Crise institutionnelle : La justice de la succession à Paul Biya
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On avait cru à un canular des réseaux sociaux mais depuis un jour, ce qui semblait être une rumeur s’avère être un fait réel. Un mandat d’amener a été émis contre un ministre d’État, secrétaire général de la présidence de la République et plus proche collaborateur du chef de l’État. 

Inédit au Cameroun et dans le monde ! Comme à un citoyen anodin, un vulgaire personnage, sans égards, sans état d’âme, sans respect ni pour la fonction, ni pour l’Institution, ni pour celui qui incarne les Institutions et donc, c’est le plus proche instrument, les oreilles et la plume. De mémoire d’homme, même au plus fort des situations de mal gouvernance extrême mettant en jeu la sécurité du président de la République, avec l’histoire de l’achat de l’avion présidentiel, on n’a pas vu de secrétaire général de la présidence de la République faire l’objet d’un mandat d’amener par la justice. Et pire encore de demander aux forces de maintien de l’ordre dont il assure la coordination de l’exécuter physiquement. Une véritable humiliation, un discrédit de la fonction et un dysfonctionnement institutionnel majeur et grave. 

Les ministres Jean-Marie Atangana Mebara, Marafa Hamidou Yaya, Titus Edzoa tous secrétaires généraux de la présidence de la République ont attendus d’être partis de leurs fonctions, nommées ministres ailleurs avant de faire l’objet d’une action judiciaire. Il en est de même du Premier ministre et de tous les ministres à l’exception du ministres Louis Bapes Bapes qui a fait l’objet d’un rattrapage rapide du président de la République. Mais le ministre Bapes en a gardé un traumatisme insurmontable qui l’a conduit à la mort quelques temps plus tard. 

L’on sait que sa descente aux enfers en violation et au mépris des fonctions de ministre des Enseignements Secondaires qu’il occupait est dû au fait qu’il faisait politiquement ombrage au garde des Sceaux, Laurent Esso, dans la région du Littoral par sa popularité et son ancrage fort dans le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) et dans les quatre départements du Littoral qu’il avait tous visité et entretenait des relations de proximité avec l’ensemble des responsables politiques et la plupart des élites du Moungo, du Nkam, de la Sanaga-Maritime et du Wouri sans entrer dans les batailles locales ou chercher à assujettir les élites.

L’histoire se répète aujourd’hui avec le ministre Ferdinand Ngoh Ngoh qui a remplacé le ministre Laurent Esso au secrétariat général de la présidence de la République et qui par ailleurs à le malheur d’y être depuis près de 10 ans et d’être vu et perçu comme un potentiel candidat à la succession du président Paul Biya, suscitant ainsi l'aigreur de tous les aspirants et dauphins présumés ou déclarés. Pire encore la longévité au pouvoir du président Paul Biya a créé chez certains l’impatience, l’irritation. Ce qui les pousse a être plus offensifs, forts convaincus que le chef de l’État a perdu la main et qu’ils ne risquent pas grand-chose sinon rien. 

D’autres voient le secrétaire général Ngoh Ngoh, comme un « imposteur » qui est arrivé quand eux ont déjà construit le pays, noués des alliances, fait des sacrifies et lui il arrive à la dernière minute pour rafler la mise sans avoir mouillé le maillot. Il n’est donc pas question de laisser faire encore moins de favoriser cette « usurpation ». D’où cette hargne agressive sans retenue et ou toute lucidité est perdue quitte à affronter le Président Paul Biya qui pour certains n’aurait pas respecté ses promesses en rapport avec la succession à la magistrature suprême. 

L’on comprend bien qu’à travers cet action judiciaire, c’est la guerre de succession qui vient d’être ouverte plus de manière feutrée mais frontalement. Cet acte posé par la présidente du Tribunal criminel spécial (TCS) et son procureur général et cautionné, de toute évidence, par le ministre de la Justice, garde des Sceaux ne peut rester sans conséquences, ni impuni. Car il ne s’agit ni plus ni moins que d’un coup d’État institutionnel, d’une volonté de déstabiliser les Institutions républicaines, de les fragiliser et de jeter le pouvoir dans la rue. 

Et pourquoi pas de provoquer une insurrection, donner l’opportunité à tous ceux qui ont pour ambition de renverser le régime Biya ou simplement de leur indiquer que c’est le moment ou jamais d’agir. Tous les regards sont dès lors tournés vers le président Paul Biya. Le temps du Président est aujourd’hui plus que jamais le temps d’agir, le temps de mettre fin à toute cette permissivité, à ce laisser-faire qui est en train de détruire les fondements institutionnels de notre pays et le nécessaire sentiment de la primauté de l’État sur tous et tout.

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