Shanda Tonme: ENIEME COUP D’ETAT AU BURKINA FASO, WHY ?
BURKINA FASO :: POINT DE VUE

Shanda Tonme: ENIEME COUP D’ETAT AU BURKINA FASO, WHY ?

La malédiction de l’Afrique noire ou l’impossible consensus sur la forme de l’Etat ainsi que  sur les systèmes de répartition des richesses, des privilèges et des pouvoirs

L’Afrique s’est réveillée ce samedi 1er octobre 2022, avec une autre nouvelle embêtante, inquiétante, troublante, humiliante, compromettante et déroutante. Citoyen d’un autre pays et loin ailleurs sur un autre continent, je me poserai une simple question : mais qu’est ce qui ne va pas vraiment avec ces nègres ? Africain et premier concerné sur la scène quelque part au Cameroun, au Congo ou en Ethiopie, je choisirai de me taire, de me faire oublier comme être humain doué de mémoire et de capacité de réflexion, pour ensuite m’exclamer : peut-être que nous sommes vraiment maudits. Hélas, intellectuel, leader d’opinion et homme politique, je ne saurai me taire.

Neuf mois, c’est l’espace entre un coup d’Etat et un autre, de colonel à capitaine et peut-être à sergent ou adjudant voire caporal demain.

Il y a un problème. Nous avons un problème. L’Afrique a un problème, un très gros problème. Regardez donc le contexte : A Conakry, c’est le procès d’hommes en treillis conduits par un autre capitaine, qui exécutèrent, violèrent, détruisirent la vie de centaines de personnes dans un stade, parce qu’elles manifestaient leur opposition à une dérive politique, en l’occurrence la volonté du chef de la junte de se présenter à l’élection présidentielle ; au Tchad, on débat sans débattre, langues collées ou hébétées, sur la possible candidature du chef de la transition, le fils de l’autre. Au Cameroun, on vient chasser le patron de la société des eaux, accusé de mauvaise gestion et de pillage, annonçant en même temps l’arrestation de son assistante avec une valise de billets. Son prédécesseur au poste pourtant convaincu de crimes économiques d’une gravité extrême, a été remis en liberté, sans que l’on ne sache comment ni pourquoi exactement ; au Gabon, c’est un ancien président de l’assemblée nationale, devenu opposant, que l’on cueille aux frontières, avec des milliards en diverses devises.

L’Afrique noire est malade, profondément malade. Mais cependant, face à ce qui ressemble de plus en plus à une condamnation, divine autorisant toutes les épithètes et confortant tous les discours racistes, nous devons prendre nos responsabilités, avoir le courage et la détermination nécessaires faites d’abnégation et de sacrifices personnelles, pour aller directement au but. Il n’y a pas, il ne saurait exister, de peuple, de nation, de clan, de tribu ou de communauté condamné indéfiniment et éternellement à la souffrance, à la misère, à des turpitudes et à l’errance politique. Les élites doivent pouvoir, vouloir et savoir dire la vérité, affronter la réalité, et contrarier les gouvernants au besoin. De fait, nous sommes tous des gouvernants, tous acteurs du système et tous responsables.

Ce qui est en cause, au Burkina, au Congo, en Centrafrique, au Cameroun et ailleurs en Afrique comme en Ethiopie, c’est la forme de l’Etat ainsi que le système de répartition des pouvoirs, des privilèges et des richesses. Pour ce qui me concerne, je l’ai dit, redit, proclamé, crié, soutenu et répandu, que rien ne se fera sans une conscience patriotique sur la façon dont nous entendons gérer le présent, préserver l’avenir et rassurer les générations futures. On ne peut pas, on ne saurait se cacher constamment derrière des masques d’unité et d’intégration nationale factices.

A chaque lecture des nominations, chacun compte les siens, fait l’inventaire globale dans la république, et affute ses arguments, peut-être même ses armes. La régionalisation dans sa forme et son contenu actuel où des hauts responsables continuent d’être désignés depuis la capitale par le pouvoir centralisé, ne résoudra jamais le problème camerounais, bien que ce soit une relative ouverture. Je l’ai dit, redit et crié et j’assume : Le fédéralisme s’impose avec urgence et inéluctabilité. C’est, ce sera, sans aucun doute, le pas important, le pas crucial, le pas décisif pour une solution de paix dans le NOSO. Le fédéralisme ne nous tuera pas et il ne détruira jamais la nation camerounaise dans ses frontières internationalement reconnues. Plus nous traînons, plus cela nous coutera très cher dans tous les sens du terme.

Personnellement, je fais confiance au président Paul Biya, arrivé à la tête du pays en 1982 pour son intégrité, sa loyauté, son honnêteté, sa disponibilité et son sens extraordinaire de la défense et de la préservation des intérêts nationaux du Cameroun. Amadou Ahidjo l’avait jugé ainsi, et moi ainsi que beaucoup d’autres le jugeons ainsi. Président, débout et avancez dans ce sens, le destin du Cameroun et de nos enfants repose entre vos seules mains. Il ne dépend ni de la France, ni des Etats unis, ni de la Russie, ni de la Chine, ni de l’ONU ni de l’Union européenne ni de l’Union africaine. Vous avez mon soutien ferme./.

Yaoundé, le 1er Octobre 2022

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