvaient utiliser leur intelligence pour travailler ce million d'hectares et faire de ces terres une petite Suisse, moi je n'en serai que très heureux. Chacun n'a pas besoin de 5 ou 10ha!

Un hectare bien mis en valeur avec l'irrigation, les cultures aux cycles bien sélectionnés, peut produire une cinquantaine de tonnes de produits, qui feraient de leur propriétaire une personne aisée.  La culture de l'extensif pollue notre façon de penser. Le Cameroun peut contenir 7 fois la Suisse (41 000km²) et la Belgique (30 000km²), mais leur élevage et leur agriculture sont tellement efficaces qu'ils enseignent aux autres comment produire, ils font du surplus jusqu'à exporter.

Cessons l'accaparement, utilisons intelligemment la terre pour enrichir notre pays. Dans le mode intensif, en faisant re-circuler l'eau captée d'un cours d'eau ou un puits, on peut parfaitement produire du poisson. 

Notons que l'aquaculture c'est complètement autre chose ! C'est toutes ces productions qui sont faites en bordure de mer, à l'opposé de la pisciculture d'étangs et hors sol qui se font dans les étangs ou dans les cuves plastique ou béton.

Dans le mode extensif c'est utiliser beaucoup d'espace, utiliser peu de facteurs de production et au bilan, une performance médiocre. 1ha de cacao donne à peine 700kg de fèves en 1an alors que le même ha de tomates donne une soixantaine de tonnes ou bien plus. Les rendements en poissons sont moins élevés, mais les poissons d'élevage ont une croissance plus rapide que ceux obtenus par capture dans les mers.

Plusieurs cycles d'élevage sont possibles par an. Je n'ai jamais compris pourquoi Congelcam n'a jamais essayé de soutenir 2-300 jeunes dans des projets de pisciculture. Il a les congélateurs, les camions frigorifiques, pour distribuer le produit. Pourquoi ne pas aider à créer des emplois et réduire la facture de la balance commerciale pour le poisson.

Des 300km de côtes, on peut faire l'aquaculture en cages immergées et contribuer à réduire les importations. Vraiment merci à Fotso et Kadji qui sont allés plus loin que le Bayam Sellam en créant des unités de production et utilisant l'expertise des Camerounais. Ils ont eu l'inspiration de commencer par l'importation et ont fini par produire sur place. Ce que Fotso a fait sur les allumettes doit être fait sur le cure-dent, le balai brosse, etc.»

Par Irène Sidonie Ndjabun
Journaliste
DP Hebdo " Notre Santé"

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