Hydrocarbures : Vers la renaissance de la SONARA
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Le gouvernement affiche un volontarisme pour faire renaître de ses cendres l’unique raffinerie du Cameroun. Le Comité chargé du sauvetage de l’entreprise s’est récemment réuni à Limbé.

Réduite aux activités d’importation des produits pétroliers après l’incendie de 2019, la Société nationale de raffinage (SONARA) a cessé d’apporter sa quote-part à l’économie nationale. Les motifs d’inquiétude ne manquent pas pour l’État, les opérateurs et les investisseurs dans les produits pétroliers. Mais, plutôt que de céder au découragement, les pouvoirs publics croient en la renaissance de cette entreprise, pourvoyeuse de recettes pour l’administration fiscale. À la suite de l’incendie de mai 2019 qui avait emporté des unités de production et de millions de litre du pétrole brut, l’État a décidé d’engager la restructuration et la réhabilitation de l’entreprise. Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, présidait le 15 septembre, la toute première session du Comité en charge de ce sauvetage validé par le chef de l’État, Paul Biya.

C’était en présence d’autres membres du gouvernement qui siègent également dans ce comité, notamment le ministre de l’Eau et de l’Énergie Gaston Eloundou Essomba, mais également le ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, Paul Tassong. Une réunion déterminante pour l’économie camerounaise. La SONARA doit redevenir une société de raffinage capable de générer les recettes fiscales et des devises. L’entreprise devrait aussi permettre au trésor public, saigné par les subventions des carburants à la pompe, de faire des économies.

Les raisons de l’optimisme

À la suite de la restructuration de la dette bancaire de la SONARA, soit 700 milliards de F, et en attendant celle due aux marketeurs, les pouvoirs publics envisagent sereinement la reconstruction des unités de raffinage parties en fumée. Cette restructuration et cette réhabilitation sont d’autant plus opportunes que depuis cet incendie, le Cameroun importe la totalité des produits pétroliers consommés et le pays est par conséquent exposé aux fluctuations de l’or noir sur le marché international dans la mesure où ces fluctuations à la hausse, constituent parallèlement le revers de la médaille des subventions du carburant à la pompe. 317 milliards de subvention de produits pétroliers au premier semestre de 2022, dont 80 milliards pour le seul mois de juin. Réduite aux activités d’importation des produits pétroliers, la SONARA a cessé d’apporter sa quote-part à l’économie nationale. En 2021, l’État a déboursé 100 milliards de F.

Et en 2022, 480 milliards suite à l’ordonnance présidentielle de juin 2022. Jadis grand contribuable, la SONARA ne figure plus sur les bonnes feuilles de l’administration fiscale. À ce jour, des centaines de fournisseurs broient du noir du fait de l’arrêt des activités de raffinage. Entre pertes sèches pour l’économie nationale et risques systémiques, l’urgence pour la SONARA de redevenir une société de raffinage n’est plus à démontrer. Ainsi, le président de la République a instruit la réhabilitation et la restructuration de l’entreprise dans la configuration finale du projet SONARA 2010 à travers un partenariat public-privé. Signalons que l’incendie de 2019 avait endommagé quatre des treize unités de raffinage de l’entreprise publique, alors que la capacité de production annuelle était passée de 2,5 à 3,5 millions de tonnes.

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